M Tessier
Лентяй (fainéant), бывший неудачник (ex- loser), негодяй (vaurien), самозванец (imposteur), лицемер (hypocrite), категоричный (péremptoire), retraité sans gloire, probable escroc, possible usurpateur, politiquement suspect, traducteur très amateur de littérature russe.
Abonné·e de Mediapart

307 Billets

0 Édition

Billet de blog 19 juil. 2017

M Tessier
Лентяй (fainéant), бывший неудачник (ex- loser), негодяй (vaurien), самозванец (imposteur), лицемер (hypocrite), категоричный (péremptoire), retraité sans gloire, probable escroc, possible usurpateur, politiquement suspect, traducteur très amateur de littérature russe.
Abonné·e de Mediapart

Trois courts poèmes de Fet

Afanassi Fet, poète russe du XIXè siècle, fort peu connu en France...

M Tessier
Лентяй (fainéant), бывший неудачник (ex- loser), негодяй (vaurien), самозванец (imposteur), лицемер (hypocrite), категоричный (péremptoire), retraité sans gloire, probable escroc, possible usurpateur, politiquement suspect, traducteur très amateur de littérature russe.
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

     Afanassi Afanassiévitch Chenchine naquit vers la fin de l’année 1820. Son père était le capitaine en retraite Afanassi Chenchine, et sa mère, d’origine allemande, s’appelait Charlotte-Élisabeth Becker. Celle-ci avait épousé en premières noces un certain Johann-Peter-Karl-Wilhelm Feth.

     L’église orthodoxe refusa longtemps de reconnaître le mariage des parents du pauvre Afanassi, qui se vit décerner, non le nom de son père, avec le titre nobiliaire et les biens afférents, mais le nom de ce premier mari de sa mère. Il ne récupéra nom, titres et biens qu’en 1873, soit plus d’un demi-siècle après sa naisance. Il reste connu en Russie (et en dehors des frontières de la Russie) sous le nom de : Fet. Il étudia le droit, l’histoire, la philosophie, les langues, et s’adonna tôt à la poésie.

     Mais il lui fallait survivre : il entama une carrière militaire, dans la cavalerie. En 1853, il se retrouva transféré dans un régiment de la Garde, non loin de la capitale. Ce qui lui permit d’écumer les soirées de Saint-Pétersbourg, et d’y rencontrer Tourguéniev, Nekrassov, Gontcharov et d’autres écrivains, er de se faire connaître de la rédaction de la revue « Le contemporain » .

     Après un premier amour avec Maria Lazitch, laquelle n’a hélas pas de dot, si bien qu’il ne l’épouse pas et la regrettera tout sa vie (elle meurt en 1850 : suicide ?), Afanassi épouse en 1857 Maria Botkine, sœur du critique Vassili Botkine, femme qu’il n’aime pas mais qui a l’avantage d’être noble et riche. Avec la dot de sa femme (il a quitté la Garde), il s’achète en 1860 une grande propriété et se lance dans l’agriculture et l’élevage, avec succès.

     Pendant tout ce temps-là, il a continué à écrire de la poésie, avec des hauts et des bas. Il s’est également mêlé de traduire des auteurs latins, et puis Gœthe, Shakespeare, Schopenhauer. Il avait le projet de retraduire aussi la Critique de la raison pure et la Bible, dont il ne prisait guère les traductions existantes, mais on l’en dissuada. Il meurt en 1892.

     C’est le grand poète de la nature du XIXè siècle russe. Il s’était lié d’amitié avec Tolstoï, qui estimait beaucoup son œuvre et attendait sans cesse de nouveaux vers : »Je ne connais pas de personne plus vigoureuse et forte que vous » , lui écrit-il en 1867, quand Fet connaît un creux d’inspiration. Tourguéniev l’admire tant et plus. Et sa poésie fortement musicale (ce qui est difficile à rendre en français, dommage que Verlaine n’ait pas essayé) touche des musiciens comme Tchaïkovski (et plus tard Rachmaninov), lequel le voit comme un « poète-musicien »  qui « sort des limites de la poésie et fait un pas audacieux dans notre domaine. »

     Je me suis appuyé, pour donner ces éléments de biographie, sur Wikipedia – davantage en russe qu’en français – et sur l’introduction à un petit recueil de traductions dues à M. Éric Lozowy.

Voici le printemps

Comme la poitrine, d’un air frais se remplit –

Pour le dire, manqueront les mots !

Comme en plein midi, dans les ravins, à grand bruit,

Cascade l’écume des ruisseaux !

S’évanouit dans l’éther un chant qui frissonne,

Sur les mottes le seigle verdit –

Et la voix douce, la voix tendre qui chantonne :

« Le nouveau printemps, le voici ! »

1855

Le soir

Au-dessus de l’eau claire a résonné une grosse voix

Qui a fait tinter l’obscurité dans le pré,

A roulé au dessus du bosquet sans voix,

Et l’autre rive du fleuve s’est éclairée.

Au loin, dans la pénombre, tout en méandres,

Le fleuve s’enfuit vers le couchant.

Bordés d’un liseré d’or en feu, les nuages

S’effilochent, comme une fumée se dispersant.

Sur la colline, une lourde humidité,

L’air de la nuit retient les soupirs du jour –

Mais un éclair de chaleur vient de jeter

La flamme bleue et verte de sa lueur.

1855

Le papillon

Tu vois juste. La légèreté de mes contours

Me donne ce charme fou.

Vivant et scintillant, tout mon velours –

Deux ailes, c’est tout.

Ne me demande pas d’où je  suis venu,

Ni où je me hâte.

Je me suis posé à l’instant sur cette fleur ténue

Et voilà – je respire.

Ai-je l’intention de respirer longtemps,

Léger et frivole ?

Un miroitement, j’ouvre mes ailes à l’instant

Et je m’envole.

1884

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — Santé
« CNR santé » : la désertification médicale fait dérailler le grand raout institutionnel
Difficile de bien qualifier le Conseil national de la refondation, dans sa version santé, lancé dans la Sarthe. Devant 500 personnes, le ministre de la santé a appelé les « territoires » à trouver leurs « propres solutions ». Des habitants sans médecin traitant ont tenté de rappeler à l’État ses obligations.
par Caroline Coq-Chodorge
Journal — Santé
En ville, à la mer et à la montagne : là où se trouvent les oasis médicales
Cause sans cesse perdue, la lutte contre les déserts médicaux masque une autre réalité : les médecins libéraux s’installent toujours plus nombreux comme spécialistes dans quelques zones privilégiées. Ils sont aussi toujours plus nombreux à pratiquer des dépassements d’honoraires.
par Caroline Coq-Chodorge et Donatien Huet
Journal
Guerre en Ukraine : des Français collaborent avec la « justice » de Poutine
Depuis le lancement de l’invasion de l’Ukraine, plusieurs militants français d’extrême droite fabriquent des preuves de crimes de guerre ukrainiens pour un faux tribunal russe.
par Elie Guckert
Journal — Moyen-Orient
« Les foules iraniennes exigent de séparer le gouvernement de la religion »
Pour le philosophe Anoush Ganjipour, les manifestations en Iran exigent que le pouvoir des mollahs abandonne sa mainmise sur l’espace public. Une telle revendication d’une sécularisation, moderne, procède des injustices commises par la République islamique.
par Antoine Perraud

La sélection du Club

Billet de blog
Dernier message de Téhéran
Depuis des années, mon quotidien intime est fait de fils invisibles tendus entre Paris et Téhéran. Ces fils ont toujours été ténus - du temps de Yahoo et AOL déjà, remplacés depuis par Whatsapp, Signal, etc. Depuis les manifestations qui ont suivi la mort de Mahsa, ces fils se sont, un à un, brisés. Mais juste avant le black out, j'avais reçu ce courrier, écrit pour vous, lecteurs de France.
par sirine.alkonost
Billet de blog
Artistes, écrivains et journalistes iraniens arrêtés
Une traduction de la chanson « Barayé » (Pour...) du chanteur Shervin Hajipour, arrêté le 29 septembre.
par Mathilde Weibel
Billet de blog
Appelons un chat un chat !
La révolte qui secoue l'Iran est multi-facettes et englobante. Bourrée de jeunesse et multiethnique, féminine et féministe, libertaire et anti-cléricale. En un mot moderne ! Alors évitons de la réduire à l'une de ces facettes. Soyons aux côtés des iranien.nes. Participons à la marche solidaire, dimanche 2 octobre à 15h - Place de la République.
par moineau persan
Billet de blog
Iran - Pour tous les « pour »
Les messages s'empilent, les mots se chevauchent, les arrestations et les morts s'accumulent, je ne traduis pas assez vite les messages qui me parviennent. En voici un... Lisez, partagez s'il vous plaît, c'est maintenant que tout se joue.
par sirine.alkonost