Le soleil des morts - Hommage à ceux qui luttent et à ceux qui sont tombés

«Tu es le soleil des morts, mon amour libre...» Tandis que des émeutes enflamment les USA après la mort de George Floyd, et que des appels à « la loi et l'ordre » se font entendre ici et là, hommage, en musique et slam, à toutes celles et ceux qui luttent contre le pouvoir. Ainsi, bien sûr, qu'à toutes les victimes de ces pouvoirs autoritaires et racistes, et de leur police. Ni oubli, ni pardon.

N.B. :« Le soleil des morts » est une vieille expression, datant de la fin du XIXème siècle, désignant l'anarchie et apparaissant dans le roman du même nom de Camille Mauclair.

Tu es là au matin quand je me lève, café noir face au ciel rouge. Tu es belle. Fourrure sombre du chat qui dort. Morsure du rêve face au cauchemar du dehors. Fureur furtive des aubes fauves qui affrontent la frénésie des pantins fuyants,

Tu es là le soir, tu m’accompagnes dans les ruelles vivantes du vieux Nice en fête, fumant ma clope avec les éclopés des bars et buvant du vin vicié, nous bateaux ivres en vis-à-vis des vendeurs de mauvaise vie, des voleurs et des vicieux, des paumés et des perdus, des parleurs et des pendus,

Tu es le soleil des morts, mon amour libre,

Tu es là dans mes balades en montagne, un bouquin de Bookchin sous le bras. Tu es là dans les fleurs et les arbres, et les monts et le soleil et le clair de lune, et je t’appelle non pas « Dieu » ni « maître » mais clair de lune et soleil et fleurs et arbres et monts, et je t’aime sans penser à toi, et je te pense par l’œil et par l’oreille, et je chemine avec toi à toute heure,

Tu es là, femme nue, femme fière, femme forte frondeuse, femme féministe dressée face aux piteux phallus des fieffés et foutus mâles fanfarons, tu es la reine rouge, la combattante noire qui va et vient libre dans tes rues tes parcs en hurlant une page d’Ynestra King,

Tu es le soleil des morts, mon amour libre,

Tu es là quand les commissariats brûlent à Minneapolis après l’assassinat de George Floyd, levant des poings gantés comme ces boxeurs Noirs de Mexico, tu es debout aux côtés d’Angela Davis, tu es allongée dans le charnier de Sankara, assise dans la geôle de Lorenzo Kom'boa Ervin,

Tu es la liberté sans rivage de Vallès, la fureur de Louise Michel à Cayenne, tu es là quand ils nous répriment, amendent, vilipendent, vexent, traquent, houspillent, assomment, désarment, garrottent, emprisonnent, mitraillent, jugent, condamnent, déportent, sacrifient, vendent, trahissent, nous jouent, nous bernent, nous outragent, nous déshonorent,

Tu es le soleil des morts, mon amour libre,

Tu es le feu de la révolution qui nous anime, tu es graine sous la neige quand l'été arrive, source jaillissante où l'on puise sans que jamais tu ne t'épuises. Tu es l'avenir, la vie, la fête, les amis, les chats, le jour venant après la nuit. Tu es la lutte contre tout ce qui empêche les gens, les animaux, les plantes, les éléments, de prospérer, de se déployer, de s'aimer,

Tu es la seule forme de pouvoir légitime, et la seule que je pourrai jamais accepter. 

Le soleil des morts - slam - Télé Chez moi et Pilule Rouge © Tele Chez Moi


Macko Dràgàn

Musique : David Mus

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PS : comme me l'a fait remarquer une fort aimable personne, Louise Michel était en Nouvelle Calédonie, où elle s'est engagée auprès des Kanaks, et non à Cayenne bien sûr... Licence poétique, dirons-nous... et référence à une chanson, Cayenne, que j'adore

 

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