« Lesbianiser la vie »

Un hommage à mon amie, écrivaine, militante LGBT+ et anarcho-féministe Bosniaque, Zdenka Ustanak : « Lesbianiser la vie, pour moi, ça veut dire placer la caresse au centre de tout […] Lire, c’est caresser. Penser, c’est caresser. Vivre, donc aimer, c’est caresser. Mais caresser vraiment, la plupart des mâles, des machos, ne savent pas faire ça, hélas. Il va falloir leur apprendre ».

Pour le chroniqueur ayant la passion de l'anonymat et de la discrétion, le plus sûr moyen d'arriver à ses fins, en France, demeure de parler de féminisme.

Tant il est vrai que ce sujet, j'ai pu le constater, reste aujourd'hui encore, dans notre pays, malgré des avancées notables, peu susceptible, pour des raisons mystérieuses, et même à gauche, de susciter l'enthousiasme des foules. A de rares exceptions près, dans la presse grand public, il est même souvent plus vendeur, au détour par exemple d'une tribune abjecte vantant le tripotage galant dans le RER C et la main au panier à l'arrêt de bus, de conspuer celles-là même auxquelles ont accorde encore que trop peu la parole. Bastié, plutôt que Chollet. Malgré les efforts de quelques journaux (Le Monde Diplomatique, Médiapart...), force est donc de le constater : le féminisme, en France, ça ne prend pas -ou plutôt, encore trop peu en comparaison du caractère urgent et vital du sujet.  

Après avoir fait un carton en piétinant Macron (il sera tout de même question de lui un peu plus bas), je me prépare donc à retrouver un public plus confidentiel, car je vais parler d'une féministe et, qui plus est, l'une des plus plus radicales que je connaisse, puisqu'elle incarne sans doute, tant par son nom que par ses idées, le cauchemar absolu d'Eric Zemmour. 

Aujourd'hui , en effet, loin des guignolades gouvernementales et des interminables réflexions sur le bien-fondé ou pas du 17 novembre, j'ai envie de parler, non pas d’Élisabeth Levy (qui risquerait fort de ne pas survivre à la lecture des lignes qui vont suivre), mais d’une amie, une écrivaine, poète (qui ne sera sans doute jamais publiée, mais elle s’en fout) et militante Bosniaque, une lesbienne anarcho-féministe infatigable, une amoureuse des femmes et de la vie, une jeune et magnifique combattante de toutes les luttes, sur tous les fronts, toutes les barricades : Zdenka Ustanak.

J’ai rencontré Zdenka par le plus grand des hasards, dans un squat, il y a quelques années maintenant, à Barcelone. Mais c’est comme si nous étions faits pour nous rencontrer. Zdenka est blonde comme la flamme, avec de grands yeux bleus couleur foudre. Son nom signifie : « soulèvement, rébellion », en Bosniaque, et aucun mot ne saurait mieux la qualifier. Car Zdenka, la belle Zdenka, intelligente et talentueuse comme personne, est une perpétuelle tempête de feu : partout, tout le temps, elle danse, virevolte, aime, embrasse, engueule puis pardonne, avant de disparaître, dans un grand éclat de rire. 

Zdenka est née en 1993, à Sarajevo. Son père, ouvrier dans une usine d’assemblage et militant communiste, est mort pendant le siège, au début de l’année 1995. Sa mère est employée dans une librairie. C’est elle qui lui transmet le goût de la lecture et de l’écriture. A l’âge de 15 ans, elle intègre la scène punk de la capitale bosniaque, en tant que chanteuse et parolière du groupe Romantični psi (un hommage, bien sûr, à Roberto Bolaño).

Deux ans plus tard, après avoir décroché son baccalauréat, elle emménage en France, à Paris, où elle commence des études de littérature française et hispano-américaine. En parallèle, elle cumule les petits boulots, mais continue aussi à composer de la musique, à écrire, et se met également au dessin, exposant ses créations dans divers squats anarchistes. Elle milite dans des associations féministes (passant rapidement dans les rangs des Femen, dont le tournant qu’elle juge « réactionnaire » la pousse à démissionner). Après un voyage de trois mois en Bolivie, où elle a travaillé, aux côtés de sa petite amie de l’époque, auprès d’adolescents toxicomanes vivant dans la rue, elle a également intégré les Mujeres Creando, un collectif anarcho-féministe. Elle vit aujourd’hui entre Barcelone, Paris et Sarajevo, où j’ai d’ailleurs eu la chance et la joie de la croiser cet été.

Décrire sa vision de la vie et de la société demanderait des heures, tant la pensée de Zdenka, malgré son apparente brutalité, est complexe. Je n’en retiendrai que ce concept : lesbianiser la vie.

Voici ce qu’elle m’en a dit, dans notre correspondance –qu’elle m’a aimablement autorisé à reproduire ici partiellement : « Je n’ai pas lu le bouquin de Wittig. Je ne le connais que par Butler. Mais j’adore cette expression : lesbianiser le monde. Mai 68, c’était : changer la vie. […] C’est ce qu’il faut faire. Et moi, je pense que l’inversion totale des paradigmes du genre nous aidera à faire ça. Lesbianiser la vie, pour la changer. Fini, la civilisation du testicule. Fini le règne des couilles. Que les femmes s’aiment, et que les hommes les aiment et s'aiment entre eux comme une lesbienne aime une autre lesbienne. Parce que le lesbianisme, pour moi –même si c’est sans doute une opinion très personnelle-, c’est, enfin ça devrait être, le dépassement du cloisonnement borné et hiérarchisé entre masculin et féminin. Je veux dire : la fin du primat de la part violente du génital. Au principe de pénétration –qui est guerre, conquête, impérialisme, capitalisme, tu vois ce que je veux dire, je pense- il substitue le principe de la caresse. Et la caresse, c’est l’attente, le respect, la tendresse.

Je pense que les préliminaires valent mieux que la pénétration. On devrait d’ailleurs arrêter d’appeler ça des « préliminaires » : parce que la caresse, c’est ça l’acte réel. La caresse n’est pas forcément le prélude à quelque chose, elle est autosuffisante. Lesbianiser la vie, pour moi, ça veut dire placer la caresse au centre de tout. J’ai lu le bouquin de Delphine Horvilleur, la rabbin féministe, que tu m’as envoyé. Je l’ai adoré. Parce qu’elle insiste bien sur l’importance de la caresse dans la pensée talmudique. Lire, c’est caresser. Prier, c’est caresser. Penser, c’est caresser. Vivre, tout simplement, donc aimer, c’est caresser. Mais caresser vraiment, la plupart des mâles, des machos, ne savent pas faire ça, hélas. Il va falloir leur apprendre. C’est ça, lesbianiser la vie, ça n’est pas demander à ce que toutes les femmes deviennent lesbiennes, ce n’est pas faire une apologie débile de l’homosexualité féminine (dont je ne dis pas du tout, tu t’en doutes, qu’elle serait supérieure à la masculine, ou à l’hétérosexualité), ou je ne sais quoi : juste faire en sorte que tout le monde fasse l’amour ou même juste simplement s’aborde comme des femmes qui s’aiment et qui se respectent, et mettre fin à ce primat de la pénétration [qui reste tout de même une chose agréable, me fait-elle préciser]. Je ne sais pas si tu vois ce que je veux dire ».    

Elle a fini, il y a peu, un roman, que j’ai eu le bonheur de lire avant tout le monde, et qui s’appelle : F.U.C.K. Voici ce qu’elle en dit : « J’ai eu envie, avec mes maigres moyens, de réaliser le roman de série B le plus féministe et le plus à gauche qui ait jamais été écrit, mélangeant Rage against the machine, Kill, pussycat ! Kill ! Kill !, Sweet sweetback badassss song, The Anarchist cookbook (des œuvres d’hommes, comme quoi je ne suis pas sectaire), Die Antwort, le pulp, la littérature prolétaire des années 30, et bien sûr les travaux de Judith Butler et Françoise Héritier ».

Le résultat est une véritable bombe, impubliable sans aucun doute, violente, sensuelle, pornographique, et chargée d’un souffle de révolte, une furie révolutionnaire, une ferveur émeutière qui ferait passer les cris de Zach de la Rocha lui-même pour les glapissement d’un lapin de garenne devant les phares d’une Citroën Berlingot.

Jugez en plutôt, ne serait-ce qu’à partir du synopsis. En l’an 2025, un Président à vie –jamais nommé, bien sûr, tout ceci n’étant que fiction- règne en maître sur la France, devenue une dictature ultralibérale. Le pays est livré aux multinationales, et la misère est partout. Deux jeunes filles, Chloé, caissière chez Auchan menant une vie sexuelle débridée, et Prune, étudiante à l’HEC-ENA –les deux structures ont fusionné- rendue dépressive et accro aux médocs par l’atmosphère bourgeoise régnant dans son école, se rencontrent et deviennent amantes. Ensemble, elles décident de mettre à bas la société qui les opprime. Se joignant à des hackers, mais surtout à d’autres militantes lesbiennes d’action directe s’étant déjà fait remarquer en se livrant au kidnapping d’Eric Zemmour, elles fondent un mouvement de guérilla : le F.U.C.K. (Femmes Unies Contre le Kapital). Du 1er mai 2026, jour anniversaire du Jour de Cendre, qui a vu la gauche décimée lors de la violente répression d’une manifestation contre le gouvernement, elles décident de faire le commencement d’une guerre sans merci contre le système. Le roman se conclut par une insurrection générale, qui balaye tout le pays.

Comme vous ne lirez, hélas pour vous, jamais ce roman, je vous en propose, avec l’accord de Zdenka, quelques extraits (qui ne sont, autant le préciser, à ne pas mettre en toutes les mains : le style est cru et sans concessions) :

« Prune marchait dans la rue, du côté des Filles du Calvaire, une cigarette entre les doigts. Elle était plongée dans ses pensées. Être une femme dans la société occidentale moderne consumériste, se disait-elle… On est libre désormais, c’est ce qu’on peut lire à longueur de unes des magazines féminins écrits par des pigistes sous-payées qui se contentent de recracher les obsessions contemporaines, on est libre, nous sommes toutes des femmes libérées, comme ces parisiennes qui font rêver le monde entier, libres, libres, et pour nous montrer le chemin radieux d’encore plus de liberté, ces magazines nous apprennent à savoir comment nous épanouir en tant que femmes, car que vaut la liberté sans l’épanouissement, et pour nous épanouir, la recette est simple, il faut maigrir, maigrir en se tenant sur ses doigts de pieds quand on se brosse les dents, maigrir en faisant la cuisine, maigrir au travail, maigrir en faisant l’amour, c’est simple, il suffit de rester contractée, maigrir, et s’habiller avec élégance, quel homme voudrait d’une femme mal sapée, et séduire l’homme, il ne faut pas l’oublier, séduire reste la fonction première de la femme libre, séduire et, une fois l’homme venu à nous, savoir le garder en se montrant une amante experte, savoir bien le sucer quand Monsieur est contrarié, bien se faire enculer quand Monsieur veut changer un peu, bien se faire sauter par tous les trous même quand on n’a pas envie, et à côté de ça, bien sûr, réussir sa carrière professionnelle, car que serait l’épanouissement sans travail, la femme libre est aussi une femme de bureau qui accepte sans faire de manières les remarques libidineuses des collègues et un salaire inférieur et les mains au cul du patron derrière la machine à café, et avec tout ça rester belle, évidemment, rester belle, se ruiner en cosmétiques cancérigènes et passer chaque jour une heure à se préparer pour avoir la chance d’être sifflée dans la rue et pelotée dans le métro et ressembler à ces mannequins anorexiques et photoshopées des magazines, car une femme grosse et moche et vieille et mal habillée et la honte de son sexe, le déchet inutile de cette société d’opulence, et quand vient le temps d’enfin se faire péter le périnée en mettant au monde un chiard couinant, serrer les dents en tâchant de se convaincre que c’est là, avec la beauté et la fellation et le travail de bureau sous-payé, notre Saint Combat sur cette terre, accueillir les glorieuses giclées de nos mâles, laisser venir leur foutre dans nos vagins pour qu’ils puissent reproduire leur lignée et perpétuer leur domination pour que puissent continuer jusqu’à la fin des temps les coups, les humiliations, les viols, l’esclavage, quelle belle liberté que la nôtre… »

« Le Président est debout. Il se regarde dans un miroir. Ou plutôt, il regarde son reflet se dédoubler une infinité de fois dans plusieurs miroirs. Il en a disposé une dizaine, dans son bureau de l’Élysée, sur tous les murs. Afin de pouvoir s’y admirer sans cesse, sans discontinuer, de pouvoir scruter à tout moment, répété des millions, des milliards de fois autour de lui, son visage qui lui plaît tant, lisse, blanc, juvénile. Il se regarde à nouveau, et il se trouve beau. A ses yeux, il n’y a pas plus beau visage que le sien. Il l’aurait souhaité plus viril, moins adolescent, mais il le trouve magnifique. Dans ses rêves, parfois, il lui arrive de l’imaginer autrement. Il aurait voulu être une icône virile à la James Dean, voire à la Clint Eastwood. Un homme à poigne. Du genre à poser ses couilles sur la table, un dur, un cowboy moderne, un mauvais garçon. Mais quand il tente de paraitre ça, il ne ressemble qu’à un enfant capricieux, et on se moque de lui. Un premier de la classe toussant sur son premier pétard avant d’aller vomir. Le Président le sait, et ça le navre. Alors, pour compenser ça, le Président joue au petit dictateur. C’est lui le chef. C’est lui le chef. Il se répète cette phrase, en regardant son petit corps juvénile dans la glace. Il est nu. Il aime se mettre nu dans son bureau, car il trouve que son corps est beau, lui aussi. Il regarde son sexe, et ses testicules qui pendent entre ses cuisses. Il les tâte de la main. Les testicules. Voilà ce que c’est, le pouvoir. Des couilles. Il le sait. Le pouvoir, pour lui, est par essence un principe masculin. C’est comme ça. C’est lui le chef. C’est lui l’HOMME fort de la nation. Le Petit Père du peuple. Le Grand Papa Transcendant. Les Testicules Divines desquelles viendra la lumière du Très-Haut. Le PDG-Patriarche bienveillant mais ferme et autoritaire, s’il le faut. Ferme, comme une bite bien bandée. Il lâche ses attributs présidentiels. Il regarde sa main, la même avec laquelle il a broyé, dans le temps, la main du demeuré Texan, mort assassiné, depuis, quel dommage, et qu’il a passée sur l’épaule de Poutine, un vrai dur celui-là, un membré, un couillu, il l’admire tellement, il aurait tellement aimé être comme lui, grand, musclé, taciturne, violent, intolérant, et comme lui pouvoir poser ses burnes sur la table de l’ONU et dire bande de pédales, bande de tantouzes, bande de femmelettes, goûtez-moi ça. Le Président va se rassoir à son bureau. Il s’écrase légèrement les testicules en posant ses fesses dans son fauteuil. Il détourne le visage du miroir. Il ne se sent pas très bien, d’un coup. Il se sent seul. Mais c’est lui le chef. Lui, et personne d’autre. Il commence à se masturber ».

« Chers, amis, chers frères opprimés. Le monde dans lequel vous vivez va bientôt prendre fin. L’heure du grand réveil a sonné. Et nous allons vous aider à ouvrir les yeux.

Regardez les vies que vous menez. Le matin, dans votre appartement acheté à crédit sur vingt ans avec 20% d’agios, vous vous levez au son d’une radio débile possédée par un milliardaire, qui passe des chansons de merde écrite par des demeurés. De la soupe commerciale sirupeuse qui fait l’apologie du fric, du confort, de l’insouciance et du bonheur dans la médiocrité. Aux infos, on vous apprend que tout va mal et que c’est la faute des pauvres et des immigrés, mais qu’heureusement le saint Kapital vous sauvera tous, les experts défilent pour vous dire qu’il va encore falloir se serrer la ceinture et surtout continuer à travailler et consommer, travailler et consommer. Vous vous levez, et vous vous rendez dans votre salle de bain remplie de cosmétiques polluants et hors de prix, bourrés de perturbateurs endocriniens, et qui vous enverront à la tombe trente ans avant l’heure. Dans le miroir, éclairé à l’énergie fossile ou nucléaire, vous vous trouvez moches, parce qu’on vous met devant la gueule, partout, les visages parfaits des mannequins et les corps musclés minces siliconés des actrices et acteurs et chanteurs et chanteuses, donc vous haïssez votre tronche normale d’individu normal, alors vous détournez le regard en vous promettant d’arrêter le tabac l’alcool la fête et de vous remettre au régime et d’aller à la salle de sport. A la table du petit déjeuner, vous bouffez vos céréales fabriquées par une multinationale comme Nestlé, qui fraude le fisc et bousille la planète, et buvant du café issu de l’exploitation des pays pauvres d’Amérique du Sud qui ne boivent que du Nescafé lyophilisé et n’ont pas l’eau courante, avec près de votre main votre magnifique Iphone, votre merveilleux, votre précieux, votre indispensable Iphone, qui vous branche au monde, comme une extension de votre cerveau, ce Iphone qui est pour vous plus précieux que vos mains, votre visage, vos jambes ou votre sexe, et dont le doux murmure et l’écran si lisse et si doux a fait de vous de misérables junkies incapables de vous passer plus d’une minute d’un texto ou d’un tweet. Puis vous sortez dans la rue, le regard braqué sur votre ami numérique, sans voir qu’il fait beau, sans voir que c’est le printemps, sans voir le chat qui passe et les enfants qui jouent, et vous entrez dans le métro, toujours sans rien voir, toujours les yeux braqués sur votre écran, ne levant les yeux que pour contempler la greluche à moitié nue ou le rugbyman à poil qui orne une pub pour un parfum ou une banque ou du cassoulet en boîte. Vous arrivez au travail, un boulot chiant que vous ne faites que pour bouffer et qui vous ne laisse aucun temps libre, car entre le temps de transport et celui passé derrière votre bureau et les quelques heures consacrées à des heures de repos instable rongé par l’angoisse et le stress il ne vous reste aucun moment pour vivre, pour rire et aimer et chanter et danser, danser, danser.

Le soir, vous passez au supermarché car votre frigo est vide, et partout autour de vous, s’étalent des produits tous pareils, tous cher, tous mauvais, tous emballés dans du carton et du plastique, tous sous vide, tous surgelés, et vous, vous avancez là-dedans comme un aliéné dans les couloirs de son hôpital psychiatrique, mettant tout ça dans votre chariot avant de vous diriger vers le robot-caissière qui de sa voix de robot vous demande de scanner vos articles et vous vous exécutez, comme un robot. Sur le chemin du retour, dans la rue, une femme se fait agresser. Vous filmez la scène avec votre portable, et la postez sur Youtube. Puis vous arrivez chez vous, et vous vous asseyez devant la télé, où des clowns grotesques en costard vous expliquent qu’il faut voter pour eux et vous jurent les yeux dans les yeux que jamais ils n’ont tapé dans la caisse, que jamais ils n’ont menti, qu’ils sont des gens comme vous, même s’ils gagnent sans rien foutre vingt fois l’équivalent du smic. Et vous allez dormir, après une baise sans amour et sans passion dans vos draps froids.

Et voilà comment se déroulent vos jours. Mais ça va finir. Mémoire et guillotine. Violence et courage. La fête des bourgeois va prendre un goût de sang, et les funérailles prolétaires, des allures de tempête. La dynamite va tonner, et le temple va s’effondrer. Préparez-vous. Nous, les Femmes Unies Contre le Kapital, nous disons : F.U.C.K. Bientôt, à l’occasion de l’anniversaire du sinistre Jour de Cendre, nous allons commencer notre glorieuse lutte révolutionnaire. Tous les pantins qui nous ont traînés dans la boue vont payer. Soyez prêts. Monsieur le Président, méfiez-vous. Les chattes se sont mises en chasse. Gare à vos couilles ».

C’est à la lumière de cette lumineuse et essentielle révolte, celle de mon amie Zdenka, que je souhaite placer mon apport à la commémoration des un an du salutaire mouvement que fut #MeeToo. Car, nous ne devons jamais l’oublier : la lutte féministe ne pourra jamais se faire sans son pendant, la lutte anticapitaliste.

Vive Zdenka, vive les femmes, à bas les porcs, et que la lutte continue.

Merde au tribunal irlandais qui a jugé bon de relaxer un violeur sous prétexte que sa victime avait un string.

Salut & Fraternité,

M.D.

Une pensée émue pour les victimes du 13 novembre.

P.S. : pour ceux qui voudraient lire le roman de Zdenka, il est possible, m’a-t-elle signalé, de le lui demander en format pdf via sa boîte mail, qu’elle consulte de temps à autre : zdenkaustanak@gmail.com

 

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