Fake news et tribune du Monde, ou la confiscation de la parole des "dominé.es"

Soyons clairs. Un mensonge est une « fake news » quand il est repris par un jeune des banlieues, une vérité d’airain quand il l'est par un ministre. Une connerie rétrograde sera discutée sur tous les plateaux si elle est énoncée par une écrivain réputée, et ignorée si elle l’est par une prolo. Dans ce conflit des légitimités à parler, se sont toujours les mêmes qui décrochent le pompon.

Nombreux sont ceux, aujourd’hui, qui voudraient qu’on ne parle plus d’une vieille notion, celle de « domination ». S’essuyant les pieds et le reste sur l’héritage de Bourdieu, qui doit sans aucun doute n’en plus pouvoir de danser le twerk dans sa tombe, tant ses détracteurs s’en donnent à cœur joie pour conspuer sa mémoire, partout, on nous serine ce refrain : parler de « domination », c’est rester bloqué dans les ruines d’une pensée marxiste poussiéreuse. L’obéissance forcée par la contrainte ayant disparu des radars de la postmodernité, il ne demeure plus dans le monde d’aujourd’hui que des individus libres de leurs choix et qui peuvent à tout moment, s’ils le souhaitent, s’extraire de leurs « conditionnements » (qui n’en sont pas, CQFD) pour fonder une start-up et ainsi briller aux yeux de leurs contemporains envieux d’une telle réussite. Bref. Pour revenir sur ce concept de domination, ses contempteurs n’y vont pas avec le dos de la cuillère. Ainsi, à en croire le peu inspiré Gérald Bronner, dans un essai récent, vouloir détailler les rouages de la domination pour mieux comprendre le fonctionnement de l’ordre existant risque de transformer celui qui se livre à ce peu ragoûtant exercice en fieffé complotiste (puisqu’on en parle), adepte de l’hypothèse reptilienne et des origines extra-terrestres des pyramides aztèques : en effet, écrit-il dans un jargon volontiers abscons, « il « existe un continuum cognitif ou, si l’on veut, une pente glissante, entre la convocation inconséquente d’entités collectives, le biais d’agentivité, le finalisme, les arguments du cui prodest (à qui profite le crime) et les théories du complot » (Gérald Bronner, cité par Joseph Confavreux dans un article pour Médiapart)

Cependant, parler de domination, qu’est-ce que cela signifie ? Tout simplement tenter de comprendre comment « l’ordre établi, avec ses rapports de domination, ses droits et ses passe-droits, ses privilèges et ses injustices, se perpétue en définitive aussi facilement, mis à part quelques accidents historiques, et [comment] les conditions d’existence les plus intolérables [peuvent] si souvent apparaître comme acceptables et même naturelles » (Pierre Bourdieu, dans La domination masculine, cité par Gérard Mauger). Intellectuellement parlant, j'y vois donc une démarche plutôt salutaire, en ces temps troublés.

Mais de cela, ceux qui, justement, nous dominent, n’en veulent pas. C’est pourquoi ils ne veulent pas non plus parler de « domination ». Et c’est pourquoi ils tâchent de faire en sorte que leur parole soit la seule légitime. Les illustrations de cette confiscation sont nombreuses. Mais –et j’en viens là, un peu tardivement certes, au cœur de mon propos- deux évènements récents, qui ont illuminé d’une aura de merde ce merveilleux début d’année, nous ont montré, s’il en était besoin, que c’est, encore et toujours, dans le domaine de la parole publique, les dominants qui tiennent le crachoir.

« Fake news », « complotisme », « droit d’importuner » : la confiscation de la parole des dominés

Voyons donc ces deux événements : la polémique autour des « fake news » et de l’étude sur « les français et le complotisme », et la lamentable tribune signée dans le Monde et volant au secours du « droit d’importuner ». Quel est le point commun entre ces deux faits ? C’est que, dans les deux cas, c’est la parole des « dominants » qui tâche de se faire entendre : dans le premier cas, pour jeter l’anathème sur une parole frappée d’illégitimité (pas parce qu’elle est fausse, mais parce qu’elle émane du mauvais endroit –le peuple), dans le deuxième cas parce, suite à la formidable libération de la parole qui a suivi l’affaire Weinstein et le hashtag « balance ton porc », des représentantes des « classes supérieures éduquées », disons-le comme ça, même si on peut douter que Sophie de Menthon soit réellement très éduquée, se sont mises en devoir de faire entendre un autre son de cloche –et quand je dis cloche, je pèse mes mots, je devrais plutôt dire cruche- et ont eu tout loisir de venir dans tous les médias pour se lamenter qu’on ne les laisse pas parler.

Dans les deux cas, c’est bien de confiscation dont il est question.

Confiscation du droit du « peuple » à se questionner, de façon certes maladroite (et parfois abjecte), mais comment pourrait-il en être autrement, vu les miettes mises à sa disposition pour se faire une idée de l’état actuel des choses, sur les modalités de l’exercice du pouvoir. Confiscation de la parole des femmes et, parmi elles, des féministes, au profit d’une clique de gourdes qui, malgré leur culture, ne savent s’exprimer que par lieux-communs orduriers. Ce n’est « pas plus grave que ça » d’être sexuellement agressée dans le métro ; « j’ai une certaine compassion pour les frotteurs » ; « C'est mon grand problème, je regrette beaucoup de ne pas avoir été violée. Parce que je pourrais témoigner que du viol on s'en sort » : voilà tout ce que Catherine Millet, romancière pourtant réputée, a été foutue de produire en terme de débat d’idée. Ce sinistre et pathétique résidu de conneries, cet inqualifiable crachat à la gueule de toutes les victimes de la violence sexuelle. Heureusement pour elle, tout en constatant qu’ « il y en a qui ont le droit de parler, et d’autres qui n’ont pas le droit », elle peut librement, tout comme ses petites camarades, aller répandre ses immondices partout où elle le souhaite. Pourquoi ? Car, quoique issue d’un milieu modeste, il y a beau temps qu’elle fait partie du sérail des dominants, et qu’à ceux-là, quoi qu’ils aient à dire, l’accès à la parole publique ne sera jamais interdit –et tant pis pour les femmes violées qui, faute d’être actrices, éditorialistes ou romancières, ne pourront leur répondre.

Mais revenons plus en détail sur ces affaires.

Les « fake news » ou le monopole de la parole légitime

Il y a d’abord eu, lors de ses vœux à une presse qui l’a si bien servi depuis ses débuts en politique, cette volonté d’Emmanuel Macron de légiférer, d’une façon qui demeure encore nébuleuse, sur les fameuses « fake news ».

Qu’est-ce qu’une « fake news » ? Pour le savoir, je vous propose un petit jeu. Des deux propositions suivantes, une seule est une « fake news ». Laquelle ?

  1. « L’homme n’a jamais marché sur la lune »
  2. « Les mesures économiques de type austéritaires professées par le courant néolibéral fonctionnent »

Réponse : la première, bien évidemment. Car il s’agit d’une « information montée de toute pièce dans le but délibéré de tromper », définition minimale répétée en chœur par tous les perroquets du « fact-checking ». Quant à la deuxième, fort heureusement, il ne s’agit là que d’une théorie économique totalement fausse –trente année de désastre social, et des rapports chiffrés le prouvent[1]- défendue avec ferveur par certains dans le but délibéré de servir leurs propres intérêts de classe. Rien à voir, donc.

On voit bien, ici, où est le problème. Depuis des décennies, le système néolibéral nous gave de « fake news » sur le « ruissellement », la « dette publique » (qui est en fait surtout une dette privée), la nécessité de « serrer la ceinture », « l’offre qui crée la demande » (alors que c’est l’inverse)… Dans le même temps, les démocraties autoritaires occidentales, pour soutenir leurs desseins impérialistes et maquiller les dramatiques erreurs de leurs gouvernements, dissimulent les rouages véritables de leurs stratégies politiques, mentant comme des arracheurs de molaires de diplodocus dès le moment qu’il s’agit de parler du drame des migrants, de la casse sociale, de la faillite diplomatique au Proche-Orient., etc. 

Pour le dire autrement : les dominants se foutent ouvertement de notre gueule, et avec le sourire.

Alors, fatalement, que se passe-t-il ? Les « théories du complot » émergent. Et pour ineptes et ridicules qu’elles soient, et sans chercher le moins du monde à exprimer la moindre forme de sympathie pour leur contenu (que cela soit clair : je n’en ai aucune), elles ne sont bien souvent qu’un symptôme de la dépossession de la parole des « dominés ». Ceux-ci voient bien que quelque chose ne va pas. Qu’on leur ment, qu’on leur cache des choses –affirmer le contraire serait, pour le coup, faire preuve d’un cynisme bien malvenu. D’autant que d’authentiques complots, dans l’histoire, il y en eut : le Plan Condor, en Amérique du Sud, en fut un dramatique et meurtrier exemple. Alors, faute de pouvoir participer à un modèle « démocratique » verrouillé, faute d’être invité dans des médias où siège en grande majorité une « élite » indéboulonnable, faute de se voir remettre en main toutes les clefs nécessaires à la compréhension de la douloureuse complexité du monde, de cette réalité si « rugueuse à étreindre », le petit peuple qui est, comme chacun sait, bête et méchant, se bricole, sur internet ou aux comptoirs, des théories de bric et de broc plus ou moins fumeuses, ou se jette sur celles que quelques néo-gourous (ou des Etats comme la Russie et Israël), flairant le sens du vent, se chargent de leur refourguer, parfois aidés par des géants de la Silicon Valley pour qui l’information n’est pas un droit, mais un business juteux comme un autre.   

Le problème est donc celui de la dépossession. Il n’est pas celui des « fake news » et des « complotistes », qui n’en sont qu’un corollaire ennuyeux, mais bien moins calamiteux pour le débat public qu’on veut bien nous le faire croire, et en tous les cas bien moins que, par exemple, l’hégémonie de la « fake news » néolibérale ou la concentration capitalistique des outils d’information. 

Las ! Cela, les dominants s’en foutent. On se retrouve donc avec une étude aberrante et mal foutue, bourrée de prismes cognitifs et de biais méthodologiques, qui vient nous prouver par le menu que les cerveaux rétrécis du petit-peuple sont inondés de « fake news » et de « théories du complot ». Mais aucun sondage ne viendra jamais, je le crains, nous présenter une radiographie détaillée des « fake news » qui saturent les esprits embrumés et shootés à l’idéologie libérale de nos hommes politiques, intellectuels réactionnaires et éditorialistes pour BFMTV, tous convaincus que « l’immigration est un problème », que les « jeunes des quartiers sont tous des délinquants en puissance », que « la France doit être réformée », que le « code du travail est trop épais »… Bullshit !, comme dirait l’autre. Tout cela est faux. Mais ce n’est pas Rudy Reichstadt, expert autoproclamé d’un domaine dans le traitement duquel il fait preuve d’une rare indigence intellectuelle, animateur d’un site où l’on peut notamment lire, sans rire, que les sketchs des Guignols sur la World Company étaient dangereusement complotistes, et devenu le second couteau de gouvernants en quête de respectabilité, qui nous le montrera[2].

C’est cela, la domination. Voir la paille dans l’œil du peuple, mais pas la poutre qu’on essaye chaque jour de lui mettre dans le cul.

La tribune des bourgeoises sexistes dans le monde, ou la liberté des dominants de dire dans les médias toutes les conneries dont ils ont envie

C’est plus ou moins le même type de processus que l’on retrouve dans la façon dont la tribune sur le « droit d’importuner » a été reçue.

Rappelons les faits. Il y a quelques jours, Millet, Deneuve[iii] et quelques autres, manifestement pas gênées de barboter dans le même égout que celui où Sophie de Menthon (qui avait déclaré, si ma mémoire est bonne, que Diallo avait eu de la chance de tomber sur DSK) et la Levy crapotent depuis longtemps déjà, avaient paraphé un texte consternant, dans lequel on pouvait lire notamment : « Nous ne nous reconnaissons pas dans ce féminisme qui, au-delà de la dénonciation des abus de pouvoir, prend le visage d’une haine des hommes et de la sexualité », et : la « libération de la parole se retourne aujourd’hui en son contraire », entraînant avec elle  « puritanisme » et « délation ».

Bon. Au-delà de son anti-féminisme, d’ores et déjà maintes fois passé au crible, que signifie cette tribune, dans le cadre de mon sujet ?

Tout simplement, elle nous parle de la place que l’on accorde au point de vue de l’élite dominante, même quand ce qu’elle a à dire est d’une bêtise crasse. Le fait que l’argumentaire général de cette tribune soit d’une vacuité abyssale, d’une indécence désolante et d’une consternante indigence, tout le monde peut s’en rendre compte. Que les signataires ne savent à l’évidence pas de quoi elles parlent, n’ayant selon toute probabilité pas pris le métro ou le moindre transport en commun depuis bien longtemps, est indéniable. Que la seule chose qui soit exprimée dans le texte, c’est l’opinion totalement égoïste, autocentrée et dénuée de la moindre empathie d’une poignée de femmes nostalgique d’une époque idéalisée –et, de toute façon, révolue- et que leur situation sociale met désormais à l’abri de bon nombre des désagréments qui font le quotidien d’une immense partie de la population, également (même si, bien entendu, aucune classe sociale n’est à l’abri du sexisme le plus répugnant, l’affaire Weinstein nous l’a bien montré).

Ceci cependant, je vais me répéter, n’a pas empêché de voir ces sympathiques personnes invitées partout pour défendre leur point de vue.

Ces rétrogrades ne savent pas faire de distinction entre séduction et harcèlement –c’est leur droit. En tant qu’homme, personnellement, je n’ai senti aucune hostilité à mon endroit depuis le début de la dénonciation du harcèlement sexiste –aucun de mes proches non plus. Dans la rue, au supermarché, dans le bus, au travail, je ne ressens aucune chape de plomb peser sur moi ou mes camarades quand il s’agit de parler de ou avec des femmes. Je n’ai eu vent d’aucune histoire de harceleur innocent injustement jeté au bûcher de l’infamie. Millet et ses amies, peut-être mieux renseignées que moi, pensent le contraire. Très bien. 

Néanmoins… On aura beau tourner et retourner les faits dans tous les sens que l’on veut, cette parole, en plus d’être sans doute très minoritaire –ce qui, en soit, n’est pas forcément un mal, évidemment- légitime la domination patriarcale, laissant soigneusement de côté la domination consumériste et son rôle dans le sexisme, et ne repose elle-même sur d’autre légitimité que le fait que celles qui l’énoncent sont des représentantes des classes dominantes. Ça, et rien d’autres. Des femmes des classes populaires auraient-elles voulu publier dans le « quotidien de référence » un semblable ramassis d’inepties grotesques, nul doute qu’on les aurait laissé gentiment attendre à la porte. Mais là, non. Ces mesdames vont faire les belles là où ça les chante, et égrainent leurs chapelet de conneries sous l’œil bienveillant de, par exemple, Yann Barthès, un autre dominant, entre membres du même monde on se comprend, qui, après s’être inquiété de la petite santé de la pauvre Deneuve (« Est-ce que vous avez eu Catherine Deneuve et est-ce qu’elle va bien ? »), se penche au chevet de Catherine Millet, fraîchement revenue des plateaux de France Inter (le matin) et France Culture (le midi), ainsi que le rapporte Samuel Gontier avec son brio habituel :

« On va en parler calmement en essayant de comprendre tous les points de vue calmement », promet Yann Barthès. Et en effet, il reste très calme face aux extravagances de Catherine Millet. Comme elle raconte qu’elle trouvait « pas plus grave que ça » d’être sexuellement agressée dans le métro quand ça lui arrivait, l’animateur la reprend : « Est-ce que vous comprenez que des femmes peuvent le vivre différemment que vous l’avez vécu ? Vous êtes une femme forte, une femme puissante, est-ce que vous pouvez comprendre qu’il y ait des femmes beaucoup moins fortes que vous, qui le vivent différemment ? » Euh… Si je suis le raisonnement de Yann Barthès, les seules femmes qui se prétendent victimes de violences sexuelles sont des chochottes ? « Oui, je suis une femme forte, répond Catherine Millet. Oui, ça dépend évidemment de la force morale que chacune des femmes peut avoir en elle. Mon travail en tant qu’intellectuelle, c’est d’aider les femmes à acquérir cette force morale. » Un peu comme Christophe Barbier, en tant qu’éditorialiste, est « le tuteur sur lequel le peuple, comme du lierre rampant, peut s’élever. » Après quoi Catherine Millet proclame : « Moi, j’ai une certaine compassion pour les frotteurs. » Voilà qui va aider les femmes à acquérir la force morale de trouver « pas plus grave que ça » la prochaine agression qu’elles subiront dans le métro. »

Les autres émissions ne sont pas en reste, comme nous le raconte le même Gontier : « La guerre des femmes aura-t-elle lieu ? », demandait subtilement le délicat Pascal Praud sur CNews le matin même. « Entre féministes », précisait l’animateur de L’heure des pros. Quelle n’est pas ma surprise de voir le Quotidien de Yann Barthès adopter la même dialectique… « Féministes contre féministes », affiche un écran géant. L’animateur annonce d’ailleurs la venue de Caroline De Haas pour le lendemain soir… Un partout, la balle au centre ».

Un partout, balle au centre… Le constat de Gontier est terrible, mais il est exact : la parole d’une clique de frapadingues en roue libre membres du club fermé des dominants vaut autant que celle de milliers, de millions de femmes battues, violées, harcelées, qui doivent subir une double domination (triple, si elles font partie des « minorités visibles ») : dans le cadre de la société patriarcale, et dans celui de la démocratie de marché. 

Monsieur le Président, dans la société d’aujourd’hui, un mensonge est une « fake news » quand elle est reprise par la bouche d’un jeune des banlieues, une vérité d’airain quand elle l’est de la votre ou de celle de l’un de vos ministres. Une connerie rétrograde sera reprise et discutée sur tous les plateaux si elle est énoncée par un représentant de votre classe sociale, et ignorée si elle l’est par un représentant de la mienne.

Ne croyez-vous pas que c’est là-dessus, qu’il faudrait légiférer ? Mais ce serait sans doute amener là la possibilité d’une société démocratique qui serait l’exact contraire de celle qui vous a porté à la tête de l’Etat… Mieux vaut donc s’abstenir.

Pour conclure, et pour égayer nos cœurs en ce triste début d’année, je ne vois rien d’autre que le magnifique texte de la chanson Aimer sans amour, de Guts, sample d’une lecture par Jacques Degor d’un extraordinaire poème du poète brésilien Tiago de Mello, dont le titre est : les Statuts de l’homme. Il me semble qu’il n’est pas sans rapport avec mon sujet.

A partir de cette instant, la liberté sera quelque chose de
vivant et de transparent, et sa demeure sera, pour toujours,
le cœur de l'homme.

Il est décrété qu'a partir de maintenant,
la vérité est une valeur,
Il est décrété qu'a partir de maintenant,
la vie est une valeur.

Il est décrété qu'à partir de cet instant,
L'homme n'aura plus jamais besoin de douter de l'homme,
Que l'homme aura confiance en l'homme,
Comme le palmier se confie au vent.

Il est décrété que la plus grande souffrance a toujours
été, et sera toujours, de ne pas pouvoir donner d'amour
à qui l'on aime.

Il est décrété qu'il ne sera plus jamais nécessaire
d'user de la cuirasse du silence, ni de l'armature des mots.
L'homme s'assiéra à table avec un regard pur.

Une seule chose reste interdite :
Aimer sans amour

Salut et fraternité,

M.D

P.S. : https://www.monde-diplomatique.fr/2015/06/LORDON/53070 ; https://www.monde-diplomatique.fr/2015/06/MAESTRUTTI/53079

[1] Le FMI en a même fait état en mars 2014.

[2] Pour la petite histoire, j’avais, il y a de cela quelques années, adressé ces quelques questions à ce brave monsieur, dans le cadre d’un article que je souhaitais écrire –ce que je n’ai pas fait :

 « Où vous situez-vous politiquement ? Sachant que la fondation Jean Jaurès est proche du PS et le Cercle de l'oratoire de la droite néo-conservatrice, la question peut se poser.

 Pensez-vous que le soutien assidu que Bernard-Henri Levy, dont vous paraissez proche (en tous les cas idéologiquement), et vous-même, notamment dans un article traitant du livre de Carter, apportez à la politique menée par Israël, est compatible avec une vision équilibrée des réactions diverses (et parfois à tonalité complotiste, effectivement) que suscite cette politique ?

Ne pensez-vous pas, de même, que les positions ultra-atlantistes du Cercle de l'oratoire, qui a soutenu l'ensemble des guerres menées au Moyen-orient, ont pu orienter votre point de vue ?

On ne trouve sur votre site que très peu de mention des complots islamophobes (et le premier résultat à s'afficher quand l'on tape "islamophobie" sur votre moteur de recherche consiste en une relativisation du phénomène, à propos d'un livre par ailleurs très critiquable. Les recherches sur Riposte Laïque ou encore Français de souche, par exemple, ne donnent quant à elles aucun résultat). Comment expliquez-vous cette carence (que l'on retrouve également dans les interventions publiques et les travaux de Caroline Fourest, dont vous semblez proche), alors même que Guillaume Brossard de Hoaxbuster, dans un entretien accordé à La Nouvelle République et que vous reprenez, affirme que "une rumeur internet sur deux est islamophobe"? 

Vous ne faites mention d'Eurabia qu'à très peu de reprise. Cette théorie vous semble-t-elle à ce point anecdotique ?

Vous n'avez consacré aucun article à Dreuz. Pourquoi ?

Vous vous réclamez de l'enseignement de Pierre-André Taguieff, que vous citez à de très nombreuses reprises (86 résultats sur votre moteur de recherche). Celui-ci collabore avec Dreuz et fait depuis quelques temps déjà partie des tenants du 'complot islamique'. Pourquoi votre site ne mentionne-t-il pas ce fait ? (ce point-là me paraît l'un des plus importants)

à quel degré souscrivez-vous à ce qui est affirmé par A. Wolfelsperger dans son article sur "l'ultralibéralisme ou le style paranoide dans la critique de l'économie de marché", dans lequel celui-ci, à partir d'un point de vue ultra-libéral, affirme que l'ensemble (ou presque) des théories critiques du néo-libéralisme, et notamment celles développées par S. Halimi, auraient un fond complotiste ?

à quel degré souscrivez-vous, de même, aux théories de P. Corcuff qui dénote également (notamment lors d'une conférence que vous avez mise en ligne sur votre site) un fond complotiste dans la critique radicale des médias telle qu'elle est menée, par exemple, par ce même S. Halimi ou encore par Acrimed ? »

Il m’avait sobrement dit qu’il ne répondait pas aux interrogatoires, et avait ignoré ma relance pourtant courtoise. Fin de l’anecdote.

[iii]  Catherine Deneuve s’est heureusement fendue d’un mea culpa –partiel il est vrai-, qui l’honore : «  je voudrais dire aux conservateurs, racistes et traditionalistes de tout poil qui ont trouvé stratégique de m’apporter leur soutien que je ne suis pas dupe. Ils n’auront ni ma gratitude ni mon amitié, bien au contraire. Je suis une femme libre et je le demeurerai. Je salue fraternellement toutes les victimes d’actes odieux qui ont pu se sentir agressées par cette tribune parue dans le Monde, c’est à elles et à elles seules que je présente mes excuses » (dans Libération)

 

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