Rwanda : Kagame s’en prend à François Hollande

Par Marie Angélique INGABIRES’adressant au public qui s’était rassemblé pour célébrer le 21eme anniversaire de la Journée de libération nationale, le 4 juillet, le Président du Rwanda, Paul Kagame a condamné les « pays puissants » qui osent mettre en question son attitude par rapport au respect des droits de l’Homme. Paul Kagame, qui souvent accuse la France d’avoir non seulement participé au génocide, mais aussi d’héberger les génocidaires, a fait référence au message de soutien que le Président François Hollande lui a envoyé à l’occasion de cette fête pour déclarer que les pays occidentaux n’ont pas droit de dicter ni à lui ni au peuple rwandais le chemin à suivre pour se développer.Le président Paul Kagame (Source : igihe.com)

Par Marie Angélique INGABIRE

S’adressant au public qui s’était rassemblé pour célébrer le 21eme anniversaire de la Journée de libération nationale, le 4 juillet, le Président du Rwanda, Paul Kagame a condamné les « pays puissants » qui osent mettre en question son attitude par rapport au respect des droits de l’Homme. Paul Kagame, qui souvent accuse la France d’avoir non seulement participé au génocide, mais aussi d’héberger les génocidaires, a fait référence au message de soutien que le Président François Hollande lui a envoyé à l’occasion de cette fête pour déclarer que les pays occidentaux n’ont pas droit de dicter ni à lui ni au peuple rwandais le chemin à suivre pour se développer.

Source : igihe.com

Le président Paul Kagame (Source : igihe.com)

Ce texte est tiré de L'œil de l'exilé : http://www.loeildelexile.org/rwanda-kagame-sen-prend-a-francois-hollande-relations-encore-tendues/

“Je l’ai lu dans les journaux, je ne suis pas encore sûr de l’authenticité du message car je ne l’ai pas encore reçu alors que je suis censé en être le destinataire, il y a ceux qui nous envoient des messages de la fête de Libération célébrée conjointement avec la fête de l’Indépendance. Parmi les [dirigeants] des pays puissants qui nous ont envoyé des messages, il y en a un qui nous a souhaité une bonne fête mais conclut par dire qu’il espère que le Rwanda poursuivra sur la voie du développement et le respect des droits humains […] Je n’ai pas encore eu cette lettre mais je voudrais y répondre avant même sa réception: brièvement, je répondrais ‘ Et alors quoi ?’ Ensuite, ‘pensez-vous que ceux qui ont combattu pour cette libération et cette indépendance n’en connaissent pas l’importance ? [… ] “Croyez-vous que je suis quelqu’un qui a besoin d’être rappelé à propos de ce que je devrais faire pour le peuple rwandais, en particulier, en tant que président? Celui qui me parlait de droits de l’Homme est le même que celui qui a soutenu le régime qui a tué des Rwandais il y a 21 ans. Certains d’entre eux continuent de soutenir et cacher ceux qui ont commis le génocide “, a déclaré Kagame.

Source : igihe.com

Lettre de François Hollande adressée à Paul Kagame (Source : igihe.com)

L’indépendance du Rwanda a été proclamée le 1er juillet 1962, mais sa célébration coïncide actuellement avec la journée de la “libération” du pays, le 4 juillet, date qui marque l’arrivée au pouvoir à Kigali du Front Patriotique Rwandais (FPR) du président Paul Kagame. Cette 21e célébration vient au moment où le chef des services du renseignement rwandais, le Lt Gen Emmanuel Karenzi Karake est obligé de rester en Angleterre, à la suite de son arrestation, le 20 juin par les Autorités britanniques. Karenzi Karake, l’un des pionniers du FPR, fait partie de 40 membres du FPR pour lesquels l’Espagne a délivré des mandats d’arrêt européens et internationaux. Ils sont accusés des crimes de guerre, notamment de massacres dits « de vengeance » perpétrés contre plusieurs milliers des Hutus, au Rwanda, et en République Démocratique du Congo, le Zaïre de l’époque, entre les années 1994 et 2003. Ils sont également accusés d’avoir organisé l’assassinat de 3 Espagnols : le 18 janvier 1997, Flors Sirera, Manuel Madrazo et Luis Valtueña humanitaires du Médecin du Monde ont été tués car, selon un témoin ancien membre du FPR, ils avaient été témoins des massacres dont a été victime une cinquantaine des Hutus au nord du pays, et donc détenaient des informations fiables qui accusaient l’armée du FPR de massacrer des Hutus.

Lieutenant Emmanuel Karenzi Karake (Source: google.com)

Lieutenant Emmanuel Karenzi Karake (Source: google.com)

Libéré sous une caution d’un million de livres (1,40millions d’euros) lors d’une comparution devant un tribunal de Westminster à Londres, Karenzi doit rester sur le territoire britannique et se présenter chaque jour à la police, jusqu’en Octobre quand ce tribunal rendra sa décision de le livrer ou non à l’Espagne.
S’exprimant sur cette « incident diplomatique », Paul Kagame a condamné “l’arrogance” et “le mépris” des pays occidentaux : « …la première fois, c’était la France, ensuite l’Espagne, et aujourd’hui la Grande Bretagne….ce n’est ni la première fois ni la dernière. Personne ne peut accepter cela… »
Les deux discours suscitent la curiosité quant à la situation diplomatique entre le Rwanda et les pays occidentaux qui ne cessent de rappeler à Paul Kagame de respecter la Constitution nationale. Alors que cette dernière, dans son article 101 limite le Président à deux mandats d’une durée de sept ans chacun, le parti politique de Kagame s’est déjà exprimé en faveur de l’amendement de celle-ci afin de permettre à leur « homme fort » qui devrait céder la place en 2017 de se présenter pour un troisième mandat.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.