Maison des Lanceurs d'Alerte
Créée en 2018, la Maison des Lanceurs d'Alerte défend et accompagne les lanceurs et lanceuses d'alerte dans leur démarche. Elle fait évoluer le droit et conseille les lanceurs et lanceuses d'alerte, notamment lorsqu'ils sont victimes de représailles.
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Billet de blog 5 déc. 2022

Maison des Lanceurs d'Alerte
Créée en 2018, la Maison des Lanceurs d'Alerte défend et accompagne les lanceurs et lanceuses d'alerte dans leur démarche. Elle fait évoluer le droit et conseille les lanceurs et lanceuses d'alerte, notamment lorsqu'ils sont victimes de représailles.
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Chronique 5/8 | Sans un lanceur d'alerte, nous n'aurions jamais su...

13 enfants nés sans bras entre 2006 et 2016 sur un territoire de 17km de rayon... Inquiétant ? Grâce à Emmanuelle Amar, on sait que oui... mais on ne sait toujours pas pourquoi !

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Créée en 2018, la Maison des Lanceurs d'Alerte défend et accompagne les lanceurs et lanceuses d'alerte dans leur démarche. Elle fait évoluer le droit et conseille les lanceurs et lanceuses d'alerte, notamment lorsqu'ils sont victimes de représailles.
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Illustration 1

En 2016, le Remera (le registre des malformations en Rhône-Alpes) observe un nombre d'"agénésies transverses isolées du membre supérieur" (comprendre : de naissances de bébés sans bras) supérieur à la moyenne dans un petit périmètre du département de l'Ain, autour de Dompierre-sur-Veyle. Emmanuelle Amar, alors directrice du registre, alerte les autorités sanitaires.

Elle veut comprendre pourquoi ? Est-ce dû à une exposition des personnes enceintes à un agent tératogène (par exemple un pesticide) dans cette zone qui couvre seulement 17% du département ? Les autorités devraient s'en soucier elles aussi.

Elle demande une enquête mais Santé Publique France ramène le nombre de cas à l'échelle du département entier et conclut à l'absence d'anomalie statistique. L'enquête est fermée sans qu'aucune cause n'ait été identifiée : la faute à pas de chance !

Une "triche" pour Emmanuelle Amar qui conteste vigoureusement et publiquement ces conclusions.

Dans un contexte de tensions entre le Remera et les pouvoirs publics sur le financement du registre, la sanction ne se fait pas attendre : les vivres sont coupés et le CHU de Lyon n'a d'autre choix que de licencier la lanceuse d'alerte et son équipe... qui seront réintégrés après une interpellation publique de la ministre de la Santé !

En 2021, une équipe de scientifiques publie, dans la revue Birth Defects Research et après un processus rigoureux d'"évaluation par les pairs", une étude qui confirme la réalité d'un cluster dans cette petite zone du département de l’Ain, apportant ainsi de nouveaux éléments à la controverse.

Des parents, qui ont porté plainte en justice, attendent toujours la reconnaissance de leur préjudice. Qu'attendent donc les autorités sanitaires pour mener enfin l'enquête environnementale qui permettra d'identifier les causes ?


Aidez-nous à faire entendre la voix de lanceurs et lanceuses d'alerte comme Emmanuelle Amar : https://mlalerte.org/dons

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