Maison des Lanceurs d'Alerte
Créée en 2018, la Maison des Lanceurs d'Alerte défend et accompagne les lanceurs et lanceuses d'alerte dans leur démarche. Elle fait évoluer le droit et conseille les lanceurs et lanceuses d'alerte, notamment lorsqu'ils sont victimes de représailles.
Abonné·e de Mediapart

58 Billets

0 Édition

Billet de blog 9 déc. 2022

Maison des Lanceurs d'Alerte
Créée en 2018, la Maison des Lanceurs d'Alerte défend et accompagne les lanceurs et lanceuses d'alerte dans leur démarche. Elle fait évoluer le droit et conseille les lanceurs et lanceuses d'alerte, notamment lorsqu'ils sont victimes de représailles.
Abonné·e de Mediapart

Chronique 6/8 | Sans un lanceur d'alerte, nous n'aurions jamais su...

Clinique de l'Estrée à Stains. Au service maternité, un examen est proposé : pour 900€, non remboursés par la sécu, on prédit vos chances d'accoucher par voie basse... sauf que cet examen n'a aucune valeur scientifique ! Et c'est grâce à une alerte qu'on le sait.

Maison des Lanceurs d'Alerte
Créée en 2018, la Maison des Lanceurs d'Alerte défend et accompagne les lanceurs et lanceuses d'alerte dans leur démarche. Elle fait évoluer le droit et conseille les lanceurs et lanceuses d'alerte, notamment lorsqu'ils sont victimes de représailles.
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

La méthode est présentée comme "inédite" : pour 900€, à Stains, le Dr Ami prédit vos chances d'accoucher par voie naturelle et vous indique si vous avez besoin ou non d'une césarienne.

Problème : cet examen ne s'appuie sur aucun fondement scientifique et les patientes ne semblent être aucunement informées de son caractère expérimental !

C'est la conclusion à laquelle l'IRASF est parvenu après deux années d'enquête pendant lesquelles elle a demandé, sans succès, au Dr Ami la preuve du dépôt du projet d'étude, les assurances et protocoles d'expérimentation, la composition du comité scientifique et éthique, le résultat des publications, ou encore les preuves de consentement des femmes "cobayes".

L'association, qui lutte contre les violences obstétricales, est rejointe dans son analyse par le CNGOF (le Collège national des gynécologues et obstétriciens français) qui affirme que cette méthode n'a jamais fait l'objet d'une évaluation pertinente et sérieuse et que son coût est excessif au regard d'un bénéfice non démontré.

Écorché par cette communication, le Dr Ami saisit la justice : Caroline Henrion, bénévole de l'IRASF, graphiste en charge du site internet et par conséquent désignée "responsable de publication", est traduite devant le juge pour diffamation. Un procès qu'elle gagne haut la main mais qui lui aura valu des mois d'inquiétude et de pression, personnelles comme professionnelles, sans parler du coût élevé des frais d'avocat.

Des souffrances qui auraient du lui être épargnées mais qui auront permis de mettre la lumière sur cette information importante pour les personnes enceintes : à ce jour, aucune méthode n'existe qui permettrait de prédire les chances d'accoucher par voie basse... pas même pour 900€ !


Pour faire entendre la voix de lanceurs d'alerte comme Caroline Henrion et les membres de l'IRASF, nous avons besoin de votre aide : https://mlalerte.org/dons

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Bienvenue dans Le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte