Maison des Lanceurs d'Alerte
Créée en 2018, la Maison des Lanceurs d'Alerte défend et accompagne les lanceurs et lanceuses d'alerte dans leur démarche. Elle fait évoluer le droit et conseille les lanceurs et lanceuses d'alerte, notamment lorsqu'ils sont victimes de représailles.
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Billet de blog 21 janv. 2022

Les parlementaires doivent saisir cette opportunité pour la France d'être exemplaire

Ce jeudi 20 janvier, le Sénat étudiait la proposition de loi améliorant la protection des lanceurs d'alerte pour laquelle la coalition d'organisations réunie par la Maison des Lanceurs d'Alerte est fortement mobilisée. Après un vote particulièrement alarmant en commission des lois en décembre, la majorité sénatoriale a confirmé être passée à côté des enjeux d'un texte pourtant d'intérêt général.

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Créée en 2018, la Maison des Lanceurs d'Alerte défend et accompagne les lanceurs et lanceuses d'alerte dans leur démarche. Elle fait évoluer le droit et conseille les lanceurs et lanceuses d'alerte, notamment lorsqu'ils sont victimes de représailles.
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Néanmoins, le Sénat a finalement rétabli la définition de l’Assemblée nationale en réintégrant comme motif d’alerte les menaces et préjudices graves pour l’intérêt général, et non seulement les violations de la législation.

Aussi, nous appelons les sénateurs à la raison pour remédier à ce recul général lors de la commission mixte paritaire qui se tiendra le 1er février.

En effet, ce texte soulève des points d’inquiétude majeurs :

  • il durcit les possibilités de divulgation d’une alerte à la presse, ce qui réduit les chances que l’alerte soit effectivement traitée. Ce sont les révélations dans la presse qui ont fait connaître des scandales comme celui de la Dépakine ou les dissimulations d’incidents de la centrale nucléaire de Tricastin et poussé des autorités telles que l’IGAS, ou des parlementaires, à se pencher sur la question et ouvrir une enquête ;
  • les moyens d’obtenir les informations nécessaires à l’alerte sont plus encadrés, limitant ainsi les révélations possibles : le lanceur d’alerte prouvant des maltraitances animales, telles que le broyage de poussins non rentables pour la filière, serait poursuivi pour intrusion dans une propriété privée ;
  • il ferme les portes de l’aide financière en obligeant les lanceurs d’alerte à rembourser la provision pour frais de justice s’ils n’obtiennent pas gain de cause même si leur alerte a été effectuée de bonne foi, ce qui est particulièrement dissuasif tant ce montant peut être élevé ;
  • il les prive, enfin, du bouclier que leur offrent les associations et les syndicats qui, en les accompagnant voire en portant l’alerte à leur place, préservent leur anonymat et mobilisent des ressources dont ils ne disposent pas seuls.

Par ailleurs, le gouvernement, seul à pouvoir le proposer, reste sourd à la demande répétée des associations, des syndicats mais aussi des parlementaires, de mettre en place un fonds de soutien pour les lanceurs d’alerte.

Alors que la directive, et plus encore la proposition de loi adoptée à l’unanimité par l’Assemblée nationale, avaient vocation à les sécuriser, ces reculs pénalisent ceux qui se battent pour nos droits et nos libertés.

Au lendemain de ce vote, nous adressons donc un message aux parlementaires : ne passez pas à côté de cette opportunité pour la France d’être exemplaire en matière de protection des lanceurs d’alerte. Cette directive – nous l’avons répété à maintes reprises – est une occasion exceptionnelle de doter la France d’une législation de référence, d’alimenter la renommée internationale qu’elle a acquise avec la loi Sapin II en matière de protection des lanceurs d’alerte. Pour ce faire, la commission mixte paritaire doit rétablir les avancées du texte de l’Assemblée nationale. Nous appelons aussi le gouvernement à garantir l’adoption de la loi avant la fin de la session parlementaire.


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