Présidentielle 2022, l'enjeu, l'ombre et la proie

« L’élection présidentielle consiste à prendre un bulletin avec écrit dessus un nom (...) à la fin des fins, cela se résume au choix d’un homme ou d’une femme ». Le ton du journaliste est légèrement agacé, comme pour signifier à son interlocutrice qu’il s’agit de siffler la fin de la récré. Elle est au pied du mur. Elle doit répondre. Qui est son candidat favori pour l’élection suprême de 2022 ?

« L’élection présidentielle consiste pour un électeur à prendre un bulletin avec écrit dessus un nom, et à le glisser dans l’isoloir. Ça n’est qu’une question de personne pour beaucoup, cela peut être une question de programme, mais à la fin des fins, cela se résume au choix d’un homme ou d’une femme ». Le ton du journaliste est légèrement agacé, comme pour signifier à son interlocutrice qu’il s’agit de siffler la fin de la récré. Elle est au pied du mur. Elle doit répondre. Qui est son candidat favori pour l’élection suprême de 2022 ?

En ce dimanche midi d’avril sur le plateau de l’émission « Questions politiques » de France Inter, Delphine Batho est sous le feu depuis un moment sur cette question de la division de la Gauche et des écologistes, alors qu’ils ont au moins un objectif commun, éviter à tout prix un second tour de l’élection présidentielle de 2022 avec les mêmes protagonistes que celle de 2017, Emmanuel Macron et Marine Le Pen.

Elle fait face avec son franc-parler habituel, patiente et pédagogue, toujours souriante, alors qu’elle n’est pas ménagée. Outre Ali Baddou, animateur de l’émission, elle doit faire face à deux routières chevronnées de la profession, Carine Becard et Françoise Fressoz. 

En guise d’apéritif, Delphine Batho a eu droit à un classique que les journalistes adorent servir aux leaders écolos, un débat piégé sur la décroissance économique en période de chômage de masse, aggravé par les conséquences cataclysmiques de la crise sanitaire. Elle ne se démonte pas, et en profite pour poser une pierre angulaire. 

« Beaucoup de gens qui nous écoutent savent que nous avons dans nos placards beaucoup de choses inutiles. J’assume le mot de décroissance. La décroissance, c’est quoi ? C’est un mouvement progressif de rupture avec le consumérisme, et avec cette idée que ce qui est important dans la vie est ce que l’on possède. Donc, c’est un changement des valeurs » La décroissance n’est que la conséquence de ce qui est la clé d’un futur vivable, et même désirable, la dé-consommation, avec la fin du mythe que vend le marketing depuis son invention, faire croire que le bonheur, c’est consommer. 

Il est question de vivre autrement en étant en harmonie les uns avec les autres, en respectant la nature, en étant attentif à l’équilibre de la planète et économe de ses ressources. Le mot n’est pas prononcé, mais il s’agit bien d’un changement de paradigme, puisque l’actuel repose sur la surconsommation, le gaspillage, le pillage, la surexploitation, la domination, la prédation, sans oublier la pollution et la destruction. 

Delphine Batho a eu droit à d’autres chausse-trappes du même acabit sur le sujet, notamment avec Air France et l’avenir de la filière industrielle aéronautique. Elle a saisi l’occasion pour livrer une belle démonstration de comment on pouvait passer de la théorie à la pratique, en faisant de la crise du transport aérien une opportunité de reconversion dans l’écologie des savoir-faire de l’aéronautique. Après tout, un avion, c’est pour beaucoup de l’informatique, de l’électronique et des turbines, autant de compétences qui peuvent s’employer dans de multiples domaines.  

Aux trois journalistes qui n’ont de cesse de la ramener à la tambouille politicienne, elle répond sur le fond, analyse, système de pensée, valeurs et idées, quitte à rappeler à la Gauche quelques vérités bien senties sur son rapport ambigu à l’écologie. Plus trivialement, on peut dire qu’elle « tarte » allègrement !

« Ce qui bloque fondamentalement, c’est un problème dans le code source de la Gauche. On évoquait tout à l’heure la question du marxisme, qui a tout de même profondément matricé la Gauche, et même la sociale-démocratie, avec cette idée que pour réduire les inégalités, il faut la croissance des forces productives. C’est à dire qu’il faut augmenter la taille du gateau pour pouvoir mieux découper des parts plus justes. Cette idée-là est une idée qui est incompatible avec un fait, qui est les limites planétaires. Une croissance infinie dans une planète qui est physiquement limitée, dont les ressources sont limitées, invite à une autre conception de ce qu’est le partage. » 

En clair, une partie de la Gauche a un problème culturel avec l’Écologie. Comment le nier ?Regardez le Parti Socialiste, comme ébouriffé de sa propre audace quand il claironne qu’il rompt avec le productivisme, alors que ce n’est pas le problème, puisque sans consumérisme, le productivisme n’a guère de sens. À l’heure de l’impression 3D promesse de disparition d’usines par dizaine de milliers, on peut même affirmer que la rupture avec le productivisme est une question du siècle passé.  

Les journalistes en arrivent enfin à la question dont ils se délectent les babines: s’il y a plusieurs candidats se revendiquant de la gauche et de l’écologie au premier tour de l’élection présidentielle de 2022, aucun ne figurera au second… Qu’avez-vous à proposer pour éviter cela ?

« Je pense que ce n’est pas du tout la bonne manière d’aborder l’échéance majeure de 2022. D’abord 2022, ce sera le vote du siècle. C’est à dire que va se jouer en 2022 beaucoup plus que le quinquennat. Par rapport à ce que je disais tout à l’heure sur la décennie encore utile pour le climat, c’est là que ça va se jouer », avant de rappeler que les dés étaient loin d’être jetés à un an de l’élection présidentielle, alors que la crise de la Covid n’a pas encore produit tous ses effets, et qu’il est impossible qu’elle n’ait pas de conséquences politiques.

Les journalistes n’en démordent pas, et veulent absolument l’enfermer dans une équation qui n’est pas la sienne. Delphine Batho se rebiffe. « J’aimerais comprendre une chose, en quoi la Gauche serait l’interlocutrice privilégiée de l’Écologie, spontanément, sans parler de contenu ? Ce qui est en train de s’installer, là, c’est une espèce de mariage forcé ». Elle préfère les mariages d’amour, librement consentis, sur la base d’un contrat. Quoi de plus normal ? Il lui a quand même fallut batailler pour l’expliquer, et étriller pour l’illustrer. « La question qui est posée, ce n’est pas de prendre tous ceux qui ne sont ni Le Pen, ni Macron, et mettons nous tous ensemble pour essayer de sauver les meubles. La question, c’est d’ouvrir la page d’une nouvelle espérance dans le pays. Cette nouvelle espérance, c’est l’écologie. C’est l’écologie qui peut être la surprise de 2022 »

Pour la dirigeante écologiste, les choses sont claires, « La première chose à faire est d’affirmer une dynamique écologiste, de construire un projet écologiste avec un gouvernement, donc une équipe, et une capacité à assumer l’exercice des responsabilités. Dans un deuxième temps, nous pouvons discuter sur cette base de quelle est la coalition.. » entame-t-elle, quand une journaliste l’interrompt, mais on a compris la démarche, donc la suite : le programme des écologistes toutes tendances confondues d’abord, puis une équipe la plus largement ouverte pour le porter, désignée démocratiquement, le tout conçu et mené collectivement, de A à Z par toutes celles et ceux qui se réclament de l’écologie, puis une discussion avec les autres forces politiques avec lesquelles une alliance est possible sur les bases ainsi posées.

De front ou de biais, au détour d’une question ou au milieu d’une réponse, Delphine Batho a martelé son refus du présidentialisme, ce mot abstrait pour dénoncer la concentration et la personnalisation du pouvoir, deux concepts tout aussi abstraits, dont nous avons une démonstration pratique magistrale avec la gestion de la crise de la Covid, ses ordres, ses contre-ordres, ses désordres. Les réduire aux errements d’un seul homme serait ignorer que nous avons un problème systémique.

« Ma façon de penser, c’est de dire à toutes celles et ceux qui veulent transformer la société que ce n’est pas possible avec le système présidentiel. Il faut y mettre fin, pas seulement en le renvoyant à une question programmatique à après les élections, mais dans le fait de lever une espérance démocratique nouvelle dans le pays», conclut Delphine Batho. C’est beau. Tellement beau, que la journaliste passe complètement à côté et enchaîne « Alors, question un peu politique, là on a une discussion autour de la date des élections régionales »… 

Mais, concernant ce qu’il y a de plus politique en politique, l’élection présidentielle, qu’y a-t-il de plus politique que ce que Delphine Batho vient d’énoncer ? Emmanuel Macron a épuisé l’espérance de « l’Homme providentiel », n’en déplaise à Jean-Luc Mélenchon. La crise des Gilets jaunes a montré qu’on atteignait les limites d’un système, dont la jeunesse mobilisée par le changement climatique ne veut plus. Le Brexit a mis l’Europe à la croisée de son destin, alors qu’elle incarne des valeurs garantes d’un monde meilleur. Il y a urgence à élaborer des solutions collectives, plutôt qu’à s’étriper sur un nom, oubliant au passage un détail, nous élisons un Président de la République, pas un Roi ! Quand bien même ce serait le cas, qu’est-ce qu’un Président de la République sans majorité à l’Assemblée Nationale, si ce n’est un roi sans royaume ? Et une majorité au parlement, doit-elle se construire autour d’une personne, ou sur la base d’un programme de gouvernement ? Le présidentialisme rend aveugle, et pas que les journalistes.

Si le menu est le même, l’Histoire repasse rarement les plats deux fois les plats, et jamais de la même façon. Et si formellement les convives sont également les mêmes, ils ne sont plus tout à fait pareils. Un second tour Emmanuel Macron VS Marine Le Pen en 2022 ne sera pas le remake de 2017. 

La dernière fois, Marine Le Pen s’était construit son plafond de verre toute seule, comme une grande. En prônant la sortie de l’euro, elle s’est privée de quantité d’électrices et d’électeurs qui auraient bien voté pour elle, mais pas pour que leur patrimoine libellé en euro le soit dans une monnaie de singe, fusse-t-elle appelée le Franc… La France d’abord, mais après le porte-feuille. Marine a compris la leçon. Elle est maintenant pour rester dans l’euro.

Quand à Emmanuel Macron qui avait fait office de valeur-refuge pour nombre d’électrices et d’électeurs de Gauche en 2017, il fait maintenant plutôt figure à leurs yeux d’épouvantail à moineaux ! Il est plus que probable qu’une partie s’égaiera dans la nature le jour du deuxième tour du scrutin présidentiel… Certes, le Président sortant pourra probablement compenser avec des électrices et électeurs de Droite que la conduite de son quinquennat et sa personne ont séduit depuis, mais jusqu’à quel point ? 

Une candidate d’extrême-droite qui se déplafonne, un président sortant qui s’affaisse, une marée-basse électorale avec un coefficient de forte abstention, nous voilà dans des eaux troubles dans lesquelles il serait bien téméraire de s’aventurer à prédire un résultat. 

Marine Le Pen peut-elle être élue Présidente de la République ? Ce ne sera probablement pas le cas, mais de là à dire que c’est impossible… Imaginons que l’improbable se produise, elle est élue. Aura-t-elle pour autant une majorité à l’Assemblée Nationale pour gouverner comme elle l’entend ? Il n’y a rien d’automatique à cela. Ça dépend. De pseudos experts de la politique qui en connaissent l’Histoire, mais en ignorent la dynamique, vous expliqueront doctement du haut de leur savoir que quand on gagne la présidentielle, on gagne les législatives. C’est vrai. Jusqu’à présent. Il y eu pourtant une fois où cela faillit ne pas être le cas.

C’était en 2002, après que le candidat socialiste, Lionel Jospin, s’est fait éliminer au premier tour par le candidat d’extrême-droite, Le Pen père. Dans la foulée de la réélection de son candidat à la présidence de la République, Jacques Chirac, la Droite a largement emporté les législatives, au point d’être ultra-majoritaire à l’Assemblée nationale. Un véritable raz-de-marée. Quand on y regarde de plus près, on s’aperçoit qu’une bonne centaine de députés de Droite ont battu leur adversaire de Gauche par moins d’une centaine de voix d’écart. Autant dire, l’épaisseur d’un cheveu. Si Lionel Jospin n’avait pas annoncé au lendemain de son élimination qu’il quittait la politique en plein milieu de la bataille, la Gauche aurait très bien pu gagner les législatives de 2002, dans la foulée d’une victoire à la présidentielle d’un candidat de Droite. 

Gagner la Présidentielle pour emporter mécaniquement ce qui vous donne réellement le pouvoir, les élections législatives, fonctionne quand il y a deux blocs rassemblés et clairement identifiés, Gauche contre Droite. Est-ce vraiment le cas aujourd’hui ? Qui peut le prétendre sérieusement ? Dans le puzzle éparpillé qu’est l’échiquier politique français, qui peut affirmer sans ciller que dans la foulée de la victoire de son candidat à l’Élysée, il aura une majorité garantie à la sortie des législatives ?

Si Marine Le Pen emporte la Présidentielle, il y aura un sursaut républicain. Elle n’aura pas de majorité absolue, probablement pas de majorité relative par jeu d’alliance, et se retrouvera en cohabitation avec un Premier Ministre qui ne sera pas de son camps. Si Emmanuel Macron est réélu, il est illusoire pour autant de croire qu’il y aura un raz-de-marée en sa faveur aux législatives. Il serait étonnant qu’il retrouve une majorité absolue, et devra probablement gouverner en majorité relative. S’il le peut, et durant cinq ans, dans une situation où les diverses crises se cumulent et se succèdent. 

À Gauche, inutile de faire la revue de détail des divers candidates et candidats plus ou moins déclarés. L’un d’eux règle l’affaire pour tous. C’est Jean-Luc Mélenchon. Comme il ne se retirera pour personne d’autre que lui-même, et que lui-même a été incapable de rassembler autour de sa personnes depuis quatre ans, aucun candidat de Gauche ne figurera au second tour de la Présidentielle. 

Dernière hypothèse, celle d’une candidate ou d’un candidat écologiste qui s’imposerait à la Gauche hors Mélenchon, et écraserait ce dernier dans les sondages, au point de le ramener aux alentours de 5%, soit la barre qu’il faut franchir pour être remboursé de ses frais de campagne, et s’éviter une dette personnelle de quelques millions d’euro. S’il y a un risque pour Mélenchon de devoir manger des oeufs au plat et des pâtes au beurre jusqu’à la fin de ses jours, il y réfléchira à deux fois avant d’y aller. Alors oui, dans cette hypothèse d’une victoire écologiste à la Présidentielle de 2022, il y aura alors une majorité parlementaire cohérente qui sortira des urnes aux législatives.  

Parmi tous les leaders politiques que vous entendez s’exprimer sur la future élection suprême, il y en a peu qui mettent avec autant de constance la question de la démocratie au centre de leur propos, à l’image de ce qu’a fait Delphine Batho, en ce dimanche midi. Elle a cogné sur le présidentialisme en multipliant les exemples et les angles tirs, pas tant pour fustiger les résultats, que pour alerter sur l’urgence à revoir les circuits et modes de décisions de l’État. De fait, la démocratisation de la 5ème République est la mère de toutes les batailles, pour reprendre une expression du même siècle que celui de nos institutions. Avec la démarche que Delphine Batho propose, la démocratie n’est pas un problème parmi d’autres, mais la solution pour la résolution de tous les autres. 

On sent dans le pays une profonde aspiration à la reprise en main de son destin, d’être plus souverain. N’y voir là aucun sentiment anti-européen, pas même les signes précurseurs d’un « Brexit » à la française. C’est beaucoup plus compliqué que cela. C’est plus de souveraineté dans notre vie individuelle, cela s’appelle plus de liberté, qui passe aussi par plus de collectif, de solidarité. Un effet paradoxal de la crise sanitaire, c’est qu’elle a renforcé nos liens. Nous avons réappris le prix de la vie, et pour les plus jeunes d’entre nous, ce qu’est la perte d’un être cher. « Nous sommes devenus un pays de chatons. Tout le monde est beaucoup plus gentil qu’avant, fait plus attention aux autres », déclarait un artiste. Les artistes savent sentir l’air du temps. L’époque de la glorification de l’individualisme forcené magnifié par la doxa néolibérale est sur sa fin. 

Avec le premier confinement, beaucoup d’entre nous se sont posés des questions fondamentales auxquelles le tourment de la vie « normale » ne nous laisse guère le loisir de réfléchir; qu’est-ce qui est vraiment important pour moi ? Comment je veux vivre ? Qu’est-ce qui fait sens ? où va l’Humanité ? Dans quel monde nos enfants vont-ils grandir ? Mais aussi des questions plus triviales, bien qu’également fondamentales; qu’est-ce que je mange ? Que contient l’eau que je bois ? Et l’air que je respire ? 

La pandémie actuelle a été précédée de quelques épidémies en guise d’apéritifs, qui laissent craindre que nous n’en soyons qu’au hors d’oeuvre. La destruction des forêts primaires qui nous met en contact avec des virus, bactéries, champignons et autres parasites inconnus et potentiellement pathogènes, se poursuit à haute intensité. L’élevage intensif d’animaux sauvages en Asie du Sud-Est, souvent dans des conditions d’hygiène et de promiscuité déplorables, sont autant de bombes virales à retardement, pour lesquelles la question n’est pas de savoir si elles vont exploser, mais quand. Même chose avec la résistance aux antibiotiques, largement imputable à leur utilisation massive dans les filières de productions animales qui pratiquent l’élevage intensif. Le comble, c’est que les potentielles nouvelles familles d’antibiotique que nous pourrions découvrir sont dans les forêts tropicales que nous détruisons. Facilitée par la fonte du permafrost due au réchauffement climatique, le développement de l’exploitation minière de la Sibérie libère brutalement dans l’atmosphère des concentrés de virus, bactéries, champignons, plus ou moins connus, plus ou moins létaux. Enfin, le réchauffement climatique fait sentir un peu partout et de diverses manières ses effets délétères. 

Au menu des dangers qui nous guettent, ce n’est pas les plats de résistance qui manquent. Nul doute qu’à la sortie de cette crise, nous serons plus nombreux à partager la conviction que la rupture écologique avec le système consumériste actuel est une urgence vitale. Nous en aurons peut-être une première augure politique avec la possible victoire des écologistes allemands à l’occasion des élections législatives du mois de septembre prochain. L’arrivée des écologistes à la tête de la première puissance européenne serait un coup de tonnerre dans toute l’Union, peut-être suffisamment fort pour remettre à certaines et certains la tête à l’endroit, en France. Pour diriger le pays, il faut conquérir le parlement, quelque soit le résultat de la Présidentielle. Autrement dit, viser la proie, plutôt que l’ombre. 

Malik Lounès, mai 2021

Émission « Questions politiques » sur France Inter 

https://www.franceinter.fr/emissions/questions-politiques/questions-politiques-11-avril-2021

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