Ami, entends-tu…

Partout, derrière le bleu marine, c'est bien le brun qui se dessine.

Dans une rue passante de Paris, hier, je marche et croise une femme voilée d'un hidjab de couleur. Derrière moi, j'entends la voix d'une autre femme que je venais de dépasser : "y'en a marre de leur djellaba... qu'elle retourne au Maroc" Avant même d'avoir le temps de me retourner pour intervenir, j'entends un homme lui dire "vous n'avez pas honte ?" La femme continue, alors que je lui fais face : "on est chez nous !" A quoi je lui réponds que cette dame aussi est chez elle. Colère et emportement de la raciste.

Il y a quelques jours, un ami me raconte qu'il était en train de coller des affiches pour Clémentine Autain. Lui et ses amis se retrouvent sur un même lieu que des colleurs lepenistes. Le ton monte. Pas de coups. Mais l'un des fachos le regarde droit dans les yeux et lui dit : "tu verras, quand on sera au pouvoir, je te colle contre ce mur."

Ainsi va le quotidien. Le "on est chez nous" des fascistes se décline à gorge déployée au jour le jour et plus seulement à bas bruit au comptoir de bistrots. La menace n'est plus vague, mais elle est bien là.

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Alors, ils auront beau dire : leur erreur politique signe plus qu'un tournant. On ne manifeste pas avec le banc et l'arrière banc de l'extrême droite. On ne manifeste pas avec un Ministre qui dévoie sa fonction républicaine en se mêlant à des policiers factieux venant mettre en cause la Justice et faire pression sur les députés, sur les lieux même de la représentation nationale. On ne manifeste pas pour appuyer des revendications catégorielles qui ont remplacé, dès le début, un hommage digne dû aux policiers assassinés.

Car l'enjeu était clair, comme François Bersani (SGP Police) l'a énoncé hier dans une sinistre mise en garde : « Nul doute que si cette mobilisation s'avère efficace aujourd'hui, les digues cèderont, c'est-à-dire les contraintes de la Constitution, de la Loi. » 

Penser qu'Olivier Faure a réclamé « un droit de regard » des policiers sur les décisions de justice, « jusqu'aux aménagements de peine » (BFM), avant de se rétracter lamentablement, montre quel point de bassesse démagogique en est arrivé le PS pour tenter d'exister dans le sillage des extrêmes droites.Valls a dû applaudir.

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Ils auront beau dire les Faure, Roussel, Jadot, Hidalgo et autres. Ils ont marqué là le tournant de la campagne présidentielle. Désormais, après avoir servi la soupe à l'extrême droite, ils sont  et seront « out ».

L'analyse se confirme : ce sont trois forces politiques qui vont s'affronter en 2022 : d'un côté LREM et RN et en face, contre eux, l'alternative de gauche, le barrage réel, décidé et solide (et non la porte ouverte comme l'est lamentablement LREM), La France Insoumise.

Mais d'ici-là, les coups les plus bas vont continuer à pleuvoir, afin que le PC, les EELV de Jadot et le PS essayent de faire oublier ce qui est une tache indélébile : leur faute politique dans un moment de bascule.

Alors oui, bougeons-nous ! Le 12 juin, tous dehors pour dire NON aux idées des extrêmes droites, danger qui menace gravement notre République.

https://lafranceinsoumise.fr/2021/05/20/appel-au-12-juin-pour-les-libertes-et-contre-les-idees-dextreme-droite/?fbclid=IwAR2PGlRKYluWfYXg4s1LWy4Bu_3GDgaogb9ztCiyCGok39b0bTOSR43jpwQ

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