Le Ministre de l’Intérieur, si disert à tout propos, est muet face aux factieux. En fait, pas tout à fait puisque l’on apprend que son cabinet a validé l’interview du Directeur de la police ! Quant au Garde des sceaux, si habitué aux rodomontades, il est bien discret et pourtant il s’agit du principe même de l’indépendance de la Justice qui est mis en cause. Face à ces moments extrêmement dangereux, ils se taisent et se terrent.
Pire : hier, le Président a failli, doublement. En ne prononçant pas les mots qui s’imposent en de telles circonstances et en pratiquant un « en même temps » qui a trouvé là son expression la plus sinistre. Car on ne peut prôner « l’ordre, l’ordre, l’ordre » ainsi qu’un « retour à l’autorité » quand « en même temps », on ne fait preuve d'aucune autorité pour ramener l'ordre dans les fondements de la République.
Alors, logiquement, comme le titre Le Monde de ce mardi, « la colère des policiers ne retombe pas ». Car elle n’a trouvé aucune limite républicaine.
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Ce n’est sûrement un nouvel « en même temps » d’Elisabeth Borne, ce mardi, qui va clarifier les choses, bien au contraire. Elle souhaite que « la justice fasse son travail sereinement » mais en déclarant « J'apporte mon soutien aux policiers qui ont été très mobilisés ces dernières semaines » Ce n’est plus de l’équilibrisme. C’est une grave faute politique renouvelée.
« Elle apporte son soutien à des factieux. La peur est mauvaise conseillère », a répondu Jean-Luc Mélenchon, tout en faisant référence au Général de Villiers, chef d'État-major des Armées « ouvertement poussé vers la sortie en 24 heures » en 2017 pour avoir critiqué le budget des armées. Une simple critique et non une remise en cause de la séparation des pouvoirs donc des fondements de la démocratie…
Or c'est bien au Président de la République, et à lui seul, garant des institutions et de l'équilibre des pouvoirs (déjà si malmenés) qu'il incombe de faire respecter la loi républicaine, par les mises à pied nécessaires, impératives, comme par la reprise de l'autorité de l'État sur les factieux. Sinon…
Dans, cette situation explosive, est-il si paradoxal que la seule voix claire se trouve ailleurs que dans l’appareil d’État ? Dans cette crise gravissime, une telle voix est rare. Elle est ici et absolument pas chez les détenteurs légaux de la légitimité donnée par l’élection : https://www.youtube.com/watch?v=fn8piV6_kSE
Vous ne supportez pas Mélenchon ? Ecoutez ce qu'il dit, loin de toute caricature. C’est de ces mesures-là dont la République, fragilisée et remise en question dans ses fondements, a besoin, impérativement. Sinon…
Le 22 juillet, dans Libération, faisant le bilan d’une année de législature, Clémentine Autain déclarait en conclusion : « Deux textes de la rentrée, sur le RSA et l’immigration, surfent sur les thèmes de l’extrême droite. Ce choix calendaire de la macronie est grave, ce sont des fous furieux… Si ça continue comme ça, le pays va se tendre à des niveaux stratosphériques. »