Comment le rugby se transforme en une soule footballistique américanisée moderne ?

C’est la question que je me suis posée à quelques jours de l'ouverture de la coupe du Monde pour savoir si mon désamour pour ce sport était dû à une dérive négative, conséquence d'une professionnalisation à outrance ou à une orgie d’images sans intérêts ?

Car lorsque tu es natif de Saint-Vincent-de-Tyrosse dans les Landes, (en 1958 au mois de juillet en ce qui me concerne), on te dépose un ou deux ballons ovales dans ton berceau.

Ensuite dès que tu te tiens debout, un oncle, un cousin, un voisin commence à t’enseigner la PASSE !

Puis vient l’apprentissage du rebond capricieux ou facétieux de la « bechigue » ovale.

Comme on nous interdisait de taper au pied dans le ballon pour se focaliser uniquement sur la passe, on développait un imaginaire sportif sans fin. Et comme à Tyrosse, le ballon rond était proscrit, on savait faire et on sait toujours faire des passes.

Arrivés au cours préparatoire, ce fut la maman d'un célèbre 3/4 centre français, Jean-Pierre Lux, qui nous a appris à lire.

Jean-Pierre Lux fut le plus grand trois-quarts centre français n'en déplaisent à tous ces chroniqueurs certes talentueux mais qui se laissaient abuser par le romantisme légendaire d'autres grands centres dont je n'ai jamais contesté la brillance !

Non, Jean Pierre Lux était le meilleur, un point c'est tout !

Et pas uniquement parce qu’il était de Tyrosse, non, il avait la classe et des jambes de feu.  

Nous avions la chance de voir les maillots écossais, irlandais, anglais ou gallois sécher devant nos yeux émerveillés car Madame Lux, notre maîtresse, habitait juste derrière la cour de récréation.

Dès que les maillots étaient étendus, nous interrompions nos parties de billes ou nos parties à toucher pour rêver un peu, en espérant un jour échanger le maillot bleu ou blanc frappé du coq contre un maillot celte ou normand …   

Les jeunes voisins de Monsieur Grocq Les jeunes voisins de Monsieur Grocq

Au CM2, nous nous sommes retrouvés dans la classe de Monsieur Grocq. Cet ancien deuxième ligne avait structuré la fameuse école de rugby de Tyrosse en 1968 si l'on croit des sources autorisées que je ne peux pas dévoiler bien évidemment, puisque j'écris sur un blog Mediapart.

Juste une parenthèse à propos de Mediapart, lorsque ma maman allait commander un plateau de fruits de mer à la poissonnerie du foirail, elle demandait juste à Annie, la poissonnière, d’enlever le homard ou le crabe car c’était bien plus accessible pour une famille de prolétaires !

 Mais revenons  à notre école de rugby légendaire : Monsieur Grocq a appris à jouer au rugby à une cohorte de baby-boomers tyrossais dont certains devinrent par la suite de brillants joueurs de rugby : Alain (un sacré seconde ligne de classe internationale), mais aussi les Christian, tous les Philippe, tous les Patrick et les tous autres qui portèrent un jour le célèbre maillot rouge et bleu de l'UST !

Hélas ce ne fut pas mon cas ! Mes racines basques gipuzkoanes et navarraises (voir Andoni La fuite) n'ont jamais pu cohabiter sportivement avec ma lignée gasconne ! Et puis j’étais présent le jour où Jeannot Grocq à qui je dois une fière chandelle par ailleurs, avait dit à ma mère que je resterai un joueur de rugby banal !

Ce qui à Tyrosse est considéré comme une anomalie congénitale ! J'ai compris ce jour-là que seul l’exil en Francilie me ferait digérer ce drame ! 

Malgré ce handicap, cette tâche indélébile,  j'ai tout de même joué au rugby durant une bonne quinzaine d'années avant que mon épaule gauche cloutée ne me lâche définitivement !

En revanche, dès mon plus jeune âge, j'ai eu de la chance d'être un sacré observateur du rugby que les bonimenteurs médiatiques actuels vouent aux gémonies pour  mieux vendre leur bouillie insipide !

Je savais que lors du premier Grand Chelem de l'équipe de France en 1968, quatre grands chlemards' étaient originaires de Saint-Vincent-de-Tyrosse : Jean-Pierre Lux bien sûr, les deux Cambé de la proche banlieue,  Saubion, et l'immense Jos Rupert  d’une autre banlieue proche, Saint-Jean de Marsacq ! Et pour la petite ou la grande histoire du rugby français, si Jos Rupert n’avait pas cravaté l’arrière écossais Wilson qui allait à l’essai, la France aurait perdu en Ecosse !  

Dès 9 ans, tous les dimanches, mon père, Andoni, m'emmenait au stade. La veille des rencontres, je notais sur mes cahiers de brouillon toutes les compositions d'équipe décrites sur le Sud-ouest, et le lundi, je découpais les photos des acteurs (dacquois et montois compris !)

De 1968 à 1972, j'ai vu tomber les champions de France, Agen, Bègles, puis toutes les grandes équipes : Lourdes avec l'immense Michel Crauste qu’accompagnait à l’ouverture le génial lutin, Jean Gachassin, Narbonne avec Jo Maso en figure de proue et la fratrie des Spanghero entres autres grands joueurs dont j'ai encore les noms.

Toulon, l'authentique, celui de la rade avec sa fameuse escouade d'immigrés comme les Herrero ou les italiens. Impressionnant ce pack d'avants ! Des gigantesques gainés dans un beau maillot rouge à collerette noire style Sappa ou Hache.

Toutes ces grandes équipes faciles à l'échauffement s'éteignaient au fur à mesure que la grinta tyrossaise se mettait en place. Mais pas que, car il y avait aussi du talent à Tyrosse. Un pack d'airain, court sur pattes mis à part le longiligne Jos Rupert certes mais surpuissant au raz du sol, accompagné par une ligne de trois-quarts de niveau international A et B confondus. Sans oublier une belle charnière et un arrière sur !

Tyrosse gagnait à la maison et on se régalait. Les pisse-froids me rétorqueront : et le jeu ?

Le jeu, c'était Lux et Sabathié au centre, Dubertrand et Lasserre aux ailes ! Alors ça envoyait ! On peut me raconter ce qu'on veut mais les images sépia d'un rugby accéléré et aéré de cette époque sont toujours là.

Je me demande même si on n’aurait pas été obligé de faire jouer l'immense André Boniface en 10 comme je l'ai vu en fin de carrière ou à l'arrière, tellement cette ligne de trois quart était complémentaire !

Max et l'UST d'aujourd'hui ! Max et l'UST d'aujourd'hui !

Alors que l'on ne fasse pas rire avec les impacts players, les off load à la noix ou autres galéjades !

Après on peut me raconter qu’il y avait beaucoup de mêlées et de touches ! La touche, c’était la foire d’empoigne, ça c’est vrai ! Mais pour les mêlées, on rentrait au casque et elles ne tombaient dès le premier mètre de poussée !

Le lundi en gare de Bayonne, la lecture obligatoire du Midol venait compléter l’info ressentie même si je préférais mon analyse parfaitement objective du match puisque chauvine ce qui à Tyrosse n’est pas un  défaut bien au contraire ! 

Cerise sur le gâteau, notre collège nous emmena voir un match de province à Bayonne lors la tournée des Blacks en France : Côte Basque – All Blacks !

Ce jour-là, j’avais découvert Ian Kirkpatrick à la tête des Going, Karam, Batty l’ailier de poche et William l’autre phénomène impossible à arrêter lorsqu’il était lancé ou lorsqu’il crochetait ! L’émerveillement pour la simplicité et la beauté du jeu des Blacks ne s’est jamais démentie depuis cette partie. Les sélections de la Côte basque avaient de la gueule au temps où on l’on jouait encore au rugby, car comme les Blacks, les trois quarts basco-landais allaient vite, très vite avec une justesse technique trop complexe à appréhender pour nos avants et trois quarts tamponneurs d'aujourd’hui !

Alors d’où vient alors cette perte d’intérêt pour le rugby professionnel ? Déjà, qui dit professionnel dit métier, travail, performance, statistiques, résultats  … Or j’ai tellement été gâté par le passé que je trouve ce rugby Rambo mondialisé complètement aseptisé avec toutes les tares qui accompagnent cette globalisation !

Plus tu as de spécialistes en tout genre pour encadrer la touche, la mêlée, l’ « attioulage » organisé de la tortue, la défense inversée, la renversée, la passoire paloise nommée la 83, l’hermétique, la calaisienne où on n’arrête pas de caler (d’où les 62 points dans la musette à l’arrivée !), et moins tu vois de rugby ! À moins d’aimer le rentre-dedans permanent et d’être un inconditionnel des ouvreurs celtes au coup de pied millimétré !

Et comme je n’ai jamais rien compris aux règles du rugby américain et très peu apprécié l’ouvreur celte ou normand (je mets un bémol à cette dernière assertion car je suis assez impressionné par Georges Ford, l’actuel ouvreur à mi-temps du quinze de la rose !), je me détourne de ce rugby de mode puisque le mien me dit-on est démodé !

En France, le rugby a été accaparé par des groupes capitalistes (je ne rentre pas dans les détails, je ne suis pas là pour livrer une analyse du monde économique du rugby). Eric, un véritable connaisseur, éducateur m’a expliqué que le rugby était devenu un spectacle même si on se frotte les yeux pour y voir du spectaculaire !, la chabalisation du placage étant une simple opération de marketing ! Mais pour avoir du spectacle, en principe on s’entoure de bons acteurs ! Hélas, le sport professionnel n’accorde du crédit qu’aux gens riches !

Alors on chasse la main d’œuvre étrangère à bon marché … Sur ce marché secondaire, on trouve le  pilier géorgien, l’ailier fidjien, le Bok épais pour solidifier l’édifice, le 10 peut être australien, bok, black bien sûr ou même argentin ! Sans oublier d’attirer la star internationale de l’autre hémisphère. Et le must de la coquetterie : le staff étranger ! Après ça tu joues dans la cour des grands …

Loin de moi l’idée de dénigrer ces joueurs, ce sont de bons parfois même de grands joueurs ! Non ce qui m’ennuie le plus c’est la commercialisation du spectacle, la chasse à l’objectif avec son lot habituel de dérives. Avec en prime la communication classique que maîtrisent à la perfection les cousins du ballon rond ! Quant à l’équipe de France, il y a longtemps que j’ai mis de côté les images et les courses électriques des Blanco, Charvet, Sella ou du lévrier gujanais Lagisquet.

Tyrosse s'accroche ! Tyrosse s'accroche !

 Alors suis-je à la ramasse ? Un vieux con nostalgique ? Certainement puisque les audiences sont au beau fixe, le nombre de spectateurs aussi, le temps de jeu, le nombre de mètres parcourus, le nombre de placages assénés, de placages cassés, les salaires … et les audiences télés !

Tiens du côté de Pomarez, en ce moment, ils testent le nombre de tumades encaissées ! Avant de le populariser au rugby professionnel car la tumade est la forme la plus développée du rentre dedans actuel ! Et une tumade mahousse peut t’envoyer en protocole commotion alors qu’il suffirait de revenir au bel écart extérieur ou plus subtil, intérieur sans corde, tout en allant à la corne avant de donner le ballon ! 

J’exagère ? Oui car tout va pour le mieux dans le monde de l’ovalie, et pourtant je m’emmerde à regarder cette infâme bouillie de rugby matinée de soule améliorée à l’insipide ! Ce sont les armées de César merveilleusement dessinées par Uderzo qui attaquent nos gaulois d’Armorique (avec ou sans potion magique ? mais là n’est pas le débat dans un sport où règne l’omertà). Jeux du cirque ? On me dit qu’il faut vivre avec son temps et que le rugby est aujourd’hui un spectacle.

Phrase toute faite qui ne correspond pas à l’histoire du rugby. Elle ne vaut que depuis la création de toutes les compétitions « pompes à fric » : Coupes du Monde, Coupes d’Europe, Four Nations, Super Rugby, Six Nations ! Tournoi de plages d’Hossegor (Gag )

Adieu le test-match légendaire comme celui qui est imprimé à tout jamais dans mon cerveau dans la case émerveillement ! Je revois encore et toujours les crochets de folie de Phill Bennett dans ces 22, puis après cette sortie de l’encerclement black, il enclenche une relance que les centres gallois puis les autres Babas british vont pousser grâce à un jeu de passes millimétrées  qu’ont certainement applaudi les légendaires attaquants français avant qu’intervienne en fin d’action, Gareth Edwards, qui, d’une course féroce signa cet essai magistral contre les Blacks de Going et de Kirkpatrick !

Eh oui, j’ai eu la chance de voir en direct pas mal de test-matchs et pratiquement tous les matchs du tournoi des Cinq Nations au Parc de Princes lorsque je jouais au rugby puisque notre club recevait un lot de billets via la Fédération ! C’est pour ça que je considère la coupe du Monde de rugby comme une  hérésie ! Et ce n’est pas le rugby actuel qui va me faire changer d’avis. Quant à vous, un seul message à vous transmettre, celui de ma grand-mère : « Si tu  n’aimes pas, n’en dégoûte pas les autres ! »

Ok, ok, vous êtes libres de penser différemment et de vous installer devant votre écran au mois de septembre ! Quelques remarques ou anecdotes avant d’entamer la sprint final :

Je ne ferai pas de commentaires particuliers sur la coterie actuelle qui gère le rugby de France :   Bernard de Clairvaux, ce grand prêtre de la tartuferie en Ovalie  et son éminence grise Don Sergio de Nogaret  qui ne sont ni pires ni meilleurs que les anciennes coteries qui avaient la main mise sur les structures fédérales ! La plus redoutable fut celle des barons agenais … Lorsque tu t’attaquais à leur toute puissance sans assurer le second rideau, tu mangeais chaud !

Un seul exemple, avec cette histoire que m'a raconté ma mère.

A la fin d’une partie Tyrosse - Agen remportée par le club présidentiel, la célèbre Martotte adressa cette sentence diabolique à l'attention d'un fameux second deux-ligne international agenais qui passait  à côté d’elle  à la fin de la partie : 

« Espèce de Grrrrrrrrrande Salope, tu n’as fait qu’allumer pendant le match, tiens prends ça ! », en lui assénant quelques coups de parapluie bien placés. Conséquences qui auraient pu être dramatiques pour la petite cité ouvrière bleu et autrefois rouge car je suppose que Bébert et Guitou devaient (hypothèse ?) détester le fameux couplet de l’ami Brassens :

«  Au marché de Brive-la-Gaillarde, A propos de bottes d'oignons, Quelques douzaines de gaillardes Se crêpaient un jour le chignon. A pied, à cheval, en voiture, Les gendarmes, mal inspirés, Vinrent pour tenter l'aventure D'interrompre l’échauffourée. » :

L’amende infligée faillit grever le budget la municipalité socialiste (oui, à l’époque Tyrosse comme toute bonne cité ouvrière était à minima socialiste).

Aujourd’hui pour éviter les plantes folles qui sévissent sur la pelouse toujours verte, les joueurs sortent de l’autre côté du terrain par un couloir grillagé  pour éviter les interventions spontanées  de supporters échaudées par le manque d’à-propos d’un arbitrage neutre.

Pourtant il faut savoir que le public à Tyrosse, un public de connaisseurs, a toujours été un modèle de sportivité ! Pas un brin chauvin contrairement à la légende noire propagée par des âmes grises montoises, dacquoises, bayonnaises ou biarrotes (mon petit Pascal se reconnaîtra avec son arbitrage de la touche mal maîtrisée un jour à Tyrosse !)

Avant match à Massy ! Fin de l’aventure pour Tyrosse : pas de remontée en Prod D2 Avant match à Massy ! Fin de l’aventure pour Tyrosse : pas de remontée en Prod D2

Pour finir quelles sont et seront les conséquences de cette absurde dérive professionnelle sur le rugby tyrossais ? Sachant que le seul étranger que Tyrosse possédait à l’époque était tout simplement le voisin dacquois ! Tyrosse est un non-sens dans le rugby de demain mais l’hallali a commencé très tôt lorsque des personnes respectables et authentifiés du rugby basco-landais trouvait que ce club n’avait rien à faire à ce niveau.

La descente en fédérale 1 (rugby amateur ou presque) fut une satisfaction pour ces requins argentés du new deal rugbystique à tel point que je me refuse d’aller voir évoluer ces équipes à présent que je suis revenu dans le Sud-ouest ! Nos Tyrossais possédaient encore à cette époque de belles équipes pour batailler et remonter en Prod D2 avant que les usurpateurs budgétaires ne confisquent le rugby !

La première fois, ce fut contre Béziers (ville à mes yeux sinistrée depuis qu’elle a adoubé un  triste sire, un pitoyable zozo apparenté à un courant politique bien connu de la non-pensée). Ce jour-là, nous en avions terminé avec cette troisième étape de la traversée pédestre des monts de Jura. Coup de bol, le gardien du refuge possédait la chaîne payante qui retransmettait le match de la remontée en Prod D2 entre Tyrosse et Béziers, ce grand club tombé si bas ! Et alors que le buteur tyrossais s’apprêtait  à convertir la pénalité de la montée qui sanctionnait des écroulements répétés de l’avancée du pack tyrossais avec plein de biterrois, des petits frères de Mc Caw, hors-jeu de plus de dix mètres, ne voilà pas qu'à la suite d'une dénonciation extra sportive, l’arbitre de champ (video gag n’existait pas à l’époque), revint sur sa décision !

Incompréhensible pour nos yeux de téléspectateurs. Nos copains biarrots, palois et mortuassiens étaient comme de bons économistes sérieux, atterrés par ce retournement de situation conséquence d’une friandise mal digéré par le plongeur biterrois qui était tombé juste devant un solide 16 pattes remarquablement cornaquée par un Planchot des grandes années !

Béziers remontait en Prod2 et Tyrosse restait en Fédérale 1 grâce  à ce petit arrangement qui contredisait nos amis de Zebda !

L’année suivant rebelote : en direct à Massy pour le match retour sanctionnant l’accession à la Prod2 (antichambre de l’élite professionnelle du rugby français !). Précisons afin que tout soit clair, que Massy est très grand club de rugby, un grand club formateur aussi. Nous aimions beaucoup ce stade champêtre au cœur de la cité peuplé de connaisseurs ! C’était vraiment très agréable de converser avec des amoureux du rugby ! Club qui ne cesse de faire le yoyo tant il est pillé par ces riches voisins (toujours les mêmes !). Soupirs !

Et comme à Tyrosse, les jeunes espoirs de Massy partent de plus en plus tôt pour plonger dans ce rugby de l’illusion … ou du cauchemar ! Attirés par des espèces sonnantes et trébuchantes …   

Pour revenir au match de la montée, l’ailier de Tyrosse en débordement s’en allait aplatir l’essai de la montée lorsque les arbitres signalèrent un avant imaginaire !, comme les grands malades qu’ils sont ! (Encore un à qui je n'aurai pas donné le Molière de l'interprétation de la règle cette année là !).

C’est à partir de ce nouveau coup du sort que j’ai compris que Tyrosse non seulement ne remontera jamais dans l’élite du rugby français mais qu’à terme, sa disparition est programmée !

Le dernier match vu à la Fougère la saison dernière n’a fait que confirmer mes craintes !

Ce jour-là, Tyrosse affrontait une centurie ou une cohorte de cathares bigarrés ! Car, au début du match, j’ai cru que l’on avait affaire à de véritables descendants de cathares jusque ce que le troisième ligne me révèle la supercherie ! Ce Simon de Montfort des temps modernes hurlait aux oreilles compatissantes de l’arbitre un : « Out side ! out side ! » qui n’avait rien d’une tirade occitane.  Max, mon neveu, qui venait de rentrer était arrivé en retard sur le côté et avait eu la malchance de tomber sur le mercenaire afrikaner déguisé en cathare !

Un plus tôt dans la partie, le centre cathare type commando GI avait perforé la défense rouge et bleue ! Le jeune centre tyrossais avait bien essayé d’arrêter le missile cathare ! En vain ! À mes côtés Jean Mi fustigeait la passivité de la défense rouge et bleue.

Désolé Jean Mi mais la différence oxymorique entre ces deux sports liés  au rugby est basique : l’amateur joue avec des centres freluquets alors que le professionnel joue avec des bulldozers à une passe ! Dans un championnat dit amateur qui compile tout ce nous avons dénoncé dans ce billet ! Alors que reste-t-il de tout ça ? Des presque touchdown au lieu de voir des essais et c’est bien triste ! 

Seule note optimiste, le 11 novembre 2019 nous célébrerons un autre armistice avec nos voisins dacquois qui ne s’en sortent plus alors que ce grand club au prestige incontestable et incontesté a un palmarès à vous couper le souffle même s’ils n’ont jamais touché le Brennus par manque d’à-propos.

Pour conclure, j’ai plagié Kravchenko : j’ai choisi la liberté à l’inintelligence situationnelle ! Ce maelström indigeste est en de bonnes mains, des spécialistes de la commercialisation du spectacle pour winners d’aujourd’hui et de demain !

Allez une dernière note poétique pour conclure : deux clubs arborent la fougère sur leur maillot : les Alls Blacks et Tyrosse ! Coup de bol, ce sont les deux seuls qui ont marqué le rugby que j’aime …       

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