Ce n'est pas une bonne nouvelle

La démission d'un deuxième Ministre d'Etat en quelques semaines, cela fait plus que désordre. Surtout après tout ce que nous savons. Et que nous ne savons pas, mais que «l'homme le mieux informé de France» (comme l'on dit toujours des Ministres de l'Intérieur) doit savoir, à commencer par l'hostilité de plus en plus grande de la société face à ce Président et ce pouvoir des riches.

A la une de mediapart, ce mercredi 3 octobre 2018 A la une de mediapart, ce mercredi 3 octobre 2018
Ce n'est pas une bonne nouvelle, car cela montre une crise politique particulièrement profonde. Bien au delà de la macronie rabougrie, resserrée, en chute libre - déconsidérée.

Or le paysage politique est délétère :
- Un ex Premier Ministre qui déserte après avoir trahi.

- Le Front National toujours aussi xénophobe et plombé dans ses malversations financières.

- Les droites déchirées comme rarement.

- Les gauches idem.

La crise démocratique, exprimée en 2017, s'aiguise sans cesse. Le masques du macronisme tombent, rapidement, et c'est une bonne nouvelle. Ce qui ne l'est pas, c'est ce terrain vague, ce climat de suspicion, de défiance, cette absence de perspectives partagées, cette crise sociale où l'austérité et les peurs font des ravages dans un climat international exécrable.

Ce jour de la saint Gérard (!) nous apprenons aussi que, de l'autre côté de l'Atlantique, la fortune du "self-made man" Trump aurait bénéficier de tout un réseau de gigantesques opérations d'évasion fiscale lui ayant permis non pas de partir de rien, comme il ne cesse de le répéter depuis des décennies, mais bien avec une escarcelle d'un milliard de dollars en poche - dont plus de la moitié aurait dû revenir au fisc américain...

Historiquement, c'est là un terrain propice à un grand coup de balai à venir. Un "dégagisme" radical où la désaffection de la politique et de son monde ouvre la porte à la tentation autoritaire.

L'appel à un maître n'est désormais plus un horizon passéiste. Mais une demande qui, si d'autres solutions démocratiques ne sont pas proposées d'urgence, risque fort de rapidement tout emporter. Ici comme ailleurs. Il ne manque qu'une étincelle. A moins que...

Aux USA comme en France - pour des raisons, avec des histoires, chemins, parcours et personnalités totalement différents - l'empereur est nu. Comme l'écrit Roland Gori dans "La nudité du pouvoir", "il faut redonner au politique toute sa place désertée au profit des règles technico-financières" Il ajoute - entre autres passionnantes considérations, qu'il faut "parier sur la part ingouvernable de l'individu pour renverser les rois."

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