Choses vues et entendues

Du monde. Un monde fou dans un monde de fous.

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D'abord, en marchant de Châtelet à République pour rejoindre le départ de la manifestation, il y a la rencontre avec des cheminots. Engager la discussion permet d'emblée de saisir à quel point nous sommes à des années lumières des caricatures méprisantes des macronistes qui s'étalent partout. La conscience de l'enjeu collectif est leur moteur. Un conducteur de trains, en grève depuis le 5 décembre, jeune père de deux enfants, parle de la tradition de résistance et fait mention de l'histoire, celle de la Résistance, celle qui a valu aux cheminots une part de leur statut et de leur reconnaissance. Là est le bon sens et la sagesse.

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Ensuite, dans le cortège, la première chose qui frappe, c'est la présence policière. Des flics, partout, à chaque rue du parcours, robocops aux allures patibulaires, Tendus, souvent jeunes, barbus. Les plus vieux ont parfois l'air de sortir d'un dessin de Cabu. Les LBD se portent le doigt sur la gâchette, ostensiblement. Il y a quelques jeunes femmes aussi, au regard dur, machoires serrées. L'une range son drône, l'autre filme avec application ou simplement observe. Et les centaines de policiers bouclent tout. Car bien en amont de la gare Saint-Lazare, impossible de sortir du cortège. Refus des policiers abrités derrièreère leur visière, leur bouclier, leur matraque et tout leur attirail. Ils sont terrifiants et jouent à l'être. Personne ne passe. On est dans la nasse.
Alors, à Saint-Lazare, bien sûr, ça ne passe pas. Les lacrymos pleuvent comme à la télé. Les gaz commencent à piquer les yeux.

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Partir, mais comment ?
L'absurdie : les flics nous disent de remonter le cortège pour trouver une sortie... Mais on en vient, de là-bas, où d'autres, déjà, interdisaient la sortie.
C'est cela la liberté de manifester ? A moins que ce ne soit la volonté de dissuader de manifester... Raté. A samedi !
Et qu'importe qu'à la Une du Monde et de tant de médias, ce soient les chiffres de participation de la police qui tournent en boucle. Le pouvoir agit comme Thatcher en son temps. Autoritaire et buté, il doit détourner le réel, jouer la guerre idéologique et médiatique.

Au risque de plus en plus certain que cela se termine très mal

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