Dans mon avant-dernier billet, je me demandais si la baisse du PIB devait être forcément prise comme une catastrophe. Or le Monde daté d'aujourd'hui en remet une couche avec son éditorial. La France serait plus en danger que certains autres pays européens car son PIB aurait plus baissé. Il n'y en pas assez de ces pays qui veulent montrer qu'ils ont un plus gros PIB que leurs voisins ! C'est fini, ces enfantillages ! Le PIB est un indicateur de pollution, de destruction de l'environnement, de profits à court terme. Le PIB ne peut pas monter indéfiniment, on a plus besoin de redistribution que de croissance.
Comme je l'ai écrit, les 39 familles les plus riches continuent de s'enrichir, d'augmenter leurs parts de capital, baisse ou non du PIB. La richesse permettra toujours aux plus favorisés d'avoir toujours plus. Il faut donc changer de priorités. Les journaux sont schizophrènes : le Monde du 6 mai publie un éditorial pour se lamenter de la baisse du PIB et le jour d'après un interview de Nicolas Hulot et son manifeste pour l'après-covid avec une invitation à un vrai changement de modèle. On ne peut pas s'alarmer en même temps d'une augmentation moins rapide du PIB et d'une dégradation de l'environnement.
Quelques principes énoncés dans ce manifeste qui illustrent ce choix à faire :
Le temps est venu d’appréhender l’ensemble des crises écologiques, climatiques, sociales, économiques et sanitaires comme une seule et même crise : une crise de l’excès.
Le temps est venu de préférer le juste échange au libre échange.
Le temps est venu d‘une économie qui préserve et redistribue à chacun.
Le temps est venu de la cohérence, et de réorienter nos activités et nos investissements vers l’utile et non vers le nuisible.
Le temps est venu de valoriser prioritairement les métiers qui permettent la vie.
Le temps est venu de ralentir.
Je finirai par celui-ci, qui a nécessité, nécessite et nécessitera tant de luttes, dont le combat ne prendra jamais fin :
Le temps est venu de déclarer que le racisme est la pire des pollutions mentales.