Ali Ben Bongo Ondimba, le self-made president, et le peuple gabonais : un divorce sans mariage

 

« Une fois que j’ai fait un nœud en mon cœur, vous aurez beau me violenter ; vous ne parviendrez jamais à le défaire. »

Pierre-Claver Zeng, « Qu’entendent les oreilles ? »

 

Le mariage est une union de deux personnes ayant les mêmes valeurs morales, spirituelles et culturelles en partage. Il en est ainsi des hommes politiques et des peuples qu’ils gouvernent. Les Gabonais pouvaient déplorer la gouvernance d’Omar Bongo Ondimba, ils se sentaient néanmoins des attaches culturelles avec lui. Lors des bains de foule, on le voyait souvent esquisser des pas de djobi ou se déhancher au rythme d’autres danses issues du patrimoine national. Cette mise en scène politique participait d’une adhésion émotionnelle sincère et d’un véritable ancrage aux valeurs culturelles du pays. Soyons clair : nous ne cherchons pas ici à réveiller les vieux démons de la question relative à la nationalité gabonaise du président actuel, personne ne peut la lui contester ; mais nous allons essayer de montrer que la politique dite « d’Emergence », salutaire en soi, confine à une propagande qui sert d’écran de fumée pour masquer l’immense fossé culturel qui sépare une bonne majorité de la population gabonaise et le chef de l’Etat. Plus loin, nous verrons avec l’humaniste Léopold S. Senghor qu’une émergence économique non enracinée dans les valeurs culturelles d’un peuple conduit à la ruine de l’âme.

 

I Le dilemme de la non-reconnaissance réciproque

 

A l’origine, le fossé entre Ali Ben Bongo Ondimba et une bonne majorité de la population gabonaise s’est creusé à partir de la stratégie mise en place pour accéder au pouvoir et pour le consolider : les élections tronquées. De facto et ipso jure, il a engagé ses compatriotes dans une logique de non-reconnaissance réciproque. Ali Ben Bongo aurait alors beau jeu de les abreuver d’une rhétorique incantatoire sur la performance économique, la probité, le sens de la responsabilité, ils resteront résolument enfermés dans leur surdité volontaire. « Cause toujours, tu m’intéresses », répliquent nombre d’entre eux en une attitude de résistance, de défiance et de rejet d’un pouvoir usurpé.

Depuis l’année 1967, les Gabonais sont aux prises à un processus historique bloqué. En proie au rêve d’un Etat de droit sans cesse renvoyé aux calendes grecques. En quête d’une cité de l’Homme dont ils doutent de l’avènement sous le règne hégémonique des Bongo. Alors beaucoup se taisent, restent calfeutrés dans le silence, ne tendent plus l’oreille à l’évangile gouvernemental du fait que le prédicateur en chef a sapé les bases à partir desquelles se bâtit un projet commun : la confiance. Pour nous démentir, il serait judicieux de commander des enquêtes d’opinions à même d’évaluer la côte de confiance du président et l’adhésion de la population à ses promesses d’émergence.

La confiance — contrat moral nécessaire à toute entreprise humaine — a-t-elle jamais existé entre le peuple gabonais et les acteurs politiques ? Ali Ben Bongo Ondimba, épinglé dans diverses affaires en France et aux Etats-Unis, est-il qualifié pour faire aux Gabonais un sermon sur le respect des valeurs morales ainsi que l’indique le communiqué officiel, publié au lendemain de la formation de sa nouvelle équipe gouvernementale ? « Le Président de la République, Chef de l’Etat a, une fois de plus condamné », peut-on lire, « le clientélisme politique et la médiocratie qui doivent laisser la place à la méritocratie et à l’élitisme. A cet effet, toutes les déviances doivent être sanctionnées avec la plus grande fermeté, conformément aux dispositions législatives et réglementaires en vigueur dans notre pays. » Vient ensuite une liste exhaustive de prescriptions morales à observer : « l’honnêteté et l’intégrité, l’équité, le sens de la responsabilité, la solidarité, la transparence, la compétence et la performance, la loyauté et la fidélité. »

On est bien en droit d’exiger du chef de l’exécutif qu’il commence par faire la lumière sur lui-même en commandant un audit sur ses biens personnels, ceux de sa famille et la manière dont ils ont été accumulés. La probité doit d’abord s’appliquer à soi-même si l’on veut éviter les sermons d’Hypocrite.

Hypocrisie. Cynisme. Nihilisme. Incontestablement. Comment le discours émergent peut-il sonner aux oreilles des populations de Libreville qui ont vu leurs habitations détruites à la veille de la Coupe d’Afrique des Nations. Ces pauvres familles n’ont jamais bénéficié de la solidarité nationale, du sens de l’équité et de justice que professe Ali Ben Bongo Ondimba lequel, dans la foulée, se dresse contre le clientélisme, la médiocratie en faveur de la méritocratie, la compétence, la performance, la probité, valeurs qu’il porte comme un gant.  Lui, le self-made president, a « sué » des années durant dans les universités françaises et américaines avant de parvenir au plus haut sommet de l’Etat. A l’image de Teodore Nguema Obiang Mengue en Guinée Equatoriale, il a toujours payé ses lubies et fantaisies de ses efforts acharnés au travail.

Méritocratie, compétence, performance, probité ! Le nouveau guide éclairé du Gabon a incontestablement déployé ses qualités pendant les longues années passées dans le gouvernement de son père. Il les a déployées en 2009 et 2011, lorsqu’il a fallu opérer une double OPA (offre publique d’achat) sur le pays au travers de pseudo-élections. Examinons plus avant les valeurs d’émergence à l’aune de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur au Gabon. Quels sont les projets censés dynamiser un secteur qui constitue la pierre angulaire de tout développement ? La soixantaine de véhicules que le méritocrate Séraphin Moundounga a distribués dernièrement à ses subalternes ? Les quelques bâtiments en construction çà et là ? Et que dire du background du ministre de l’Enseignement supérieur, censé aller instruire le procès en incompétence aux enseignants de l’Université Omar Bongo ?

Les Etats-Unis restent la première puissance économique car ils disposent du réseau d’universités et de business school le plus performant au monde, vivier inépuisable de beaux cerveaux dans lequel puisent la haute administration et les grandes entreprises américaines. Barack Obama n’eût jamais été le premier président métis des Etats-Unis si l’université de Harvard ne lui avait donné sa chance. Dans ce pays, l’incompétence d’un président, e.g. George W. Bush, est souvent compensée par la présence au sein de son cabinet de personnalités universitaires qui excellent chacune dans son domaine. C’est ainsi que, confronté au naufrage économique de son pays en 2008, Barack Obama, dont le monde entier, à part peut-être la chaîne de télévision Fox News et l’électorat républicain, loue l’intelligence et la perspicacité, s’est entouré de meilleurs économistes : Larry Summers (Harvard) pour la direction du Conseil national économique et Christina D. Romer (Berkeley) à la présidence du Conseil des conseillers économiques. Plutôt que de dépenser des fortunes dans des résidences destinées aux ambassadeurs, ne faudrait-il pas réaliser des investissements massifs dans le capital humain ? Dans la modernisation de l’enseignement supérieur par la mise en place des technologies et des réseaux de communication avancés susceptibles d’aider les chercheurs (chapeau au mathématicien Philippe Nang pour le prix Ramanujan 2011) et étudiants méritants. Aujourd’hui, il est triste de voir de jeunes Gabonais arriver en Europe pour des cycles d’études bac + 2 ou bac + 3, alors que le pétrole qui coule de Port-Gentil à Malabo auraient pu, à l’image de la co-organisation de la CAN, favoriser une synergie universitaire en vue de la formation d’une élite sous régionale.

 

II Ali Ben Bongo, un muezzin sans ouailles

 

Quelles que soient les intentions du régime actuel, l’absence de légitimité démocratique demeure son péché originel. La parole d’Ali Ben Bongo manque de crédibilité et ne saurait faire autorité parce qu’elle pèse aussi lourd que les paillettes et les confettis qui ont accompagné son ascension au trône du Gabon. De fait, l’homme évoque un prédicateur sans ouailles. Il prêche à un Gabon qui ressemble à une église fantomatique. Un pays où les nationaux vivent tels des exilés. En l’écoutant, on pense à ces prédicateurs blancs du Sud des Etats-Unis au 18ème siècle, qui servaient aux esclaves noirs l’évangile raciste de soumission à leurs maîtres blancs. Les esclaves se contentaient d’une oreille sourde à ces discours obscènes. C’est que leur silence renvoyait l’Amérique à son « dilemme », à l’inacceptable crime d’esclavage, finalement résolu par une horrible guerre civile. En Afrique du Sud, les Blancs avaient régné par la force et la violence jusqu’au jour où Nelson Mandela et d’autres jeunes activistes noirs ont décidé de créer l’Umkhonto we Szwe, — « La Lance de la Nation », branche armée de l’ANC — pour dire aux partisans de l’apartheid : « ça suffit comme ça ! ». On ne peut continuer de bafouer les aspirations naturelles d’un peuple sans qu’un jour les responsables finissent tel Mouammar Kadhafi fuyant à travers le désert de sa chute finale.

Ali Ben Bongo pourrait offrir tout l’or du monde aux Gabonais, on doute néanmoins qu’il parvienne à conquérir leur cœur, à se faire pardonner son crime originel : le règne par la fraude électorale et les forces armées. L’amour est un sentiment profond. Il ne s’achète pas. Il est naturel, direct et spontané. Entre le président actuel et le peuple gabonais, on ne peut même pas parler de divorce car il n’y a jamais eu de mariage. Quand un homme prend une femme en usant de violence, un tel comportement a une définition en droit. La haine durcit alors dans le cœur de la créature violée au point de la rendre inconsolable. A moins qu’il y ait réparation sous la forme d’une commission de réconciliation et de vérité.

Loin d’un signe de passivité, le silence actuel du peuple gabonais est bien une opinion. Un indicateur du sentiment de rejet que lui inspire le régime actuel. Comment peut-il en être autrement lorsque la stratégie première de l’émergence consiste en un verrouillage institutionnel visant à un contrôle absolu  de tous les pouvoirs ? L’on manipule, comme au temps d’Omar Bongo Ondimba, l’échiquier politique en déplaçant quelques pions ça et là, tandis que les maîtres du jeu restent les mêmes.

Je dirai, au risque de quelques raccourcis, que le général de Gaulle fut, directement ou indirectement, à l’origine des modèles politiques à l’œuvre dans la plupart des pays d’Afrique francophone. Il s’était fait tailler une « monarchie républicaine » sur mesure, imposée par les crises politiques de son temps telle la guerre d’Algérie. Une « monarchie démocratique ou élective » si l’on veut mieux filer l’oxymore. Ce type de régime que Thomas Jefferson, homme d’Etat américain, avait qualifié bien des siècles auparavant de « despotisme électif », et contre lequel avait été créé le système américain du checks and balances.

Si l’émergence se veut substantielle, ne devrait-elle pas viser a priori la déconstruction du « despotisme électif » dont les dérives constituent un redoutable frein au décollage économique des pays africains ? Nous ne pouvons éluder la question de la refondation de l’Etat démocratique postcolonial. Pour cela nous serions bien avisés de refuser les services des marchands de Constitution étrangers qui vendent au prix fort les textes juridiques dans des cartons telles des bouteilles de cognac prêtes à la consommation. Tous, universitaires, fonctionnaires, étudiants, élèves, ouvriers, paysans, seront amenés à s’exprimer sur le modèle d’Etat et de gouvernement propice à l’émergence du Gabon. Cela s’appelle une « Convention constitutionnelle » dont le premier paragraphe devra commencer par NOUS LE PEUPLE GABONAIS à l’instar du « We the people » de la Constitution américaine. Nous serons tous invités à mettre la main à la pâte. A participer à l’élaboration de schémas institutionnels originaux, issus de notre entendement de Nègres métis, capables de tenir dans des livrets d’une vingtaine de pages, traduits dans les langues nationales et accessibles à l’ensemble de la population.

J’entends déjà s’élever le chœur de railleurs et de ricaneurs, les cris d’orfraie et les ululements de hibou : « Monsieur-Sans-Qualifications » veut maintenant jouer aux apprentis-sorciers constitutionnalistes. Ma réponse est simple : que les vieux nganga expérimentés de la politique africaine n’ont-ils conduit notre continent à la dérive cinquante ans après les pseudo-indépendances. Et puis, du petit nganga au grand sorcier-savant, il y a bien des étapes initiatiques. En 1787, lors de la Convention constitutionnelle de Philadelphie, tous les délégués américains n’avaient pas l’érudition juridique d’un James Madison. Beaucoup y avaient pourtant opposé de la résistance contribuant à l’écriture d’une Constitution originale, conforme à un idéal commun, laquelle a traversé des siècles même si aujourd’hui elle nécessiterait un savant dépoussiérage. Certes inspirée de la pensée politique européenne, en particulier celle de Montesquieu et de John Locke, sa haute teneur morale réside dans le fait qu’il est le produit de l’ENTENDEMENT et du TEMPERAMENT américains. Tout le contraire des pays d’Afrique noire où une petite minorité de décideurs sans légitimité fonctionne sous le diktat intellectuel de sorciers blancs.

 

III Quête effrénée d’émergence et  viol de l’âme noire

 

Dans le monde, il existe divers modèles d’émergence, souvent influencés par la singularité de chaque histoire politique et le contexte local. Le modèle chinois oppose de la résistance aux idéaux démocratiques — pourtant nécessaires à la gestion des forces et des contradictions inhérentes aux économies libérales — parce qu’il cherche à préserver une civilisation millénaire, l’enjeu étant son ajustement progressif aux exigences de la modernité. Imaginons le danger que courrait la Chine, véritable mastodonte démographique, si elle venait à s’ouvrir, dans un mouvement spontané, aux secousses brutales et imprévisibles de la démocratie. Mais tôt ou tard, les déséquilibres et les inégalités économiques amèneront ce pays à revoir son modèle de gouvernance.

Quant à notre histoire, elle semble plus proche de celle des pays d’Amérique latine, lesquels, comme les Etats africains, ont vu le jour à la suite de ce qu’il est convenu d’appeler un « saut ontologique ». Notre apparition brutale dans le régime d’historicité européen a provoqué une rupture en nous, une « blessure » fondamentale dont nous n’avons pas encore trouvé les justes remèdes. L’Afrique noire est toujours en pleine errance. Elle cherche à écrire sa modernité. Pour autant son ancrage au monde contemporain n’obéit pas aux seuls paramètres économiques. L’arrimage ne sera effectif que sous l’impulsion d’un projet de civilisation issu de notre ENTENDEMENT et TEMPERAMENT. Plus que le retard économique, l’Afrique semble davantage moralement et philosophiquement désaxée. Désorientée. Elle n’a pas encore trouvé son orbite dans le système mondial. L’Europe, la Chine, les USA ressemblent à de grosses planètes qui continuent de la soumettre à leur force gravitationnelle et en font toujours leur satellite. Notre émergence ou présence dans le système planétaire apparaît alors indissociable de la reconstruction de l’espace ou de l’orbite de notre Être.

A la période de la Renaissance, l’Europe avait renouvelé son Être-au-monde grâce à la redécouverte et à l’appropriation des valeurs culturelles issues de la tradition hellénique. Pour sortir du Moyen Âge, elle sut trouver un souffle nouveau par un retour aux fondamentaux gréco-romains, dont elle tient l’essentiel de son ossature actuelle. Tel apparaissait également le projet fondateur de la négritude senghorienne : restaurer, redécouvrir et faire découvrir la culture africaine, dénigrée pendant des siècles.

L’émergence économique peut-elle se poser comme une finalité en soi ? Quelle en est l’âme ? D’où tient-elle sa substance morale, spirituelle et philosophique ? Patience Dabany, Notre-Mère-Djazzeuse d’Afrique noire, dans une de ces chansons, invite les « jaloux » de mon espèce à laisser son « fils-sauveur » du Gabon avancer. Reste une question : vers quel horizon ?

Synonyme de libéralisation sans entraves, l’émergence ne prépare-t-elle pas la ruine de l’âme gabonaise ? L’oubli de l’Homme ? Or Léopold Sédar Senghor nous dit dans un magistral discours prononcé à Dakar en 1966 : « le développement intégral de ‘l’homme et de tous les hommes’ [vise d’abord] l’épanouissement – voilà le mot – de toutes ses facultés, de toutes ses virtualités en vertus. C’est en ce sens que l’homme, c’est-à-dire la culture, est au commencement et à la fin du développement économique et social. » Et André Malraux d’approuver : « La culture, c’est ce qui répond à l’homme quand il se demande ce qu’il fait sur terre. » Plutôt que l’appel darwinien pour la conquête sauvage du Gabon, l’humanisme senghorien devrait éclairer notre chemin vers le futur. Nous servir de balise au sein d’une humanité mue par l’obsession de l’accélération et semble courir vers l’abîme. L’Occident vit un régime d’hyper-développement avec ses TGV, ses avions A380, ses systèmes financiers high-speed trading. Elle veut continuer la course en tête sans jamais s’arrêter ni souffler au point de provoquer le naufrage des pays qui n’arrivent plus à suivre. La Grèce, patrie de Platon, en fait aujourd’hui l’amère expérience, qui semble retourner aux temps des cavernes, vit son mythe de l’Atlantide socio-économique. En effet, ce mythe semble extraordinairement d’actualité car l’engloutissement de l’île d’Atlantide au fond de la mer, à la suite d’une catastrophe géologique, était une réponse des dieux à la déchéance morale de ses habitants, « l’enflure malsaine » (République), à laquelle les avaient conduits la recherche effrénée des biens matériels après avoir tourné le dos aux nourritures lumineuses.

Il faut débattre du modèle politico-économique qu’Ali Ben Bongo Ondimba veut instaurer au Gabon. Parce que son « Emergence » parle le langage de la violence propre au libéralisme échevelé, il faut réfléchir à une véritable gouvernance destinée au développement humain. Cela commence par un questionnement philosophique censé illuminer notre chemin : l’homme est-il devenu une bête consumériste ? La fabrication et la possession des biens matériels sont-elles le moteur ontologique de l’humanité moderne ? Notre réponse est que la problématique du développement ne saurait se poser selon les termes d’une course effrénée pour rattraper on ne sait qui, d’une concurrence acharnée ou d’une volonté de puissance ostentatoire. Elle nécessite, à mon sens, quelques piliers simples qu’on appellera  standards de vie : la culture de l’esprit et du corps ainsi que la promotion des arts à travers un système éducatif bien pensé et articulé, le confort de l’habitat, le travail, la sécurité alimentaire et sanitaire, un réseau routier à même de favoriser le développement d’un espace commercial local et sous-régional. Le développement comme course frénétique vers le triple A+ fera sombrer notre humanité si l’on n’y prend garde. Pourquoi s’engouffrer dans une voie semée de dangers clairement identifiés ? Laissons les autres faire la course vers l’Atlantide (le naufrage) et concentrons nos ressources sur de simples standards. Qu’a-t-on besoin d’émerger alors que nous sommes ? Nous existons ! Le but véritable du développement économique n’est-il pas d’assurer à l’homme la stabilité de son existence ? En la matière, la première loi fondamentale consiste à respecter l’aspiration naturelle de l’homme au libre choix. En l’absence d’une telle éthique, Ali Ben Bongo Ondimba et le peuple gabonais resteront définitivement divorcés sans avoir jamais été mariés.

 

Marc Mvé Bekale

Maître de conférences (Université de Reims)

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.