Probité à la mairie de Paris : Anne Hidalgo et l’avocat du kleptomane Teodorin Nguema Obiang Mangue

La première décision d’importance prise par Anne Hidalgo dès son élection à la mairie de Paris a été de couper les mauvaises têtes à même de « pourrir » sa gouvernance. De toute évidence, le devoir de probité au sein de son équipe fut à l’origine de la démission de Yasmina Benguigui, élue sur la liste du 10e arrondissement, du poste de conseillère de la ville de Paris. Ancienne ministre déléguée à la Francophonie, Mme Benguigui était soupçonnée, par la Haute Autorité à la transparence politique, d’avoir fait de fausses déclarations sur son patrimoine. D’Après l’hebdomadaire Marianne, elle aurait planqué en Belgique des actions d’une valeur de 430.000 euros. En décidant de l’écarter, Mme Hidalgo inscrivait son action dans une logique d’assainissement de la vie politique française marquée par des « affaires » qui touchent jusqu’à l’ex-président Nicolas Sarkozy. Pourtant, en lisant Le Monde.fr du 5/04/ (http://www.lemonde.fr/paris/article/2014/04/05/conseil-de-paris-anne-hidalgo-opte-pour-une-equipe-reduite_4396435_1779311.html), l’on apprend la nomination — comme délégué chargé des relations internationales et de la francophonie — de Patrick Klugman, avocat d’un délinquant financier et kleptomane africain de la pire espèce : Teodorin Nguema Obiang Mangue, fils du dictateur Téodoro Obiang Nguema. En tant qu’avocat, M. Klugman est libre du choix de sa clientèle. Mais il est choquant, inadmissible de le retrouver au sein d’un dispositif administratif qui cherche à faire de la probité un de ces paradigmes de gouvernance. Maître Klugman reçoit une promotion après avoir défendu un criminel financier sur lequel pèse un mandat d’arrêt international. N’y a-t-il pas chez Anne Hidalgo une attitude du « double standard » (deux poids deux mesures) qui semble révélatrice du mépris des dirigeants français envers les Africains ?

Quand M. Klugman défend les intérêts d’un homme qui ruine son pays, il  œuvre en même temps pour la paix au Moyen-Orient. On se demande comment maître Klugman négocie ce type d’écart moral. Sur le Moyen-Orient, il est mû par de hautes valeurs humaines, lesquelles sont mises entre parenthèses une fois qu’il a enfilé sa robe d’avocat, prenant faits et causes pour un individu dont la cupidité, le consumérisme totalitaire, décrit récemment par Médiapart (http://www.mediapart.fr/journal/international/120414/art-corruption-vice-president-equatorial-guineas-astonishing-collection-masterpieces ) pourrait provoquer la guerre dans son pays parce que, à l’instar de tous les autocrates et fils d’autocrates d’Afrique noire, ils font le malheur des populations. Et quand cette guerre éclatera M. Klugman sera de la mission qu’on enverra éteindre le feu allumé par son client avant de se voir décerné les couronnes de bienfaiteur de l’humanité.

Marc Mvé Bekale

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