Présentation des Sciences de l'Information et de la Communication

Les sciences de l'information et de la communication sont une spécificité française. En effet, nous sommes le seul pays a relier les deux disciplines (l'information et la communication) qui partout ailleurs sont l'objet de deux champs disciplinaires distincts. Pourtant, si on y réfléchit bien, les deux concepts sont étroitement liés : il ne peut y avoir d'information sans communication, et de communication sans information. La création de cette discipline est assez tardive, au cours du XX° siècle. En france, Les Sciences de l'information et de la communication existent ainsi suite à la création en 1975 d'une "section" spécifique (la 71e) au Conseil National des universités.Un de leurs enjeux est de définir de façon rigoureuse ce qu'est l'information et ce qu'est la communication, et d'en explorer l'organisation et la tensions internes ou externes. Partie d'une conception "technique" issue de la "théorie du signal" élaborée par le mathématicien Claude Shannon, et de l'explosion de la "cybernétique" qui regroupait "sciences dures" et "sciences humaines" elle ont évoluée vers une approche plus "littéraire" suite à l'irruption de l'approche structurale (et linguistique), sans oublier une approche sociologique de la culture qu'elles ont contribuées à renouveller . Une de leur richesse est d'avoir les premiers accordé de l'importance a des sujets négligés, ou peu traités (comme la télévision dès les années 60, les jeux vidéo maintenant) elle ont accompagné l'essort des "nouvelles technologies", en particulier informatiques, qui leur ont donné une visibilité renouvelée

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Les sciences de l'information et de la communication sont une spécificité française. En effet, nous sommes le seul pays a relier les deux disciplines (l'information et la communication) qui partout ailleurs sont l'objet de deux champs disciplinaires distincts. Pourtant, si on y réfléchit bien, les deux concepts sont étroitement liés : il ne peut y avoir d'information sans communication, et de communication sans information. La création de cette discipline est assez tardive, au cours du XX° siècle. En france, Les Sciences de l'information et de la communication existent ainsi suite à la création en 1975 d'une "section" spécifique (la 71e) au Conseil National des universités.

Un de leurs enjeux est de définir de façon rigoureuse ce qu'est l'information et ce qu'est la communication, et d'en explorer l'organisation et la tensions internes ou externes. Partie d'une conception "technique" issue de la "théorie du signal" élaborée par le mathématicien Claude Shannon, et de l'explosion de la "cybernétique" qui regroupait "sciences dures" et "sciences humaines" elle ont évoluée vers une approche plus "littéraire" suite à l'irruption de l'approche structurale (et linguistique), sans oublier une approche sociologique de la culture qu'elles ont contribuées à renouveller . Une de leur richesse est d'avoir les premiers accordé de l'importance a des sujets négligés, ou peu traités (comme la télévision dès les années 60, les jeux vidéo maintenant) elle ont accompagné l'essort des "nouvelles technologies", en particulier informatiques, qui leur ont donné une visibilité renouvelée

Histoire des théories de l'information et de la communication

 

La Théorie de l'information et la cybernétique

La premiére théorie de l'information est une théorie issue d'une approche purement technicienne, marquée par les traveaux du mathématicient Claude Shannon dans la "théorie du signal" consécutive à la mise en place du radar et des premiers lanceurs autoguidés. Mais mis a part une méthodologie technicienne (l'information est censée désigner un message parcourant un médium, comme dans le téléphone) il va également concevoir le concept d'information ayant à voir avec le second principe de la thermodynamique, l'entropie : l'information se dégrade irrésistiblement. Pour assurer une transmission fiable, il faut donc augmenter la redondance (pour compenser les pertes) Mais la redondance exagérée finit par nuire car elle ennuie. Pour éviter cela il faut introduire l'entropie, le désordre pour attirer à nouveau l'attention.

 

La cybernétique est à l'origine la science des machines autorégulées (les premiers automatismes) ; étant "informées" sur leurs résultats, elles se corrigent elles-mêmes.

La démarche de Wiener est à replacer dans le contexte post-traumatique des années de la guerre, marqué par la crainte très réelle que nos sociétés ne retournent au chaos c'est-à-dire à l'entropie. Norbert Winer parle explicitement des risques de dégénérescence de notre société La seule façon de faire reculer le chaos est de créer, localement, des îlots d'ordre ou de néguentropie, par l'intermédiaire de l'information. Pour la même raison, il supprime également les distinctions entre le vivant et l'artificiel, l'âme et le corps, l'esprit et la machine. La logique du raisonnement est indifférente à la matérialité des supports : ce n'est pas le "hardware" qui qualifie les phénomènes, mais la structure logique des événements ou des comportements.

La question de l'information devient donc centrale La cybernétique est une étude du comportement qui examine l'objet ou le sujet sous l'angle de l'information.

Le courant structuralo fonctionnaliste

L'étude de la communication de masse était jugée comme décisive à l'époque (entre la fin de la seconde guerre mondiale et les années 60) en raison de l'influence supposée de la propagande (que ce soit celle des nazis ou des communistes) et de l'irruption de nouveaux moyens de communication de masse (télévision)

Les études portaient sur la recherche des relations directes, immédiates ou "de cause à effet" entre tel message et tel comportement de la part des récepteurs. Mais ce paradigme ne convient pas à la production des messages de masse. Les études que ce courant inspira mirent cependant en évidence la résistance des citoyens consommateurs aux injonctions de la propagande.

 

 

Au même moment, un courant distinct issu de la systémique (étude d'un dispositif comme d'un "ensemble" non réductible à la somme de ses parties) allait engager une nouvelle approche de la communication : l'école de "Palo Alto". Ils ont élaboré une théorie interdisciplinaire à partir des recherche d'un antropologue réputé, Grégory Bateson.Lors d'une conférence sur la rétroaction (feed-back négatif) il écouta Wiener parler des processus digitaux –numériques- (sur le contenu et sur le symbole) et analogiques (rapport direct, qui joue sur la relation). Il découvre ainsi la démarche systémique. C'est en étudiant le comportement des loutres qu'il découvre la méta communication. En 1954 il s'intéresse à la schizophrénie avec Jackson spécialiste de la thérapie familiale. En 1958-1959 un autre groupe mené par Jackson voit le jour c'est le " Mental Research Institut " (MRI) orienté vers la recherche clinique. Leurs élaborations partent de trois prémisses :La communication existe dans les processus relationnels et interactionnels.- Tout comportement a une valeur communicative (y compris le silence).- Les troubles psychologiques provoquent des perturbations de la communication. Les concepts de la systémique permettent ensuite d’analyser le message dans son contexte, dans l'ensemble des relations qui composent le système. Rétroaction, régulation (concepts empruntés à la cybernétique).

 

 

 

L'analyse linguistique et la théorie critique

L'analyse linguistique allait avoir une importance centrale dans les analyses des sciences de l'information et de la communication, que ce soit le clivage cher à Saussure entre le signifiant et le signifié et les "actes de langage" de John L Austin et l'importance du "performatif" (quand l'acte de langage devient un fait matériel) Lévi-Strauss voulut constituer une vaste théorie de la communication en utilisant le modèle de la linguistique structurale de Jakobson. Selon lui la communication est essentiellement échange de mots : phonèmes dans l'échange verbal de biens : marchandises dans les échanges économiques de femmes dans les structures de parenté. On voit donc que la linguistique va servir de modèle aux sciences humaines (donc à la communication) et que la société est conçue comme le lieu d'une communication, d'une circulation, d'un échange.

La théorie critique issue des traveaux des philosophes Adorno et Walter Benjamin va aussi avoir un rôle important dans l'élaboration d'un corpus d'approches et de méthodes pour mesurer l'influence de l'industrialisation de la culture et de ses enjeux.

Approches interdisciplinaires et nouvelles questions

Dès l'origine de la discipline, celle ci a été conçue comme une interdiscipline pouvant intégrer une pluralité d'approches et de pratiques. Mais plusieurs conceptions de cette interdisciplinarité existe. La première renvoit aux champs d'origine des spécialistes des SIC (histoire, sociologie, mathématique, etc) mais risque d'entrainer une balkanisation de la discipline,la seconde s’interroge de façon critique sur la composante idéologique de la communication (information, rôle des médias)

Ces tensions impliquent de nouvelles questions et de nouvelles hypothèses de recherche :

Les limites des théories générales de l'information et de la communication ?

Les théories générales sont des problématiques partielles ; elles sont guettées par le réductionnisme (pour les linguistes toute la communication repose sur le langage).

Rapports entre information et communication

Philosophes et sociologues nous invitent à distinguer entre informer, communiquer et savoir.L'information n'est qu'un chapitre de la communication qui combat l'incertitude (dans l'information il n'y a pas de feed-back qui aurait une action sur le déroulement). On impute les dérives de l'information à la communication. L'information et la communication ont une destinée liée depuis les sociétés de l'Antiquité même si les supports de la communication ont évolué, en fait les deux notions sont indissociables.

Aux USA, en Espagne, au Canada la communication est enseignée, en tant que matière propre, dans les Facultés depuis 40 ans, en France depuis 20 ans. En Allemagne, en Italie, elle ne figure que pour une petite partie aux programmes de philosophie et de sociologie.

Les sciences de l'information et de la communication sont ils vraiment des science ?

Elles figurent de plus en plus dans toutes les disciplines :

- production de message et de sens face aux dispositifs techniques. Il y a un message, il y a un sens mais ce sens est différent selon l'émetteur, les techniques employées...
- insertion sociale des techniques (vidéo, Internet, minitel) comment les intégrer ?
- conception et réalisation des messages,
- étude des processus de médiation

mais leur succés même pose le probléme de leur scientificité, elles sont confondues avec la "communication" uniquement publicitaire, et même le formidable développement d'internet et de l'autoproclamée "société de l'information" fait prendre à la discipline le risque de l'hagiographie

 

 

 

 

 

 

 

 

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