Une pandémie, ce n'est pas la guerre

L'épidémie, c'est la guerre ! Derrière ce martial discours qui fleure bon son 1984 en état de surchauffe, on en revient aux discours de guerre froide où "le communisme" était assimilé a un virus et ou les épidémies nécessitait une mobilisation bien entendu encadrée par quelques vieilles badernes en uniforme. Déconstruction d'un discours pernicieux, inefficace et dangereux

Ce qui se cache derrière le discours martial

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Illustration ; le virus n'a qu'a bien se tenir

Macron nous l'a dit et répété : le coronavirus, c'est la guerre. Il nous l'a même répété plus de six fois dans son martial discours. On sentait qu'il brûlait de se présenter en costume de général de gaule, petite moustache et képi étoilé.

Au delà des fantasmes personnels qui ne regardent que lui, ce discours avait aussi un objectif politique : obtenir "l'union sacré" dans un pays déchiré par une grave crise politique et sociale et permettre à la soldatesque de se déchaîner. C'est que dans les résidence cossues ou se prennent réellement les décision, ils savent tout de nous : il savent que le français est volontiers gueulard, guère discipliné et qu'au final il n'en fait qu'a sa tête. 

Cette méthode a au moins le mérite (pour eux) de ne pas etre très nouvelles C'est que le pli est pris : les gilets jaunes, c'est la guerre, les mahométans c'est la guerre, les pauvres qui ne font que zieuter méchamment nos  SUV gros comme des paquebots  (mais attention, électrique !)  et nos villa luxueuses c'est la guerre, etc 

On ne change pas une méthode qui marche si bien. Pour eux, tout du moins.... Après on se demande si les "forces de l'ordre" sont bien équipée pour faire respecter le couvre feu. Qu'on se rassure : ils ont touché leur content de grenade lacrymogènes et offensives et leur pistolet à éborgner... 

Etat de guère 

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Illustration : manifestation des uurgences contre leur misére structurelle

Le probléme c'est que ces déclarations martiales cachent mal la grande misére du systéme de santé français. Et que nous risquons d'en payer le prix fort ! Il suffit de comparer la situation médicale en france et en allemagne par exemple : les structures capable d'agir proactivement contre le virus sont moins nombreuses, moins bien dotées et bien moins en situation d'etre efficace.

On s'est par exemple demandé pourquoi le taux de mortalité des allemands était bien moindre que celui des français :  info tirée de "france info fr Lundi 16 mars, l'Allemagne recensait ainsi 6 012 cas confirmés, dont 13 morts (soit un taux de mortalité 0,2%), selon l'Institut Robert Koch, l'établissement allemand responsable du contrôle et de la lutte contre les maladies au niveau fédéral. La France comptabilisait dans le même temps 6 633 cas confirmés, dont 148 morts (soit un taux de mortalité de 2,2%  Il y a bien des raisons objectives à cette situation. On a pu par exemple noter que la population allemande avait été bien plus et bien mieux testée que la notre, ce qui fait qu'un taux égal de contamination montre surtout un stade plus précoce de contamination, ce qui expliquerait en partie ce taux de mortalité moindre. 

Les solutions possible a la pandémie sont connues : isolement et hygiéne (se laver les mains se moucher en faisant trés attention a ne pas répandre le virus, etc Mais assez bizarrement on ne parle jamais des causes  Dans le passé y compris le passé proche, toutes les grandes catastrophes ont conjugué des actions venant des forces de la nature avec des interventions humaines. Le tsunami au Japon qui a conduit au terrible accident nucléaire que l’on connaît n’aurait pas détruit toute une région si les centrales nucléaires avaient été érigées d’une manière davantage sécuritaire. Un très grand nombre de personnes parmi les milliers qui sont mortes en Haïti à la suite du tremblement de terre de 2010 auraient été épargnées si Port-au-Prince n’était pas constitué d’une série de bidonvilles sans protection. Est-ce un hasard si l’ouragan Katrina à Nouvelle-Orléans a surtout détruit les quartiers populaires peuplés d’Africains-Américains, et où les infrastructures étaient totalement déficientes ? Il en va de méme aujourd'hui. Quid de la situation dans les "déserts médicaux" La aussi, le ton martial permet de dissimuer les manques criant d'une politique a (trés) courte vue 

L'armée ou la solidarité 

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 Distribution par des bénévoles à Charleroi par temps d'épidémie

Le problème c'est que ce ton martial cache mal les bruits de botte. On nous prépare lentement mais surement à l'intervention de nos forces militaires. C'est que les forces policières qui œuvrent présentement au "maintien de l'ordre" vont vite etre "dépassées" et on connait déjà des interventions policières dans les quartiers populaires qui se sont mal terminées.

Evidemment, cette violence se fait au détriment d'une composante essentielle des politiques publiques dans ces circonstances, la solidarité essentielle et les initiatives bienvenues du corps social. C'est ainsi que des actions de solidarité et des actions d'éducation populaire ont été maintenue sur le principe du volontariat  Ce qui se joue est bien entendu marqué par une composante scientifique forte, mais c'est aussi un modèle de société qui nous est donné de choisir. 

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