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Billet de blog 21 octobre 2014

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Asie : la guerre de l'espace

Pendant la guerre froide, les usa et l’URSS était lancé dans une compétition permanente qui s'exprimait de façon spectaculaire dans des missions spatiales de plus en plus ambitieuses. L'apogée de cette période fut la victoire américaine remportée quand une de leur équipe  réalisa la première mission humaine sur la lune, accédant ainsi à un vieux fantasme ("l'homme à posé le pied sur la lune"). Aujourd'hui ce sont les trois grands pays asiatique (Japon, Chine et Inde) qui se livrent une compétition effrénée dans l'espace non seulement en fonction d'enjeux économiques (qui demeurent primordiaux) mais aussi en raison d'une course symbolique pour le leadership dans la région. L'exploration spatiale a bien changée et est devenue un immense enjeu stratégique et économique. Depuis la fin de la guerre froide, le satellite de télécommunication a largement remplacé celui a vocation militaire comme enjeu et comme symbole de la puissance. Pour autant, les enjeux plus symboliques représenté par les grandes missions a motifs plus ou moins scientifiques ne sont pas oubliés. La montée de puissance de l’Asie ne pouvait ignorer cet enjeu, et une compétition acharnée entre les trois pays en quête d'affirmation de leur hégémonie sur la région fait désormais rage

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Pendant la guerre froide, les usa et l’URSS était lancé dans une compétition permanente qui s'exprimait de façon spectaculaire dans des missions spatiales de plus en plus ambitieuses. L'apogée de cette période fut la victoire américaine remportée quand une de leur équipe  réalisa la première mission humaine sur la lune, accédant ainsi à un vieux fantasme ("l'homme à posé le pied sur la lune"). Aujourd'hui ce sont les trois grands pays asiatique (Japon, Chine et Inde) qui se livrent une compétition effrénée dans l'espace non seulement en fonction d'enjeux économiques (qui demeurent primordiaux) mais aussi en raison d'une course symbolique pour le leadership dans la région. 

L'exploration spatiale a bien changée et est devenue un immense enjeu stratégique et économique. Depuis la fin de la guerre froide, le satellite de télécommunication a largement remplacé celui a vocation militaire comme enjeu et comme symbole de la puissance. Pour autant, les enjeux plus symboliques représenté par les grandes missions a motifs plus ou moins scientifiques ne sont pas oubliés. La montée de puissance de l’Asie ne pouvait ignorer cet enjeu, et une compétition acharnée entre les trois pays en quête d'affirmation de leur hégémonie sur la région fait désormais rage

Dans un premier temps, c'est le japon qui a marqué des points. Il a été le premier à se lancer dans l'aventure, tout en construisant des structures de recherches dotées d'une expérience de plusieurs décennies postérieure aux autres nations asiatiques en compétition et de connaissances solides, avant d'être rattrapé par la chine et l'inde. C'est aussi que ces deux autres pays se sont doté de l'arme nucléaire, et par voie de conséquence des missiles intercontinentaux qui en sont l'indispensable vecteur. Or ceux ci ont ensuite servi d'ébauche aux futurs lanceurs, comme l'exemple des fusées chinoises « longue marche » le montrent. C'est ainsi que ces deux pays ont en grande partie rattrapé leur retard.

Le japon a ensuite traversé une zone de turbulence dans les années 90 avec l'échec de la plupart des missions spatiales projetées qui correspondaient également (et pas par hasard) à une crise économique qui a dévastée le pays, et qui a eu un effet négatif sur la confiance accordée à des missions spatiales échouant les unes après les autres. Les dégâts ont été considérables, car ils ont conduits à un manque de confiance de l'ensemble des intervenants, y compris sur le plan international ainsi qu'a des pertes financières énormes estimées à plus d'un milliard deux cent millions d'euros. Une structure d'analyse chargée d'analyser la raison de ces échecs successifs a été mise sur pied. Elle n'a pas décelée de problèmes insurmontables, mais elle a notée cependant un nombre trop important de projets, source de désorganisation, alors que les moyens financiers étaient trop faible. Il a également été décidé de motiver une politique ambitieuse de « valorisation des connaissances », même si cette décision intervient selon nombre de spécialistes bien trop tard. Une nouvelle structure organisationnelle a été créé. Celle ci nommée la Jaxa a décider de se mobiliser pour résoudre un problème de plus en plus prégnant dans le cadre du développement des activités spatiale, celle du nettoyage des déchets de l'espace, plus précisément ceux de l'espace proche. On sait que celui ci est de plus encombré de déchets de toutes sortes et tailles, les déchets pouvant être de quelques millimètres ou aussi gros qu'un petit camion.

La terre : déchets spatiaux

.Pour faire le ménage, des scientifiques japonais de l'agence spatiale Jaxa ont mis au point une technique originale qu'ils testeront en février. Il s'agit d'attirer magnétiquement les débris dans l'atmosphère pour qu'ils s'y désintègrent. Cela à l'aide d'une «longe électrodynamique», en gros une «corde» tressée de filins d'acier inoxydable et d'aluminium, fixée à l'un des 20 000 débris qui flottent autour de la planète bleue. L'électricité générée par la longe en tournant dans le champ magnétique autour de la Terre devrait ralentir le débris et ainsi l'amener dans des orbites de plus en plus basses, jusqu'à pénétrer dans l'atmosphère et s'y consumer. Les premiers essai ne sont pas pour l’instant très concluant, et on songe du coté de l'agence spaciale japonaise a d'autres moyens pour se débarrasser de ces déchets décidément très encombrants, comme l'utilisation d'un faisceau laser. Mais en tout état de cause, la solution définitive est attendue en se fixant un délai assez long, en tout état de cause pas avant 10 ans

Le professeur Nohmi, qui travaille avec la Jaxa, a annoncé le lancement le 28 février d'un satellite développé par l'université et équipé de cette «longe». «Nous avons deux objectifs avec ce premier essai, a-t-il détaillé: déployer en orbite une longe de 300 m et observer le transfert d'électricité». L'accrochage de ce filin à des détritus se fera lors de prochaines expériences. 

Le "filet magnétique à détritus spatiaux" inventé par le professeur Nohmi

D'autres missions sont également prévues. La mission « Hayabusa 2 » doit viser un petit objet céleste susceptible de renfermer des matériaux organique. L’astéroïde visé est de taille grossièrement sphérique et d'un diamètre d'environ 920 mètres. Sa période de rotation est de 7,6 heures. On prévoit son lancement en novembre 2014

D'autres missions moins ambitieuses et moins originales sont en cours de finalisation, comme celle de la mise en orbite du premier sattellite météorologique japonais : Le satellite météorologique japonais Himawari-8, capable d'émettre des alertes aux catastrophes naturelles, a été placé sur son orbite basse à 260 kilomètres, annonce mardi l'Agence japonaise d'exploration spatiale (JAXA).

Himawari-8 (Tournesol, en français) est un satellite météo beaucoup plus performant que ses prédécesseurs en termes d'exactitude d'observation et de vitesse des opérations analytiques.

Le japon pour l'instant en proie au doute, c'est l'inde et la chine qui s'opposent dans une bataille d'image avec des moyens et une stratégie assez différente : la chine consacre des moyens considérables à cet objectif, alors que l'Inde tente de trouver des « solutions ingénieuses » pour une conquête spatiale « low cost » Même les objectifs immédiats sont différents : la lune pour la chine, Mars pour l'Inde.

La chine en pleine réussite vient ainsi de réussir une opération spectaculaire : atterrissage en douceur d'une sonde sur la lune, le déploiement et l'utilisation d'un petit véhicule automatisé qui a commencé à explorer notre satellite. C'est un véritable exploit, d'autant plus que le dernier « alunissage en douceur » date de 1976 et la réussite de la mission soviétique Luna 24 Depuis, personne n'a tenté de renouveler cette opération, et les derniers engin a avoir exploré la lune se sont écrasé (volontairement) sur son sol.

C'est le 6 décembre que la sonde « Chang'e 3 » a atterri sur un territoire nommé « la baie des arcs en ciel » ou elle a pu déposer un petit véhicule robotisé d'exploration nommé « lapin de jade » Celui ci s'est déployé et à commencé sa mission.

Le petit véhicule a six roues a commencé à prendre en photo la sonde, image qui a été diffusée dans le monde entier. Mais « Lapin de jade » dispose aussi de dispositifs scientifiques, en particulier d'un radar qui peut sonder la lune jusqu'à 100 m de profondeur Il dispose aussi de caméras scientifiques de haute résolution pour prendre des photos de son panorama et des gros plans d'éventuels échantillons lunaires. Toutes les photos prises seront déjà analysées par les scientifiques chinois avant d'être diffusées aux autres chercheurs et au grand public. L'atterrisseur participera lui aussi à la politique de recueil des résultats scientifiques. Il est en particulier chargé d'observer la plasmasphère, ce gaz ionisé extrêmement ténu façonné par le champ magnétique qui entoure notre planète.

Un des enjeux techniques de la mission était de gérer le problème de la longue nuit solaire qui durent à l'endroit ou à alunis la sonde chinoise 14 jours terrestres. En effet, l’énergie nécessaire au bon fonctionnement du véhicule d'exploration est fourni par des cellules photovoltaïques. Pendant la longue nuit, une pile nucléaire permet de générer l'énergie nécessaire à la période de veille sous un froid glacial. Or le rover a redémarré sans aucune difficulté malgré des prédictions peu optimistes faites par certains spécialistes.

La réussite de cette mission, dont tous les objectifs ont été atteint permet à la chine de se hisser en tête du trio. Mais le troisième pays n'a pas dit son dernier mot

Du coté de l'inde, c'est la planète rouge qui est l'objet de tous les soins. En effet, l'inde projette de lancer une sonde vers mars en utilisant une technique originale et économique. Au lieu d'être lancé directement vers mars, la sonde a fait 5 fois le tour de la terre avant de se propulser hors de l'orbite terrestre, le 1er décembre dernier. Le 11 décembre, elle recevait quelques ajustements de trajectoire afin d'accélérer sa vitesse. Le lanceur doit tenir 300 jours et parcourir 680 millions de kilomètres avant d'atteindre Mars, vers le 24 septembre 2014. L'objet rentrera alors en orbite autour de la planète rouge, formant une ellipse très excentrée de 372km par 80.000 km. Tout le monde s'accorde, la presse, les milieux politiques et scientifiques, pour saluer la prouesse. La mission a été annoncée il y a 15 mois par le Premier ministre indien Manmohan Singh peu après l'échec d'une mission chinoise.

La fusée "low cost" indienne

Outre le fait de participer au challenge entre les trois grands pays asiatiques, cette mission a aussi pour objectif d’asseoir la réputation de l'inde dans le domaine du « low cost ». On parle d'une mission "low cost", à environ 60 Millions d'Euros, soit 10 fois moins cher qu'une sonde américaine. C'est ce que les indiens appellent le « juglaad », un principe équivalent à notre « système D »

Ces trois missions montrent que la montée en puissance de la région asiatique dans les domaines économiques et industriels débouchent aussi sur des réalisations scientifiques de grande ampleur, ou les objectifs en terme « d'image de marque » ne sont jamais exclus. La NASA prend d'ailleurs très au sérieux ce phénomène .« La Chine et l'Inde recherchent toutes deux des marchés pour leurs lanceurs et leurs satellites, et ils privilégient les applications spatiales pour leurs retombées économiques », confie ainsi un de leurs spécialistes.

Mais les usa ont fait connaître leur inquiétude pour un autre aspect de la montée en puissance des tigres asiatique, celui de la militarisation de l'espace voulu en particulier par la chine. « Les États-Unis sont très inquiets devant la montée en puissance de l'arsenal spatial chinois, qui pourrait menacer les systèmes de sécurité américains dans l'espace » affirme aussi la NASA. L’inde qui affirme pourtant son opposition à cette militarisation de l'espace a ainsi lancé à la fin de l'année 2013 son premier satellite militaire. Le progrès des sciences et des techniques et ainsi, dans le domaine spatial comme dans tant d'autres, lourd de menaces et de danger.

Le saviez vous

La situation des déchets spatiaux inquiète depuis de nombreuses années les experts qui annoncent une situation catastrophique. le nombre des débris qui flottent dans l'espace a atteint un "point critique", ce qui fait peser une menace de plus en plus grande sur les satellites et les astronautes. Pour l'instant, on a constaté la destruction de quatre satellites après collusion et la situation ne peut que s’aggraver dans l'avenir

La NASA a comptabilisé 22 000 débris et estime à des millions le nombre de ceux trop petits pour être enregistrés. La multiplication de ces petits débris découle de leur mode de création. En effet, lorsqu’un petit débris percute un objet, l’impact génère une centaine de nouveaux fragments ! Parmi ces débris, au moins 500 000 ont entre 1 et 10 cm de diamètre, et peuvent causer des dégâts. En 2007, la Chine avait encore accru le nombre de ces débris en testant des missiles antisatellites qui avaient pulvérisé un satellite météo en 150 000 morceaux. Les scientifiques estiment a environ 200 le nombre de déchets qui quittent leur trajectoire et menacent de percuter le sol, en risquant de . Les objets légers brûlent dans l'atmosphère, mais si le poids d'un objet est grand, il atteint le sol.

Le film « Gravity » qui a fait des scores impressionnants au box office en 2013 a permis de populariser cette question, en effet il raconte l'épopée d'astronautes menacés par un nuage de débris spatiaux

Le saviez vous

L'exploration scientifique de mars constitue un domaine extrêmement dynamique de l'exploration spatiale marqué par la compétition internationale. Outre l'inde et la chine, les USA continuent leurs missions, et la planète rouge reste une priorité de la NASA. L’Europe n'est pas en reste et la Russie n'a pas dit son dernier mot. Qu'on en juge par la liste des opérations programmées pour l'année 2014 : la poursuite de l'exploration de l'astre par la sonde Curiosity (la maîtrise de la mission est resté à la NASA, mais les européens ont participé a celle ci en mettant au points plusieurs instruments de ce véritable « laboratoire volant »), la sonde spatiale russe Phobos Grunt aprés un premier échec en 2011 devrait être relancé cette année, les sondes européenne et américaine Mars Express et MRO toujours en opération : l'exploration spatiale de Mars n'en finit pas de forger des espoirs, de nourrir des frustrations, de bousculer des dogmes, de ré-asseoir l'histoire des mondes planétaires.

Note : cet article a été publié dans « Tout sur Tout » numéro 1.

Sources :

Des câbles électromagnétiques pour nettoyer les débris en orbite LIBERATION avec AFP 16 janvier 2014 à 12:07

http://www.liberation.fr/sciences/2014/01/16/des-cables-electromagnetiques-pour-nettoyer-les-debris-en-orbite_973272

La mission Hayabusa-2 rapportera sur Terre les échantillons d'un géocroiseur

http://www.futura-sciences.com/magazines/espace/infos/actu/d/exploration-robotique-mission-hayabusa-2-rapportera-terre-echantillons-geocroiseur-55093/

La chine se pose sur la lune

http://lachroniquespatiale.over-blog.fr/2013/12/la-chine-se-pose-sur-la-lune.html

L’Inde devient une nation martienne :

http://www.enjoyspace.com/fr/news/l-inde-devient-une-nation-martienne

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