Le magazine "Marianne" condamné pour diffamation envers Gilles Eric Séralini

Le journal Marianne avait repris les allégations de Henri Miller. qui accusait le professeur Gilles Eric Séralini de " fraude scientifique " produisant des " résultats établis d'avance ". Or ce journal a repris sans aucune enquéte ni mise a distance les allégation de celui que Gilles Eric Séralini présentait comme un "lobbyste". Marianne vient d'être condamné pour diffamation Explication :

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Le travail du professeur Séralini avait éclaté en septembre 2012 comme un coup de tonnerre dans un ciel jusque ici serein. Et alors que la publication de l'étude dans la revue "food and chemical technologie" avait mis quatre mois pour vérifier le sérieux de l'étude, vérifier les 100000 paramétres mesurés et adresser ses félicitations à l'auteur de l'étude, il n'a fallu que 24 heures avant que les premiéres critiques pleuvent.

L'une des plus féroces provenait du journal Forbes, aux états unis, et provenait d'un certain Henri miller, désigné par le professeur séralini comme un lobbyste au service des groupes semenciers dont Monsanto est le champion. Il présentait le professeur séralini comme un chercheur aux méthodes contestables, aux données arrangées, produisant des résultats "établis d'avance". Bref, un imposteur. Ces allégations ont été reprises par le journal Marianne, sans vérification et surtout sans citer l'auteur de celles ci.

Il faut dire que Henri Miller est lesté d'un lourd passé : Membre pendant 15 ans de la food and Drug adminstration, son role de soutien de l'industrie du tabac est bien connu outre atlantique . De façon générale, ses liens multiples avec les différents lobbys techno scientifiques (et en particulier ceux des ogm) sont bien connu et établis la bas...

La défense du journal a été peu consistante. Le rédacteur en chef du journal a ainsi expliqué que la source (l'auteur de la critique, et le journal, Forbes) a ainsi été supprimé "par manque de place". De plus il explique qu'il n'a pu relire l'article lui même "étant injoignable au moment du bouclage". Bref, il a tenté de "botter en touche", sans en rajouter dans la dénonciation du professeur Séralini. Ses témoins par contre n'ont pas retenu leurs coups.

A commencer par Marc Mennessier, un journaliste du "Figaro" qui a commencé d'emblé par faire remarquer qu'il n'était pas scientifique, ni avoir les compétences nécessaires à juger de la qualité d'un travail scientifique. Ce qui ne l'empéche pas d'avoir un avis définitif sur les travaux du professeur Séralini.

Jean Claude Pernolet était le second témoin à charge. Lui était un "vrai" scientifique, depuis des années à l'institut national de la recherche agronomique (INRIA) Lui aussi s'est livré a une tentative de dézingage en mode bazooka. "les rats étaient vieux et tumoreux" (mais eux n'ont pas porté plainte pour calomnie) "Ceux qui ont consommé des OGM allaient même mieux" et monsieur Séralini était surtout un formidable communiquant surtout capable de mettre en place une campagne aux méthodes publicitaires.

Du coté de la défense, le professeur Ciciollella (victime des lobbys quand il avait voulu dénoncer le scandale des Ethers de Glycol), le professeur Charles Sultan (endicronologue, auteur d'une étude remarquée sur les rapports entre la pollution de nature chimique et l'hyspospadia) et le docteur Joel Spirou de Vendomois (président du CRIJEN  l'organiseme de contre expertise dans le domaine des manipulation génétique, sur le modéle du CRIiRAD qui se consacre lui au nucléaire) sont venus expliquer la difficulté d'étude sur des sujets dérangeant le lobby techno scientifique. l'inadaptation des tests menés pour obtenir les autorisations de mise sur le marché des pesticides, les attaques que connaissent les lanceurs d'alerte.Ils ont en particulier montré les manoeuvres de Monsanto pour faire embaucher un de leurs proches et ancien employé, lequel a pris comme premiere mesure l'invalidation de l'étude du professeur séralini.

La procureur générale avait demandé la relaxe, le Tribunal de Paris a condamné le 6 novembre le journal Marianne et le journaliste signataire, pour diffamation envers un fonctionnaire public et diffamation publique envers les chercheurs et envers le CRIIGEN.

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