Sans un pas spectaculaire de Hamon, pas de candidature commune possible

A tous les lecteurs qui veulent et espèrent une candidature commune Hamon-Mélenchon-Jadot, du coeur du mouvement de la France Insoumise, je vous dis que la seule possibilité de relancer ce débat serait un pas spectaculaire de Hamon en direction de la France Insoumise. Attendre ce pas du candidat qui devrait se saborder sans une telle annonce publique spectaculaire ne servirait à rien.

Vivant ce débat au sein de la France Insoumise à Montpellier où j'anime un des groupes d'appui de 25 personnes dont 21 qui n'avaient jamais participé à une campagne électorale ou à une action politique auparavant, je pense nécessaire d'éclaircir cette question du point de  vue des soutiens de JLM car il ne s'agit pas d'égo mais de politique ce que les médias feignent d'oublier:

 

1 - Il y a toujours eu depuis 40 ans un candidat à la gauche du PS et sa disparition serait paradoxale justement lors de cette élection puisque le problème n'est pas le score dans les sondages de ce candidat, score tout à fait honorable aujourd'hui à la différence de Jadot, mais bien celui du candidat du PS qui ne retrouve que la moitié des voix habituelles du PS.

 

2 - Mélenchon n'est pas tout seul comme je le rappelle ci-dessous et les 260 000 adhérents de la FI n'ont aucune envie de voir disparaitre le contenu d'un programme auquel ils adhérent massivement et sans réserves, eux, contrairement à de nombreux adhérents du PS!

 

Je vous renvoie à cet article du blog de Mélenchon sur le sujet Hamon versus Mélenchon comme candidat unique.

C'est un sujet difficile pour plein de raisons. 

 

D'une part la proximité dans les sondages des scores potentiels des 2 candidats rend le choix du candidat, si candidature commune, tout sauf évident. Dans la moyenne des 6 derniers sondages dans les 7 derniers jours, Mélenchon est à 11,4% et Hamon à 14%, soit 20% d'écart seulement rien à voir avec le cas Jadot. 

 

Dans un tel contexte avec 260 000 membres dans la France Insoumise, des dizaines de milliers de militants sur le terrain, des milliers de groupes d'appui à JLM et plus d'un an d'élaboration du projet "l'avenir en commun", il est évident qu'on ne peut pas ne pas poser la question du "qui doit se retirer?". Il suffit de rappeler que les meetings les plus fréquentés sont quand même ceux de JLM qui n'a pas besoin d'animateurs de salles comme le fait Macron pour déchainer l'enthousiasme de ses partisans.

 

Dans la mesure où Hamon avait dés le départ posé comme conditions que ce ne serait pas lui qui se retirerait, il fallait donc avoir des concessions majeures sur le programme "commun", et ce surtout quand on voit l'ampleur des concessions fournies à Jadot et son potentiel de 2%. Il ne peut pas suffire d'afficher une simple volonté de dialogue, il faut l'illustrer par une annonce spectaculaire.

 

Il aurait fallu que Hamon annonce d'entrée de jeu cet effort majeur en direction du programme de Mélenchon et de ses 260 000 partisans actifs et accepte par exemple comme normal le refus de voir Valls ou El Khomri labellisé par une candidature commune Hamon - Jadot - Mélenchon. C'était un "minimum syndical" indispensable pour pouvoir additionner les potentiels de voix des deux candidats, au lieu de surréagir sur "les têtes à couper". Valls ou El Khomri peuvent se présenter sans un tel label. 

 

Rien de tout cela n'a eu lieu, sans doute en raison de l'opposition déterminée de l'appareil du PS, cf le billet de blog de Mélenchon.

Dés lors, dire qu'il s'agit d'un problème d'égo de JLM est un vrai mensonge. Sachez que des coups de sonde internes aux signataires de la FI montrent que les opposants à un retrait au profit de Hamon seraient a priori de l'ordre des 80%, bonjour l'égo de JLM si il se permettait de passer outre l'avis de ses partisans mobilisés pour l'avenir en commun. Ce n'est pas seulement JLM qu'il faut convaincre mais les centaines de milliers de membres de la France Insoumise. 

 

Pour une candidature commune dans ces conditions là, il faudrait impérativement ouvrir un débat public sur le programme "commun", puis à la suite de ce débat qui ne peut être que public après les mensonges des 5 ans de Hollande, il faudrait organiser une consultation des électeurs de la primaire ayant voté Hamon et des signataires de la France Insoumise.

Si vous êtes partisan de cette candidature commune, il faut interpeller celui qui est sensé être ce candidat commun pour qu'il accepte un tel processus. C'est logiquement à lui de faire le premier pas le plus spectaculaire et le plus important car c'est lui qui aurait le pouvoir si il était élu. 

Attendre comme le font la plupart d'entre vous ce premier pas de celui qui devrait se saborder sans contrepartie annoncée, excusez moi, ça s'appelle "pisser dans un violoncelle pour qu'il donne le la"! Donc vos appels ne serviraient à rien car adressée au mauvais candidat.

 

Faute de tout cela, prétendre que c'est JLM ou les insoumis qui ont fait capoter cette possibilité serait une vraie manipulation médiatique et politique, comme Philippe Torreton (partisan de Jadot pour ceux qui ne le sauraient pas) l'a reconnu en direct dans l'émission de F2 jeudi dernier.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.