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Billet de blog 1 oct. 2022

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FEMME VIE LIBERTE

Pour les régimes totalitaires, inhumains et tortionnaires, il est insoutenable de parler, de reconnaitre à une femme la vie et la liberté, de défendre un enfant de l’autre camp. Pour nous, il est insoutenable de torturer, de violer, d’assassiner, de bâillonner les peuples, de nier la vie. Nous devons avoir cette indignation et cette parole. En tout lieu et à toute heure.

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Le temps est assassin disait le poète.
Il n’est pas le seul…
Et il est surprenant surtout.

Femme,
Vie,
Liberté !

Mahsa Amini

Ce soir, sans rires ni légèreté aucune, mon actualité tourne autour de 3 mots.
3 mots, qui sont de mon serment, de mon sang, de ma dignité.

Femme, 
Vie,
Liberté !

Ces 3 mots que le régime iranien honnit, ces 3 mots scandés lors des manifestations qui depuis 15 jours secouent l’Iran, après la mort de Mahsa Amini, jeune femme de 22 ans tuée à la suite de son interpellation par la police des mœurs, 3 mots qui sont un slogan kurde, 3 mots qui illustrent la prise de conscience d’une nation.
“Stigmatisées depuis 1979, les Iraniennes montrent qu’elles sont les forces vives du pays dans les manifestations suite à la mort de Mahsa Amini , écrit la romancière et éditrice franco-iranienne Sorour Kasmaï. 
En Iran comme dans tant d’autres pays, la violence exercée à l’égard des femmes porte des noms et des visages différents : le voile, l’honneur, la sécurité de l’Etat, le non-respect de la religion, etc. Institutionnalisée par le régime islamique, elle est aujourd’hui systématique et met en danger la vie de toutes les femmes“. (Le Monde)

“Les Iraniennes et les Iraniens sont là pour nous rappeler que, sous les cendres de l’oppression, la braise de la liberté ne s’éteint jamais complètement. À travers la remise en cause du voile obligatoire et de l’incroyable surveillance généralisée dont la population fait l’objet depuis des décennies, c’est tout un régime qui est contesté.
Nous ne sommes plus en 1979 et une part croissante de la population iranienne, sans doute désormais majoritaire, veut pouvoir vivre selon ses choix. Le slogan « Femmes, vie, liberté » scandé par les manifestantes et manifestants exprime à la fois les aspirations au respect des femmes, notamment de leur volonté de porter ou non le voile, mais aussi d’en finir avec un quotidien où la violence et la mort rôdent au coin des rues. 
Évidemment, avec plus de 100 morts, la coupure d’Internet et les intoxications du gouvernement, la répression est violente. Mais le triste souvenir des manifestations de novembre 2019, ou plus de 300 manifestants avaient été tués en quelques jours seulement [et probablement plus], nous rappelle que le régime est capable de bien pire. Les gardiens de la révolution, fer de lance de la répression, ne sont pas encore totalement entrés en action. Pour éviter d’en arriver là, le soutien de la communauté internationale sera décisif. Les voix doivent donc se multiplier pour forcer le régime à écouter son peuple et ne pas laisser étouffer dans le sang ce cri de liberté.“ (L’Humanité)

Femme, 
Vie,
Liberté !

Des femmes journalistes sont violées et assassinées pour avoir voulu témoigner et porter la parole et la lumière.
Une jeune femme soldat arménienne a récemment été torturée et violée, décapitée et démembrée, par l’armée azérie de cet Azerbadjian à qui nous achetons du gaz et qui pourtant n’a rien à envier à la Russie.

Et il n’y a pas que les femmes…
Il y a ceux aussi qui jamais ne manifestent, qui jamais ne se font entendre, et dont régulièrement l’image du visage ensanglanté ou pire de la mort survenue, nous donne la nausée…
Qui passe… (et qui ne devrait pas)
Les enfants.
“Vos enfants ne sont pas vos enfants, ce sont les fils et les filles de l’appel de la vie à elle-même“ (Khalil Gibran)
Alors pourquoi ?
Pourquoi les enfants de la guerre ???

Horreur de la guerre

230 millions d’enfants victimes de la guerre en Irak, à Gaza, en Syrie… Près de 4 fois la population française…
Plus de 10000 enfants ont été tués ou mutilés lors des conflits en 2017 au Myanmar, Centrafrique, Yemen, Congo, Soudan, Syrie…
En Syrie, un enfant sur 3 n’a connu que la guerre, les près de 4 millions d’enfants nés depuis 2011.
En 2014, on dénombrait déjà 5,5 millions d’enfants touchés par la guerre en Syrie…

Des générations d’enfants sont perdues, sacrifiées, leur enfance volée par la guerre.

Les titres sont terribles, “les enfants de la guerre“, “une maternelle bombardée en Ukraine“, et les chiffres défilent formant des nombres inimaginables, au delà de la centaine de milles, du million, et ces écrans où la raison se perd dans ce rapprochement entre l’horreur et les grands nombres nous deviennent familiers.

Enfance volée

Familière la violence faite aux femmes des pays qui leurs refusent leur vie, leur liberté.
Familière la violence et l’horreur que subissent les enfants perdus, ces enfants de la guerre, salis par leur sang et la boue, le regard donnant honte d’en parler sans rien pouvoir faire d’autre…
Un enseignant parti à Alep en a fait sa vie. Futilité du sacrifice à l’échelle du monde mais grandeur de pouvoir sauver quelques vies…
Des reporters tentent de réveiller les esprits par ces images si terribles, odieuses, horribles, images de guerre et de détresse au péril de leur vie.

Malheur
Calamité
Désastre…

Que pouvons-nous alors faire ?
Citoyennes et citoyens, femmes libres et hommes libres ?
Ne jamais nous taire, parler, diffuser, partager, puisque le monde tourne en folie autour de réseaux immédiats et éphémères.
Ne jamais nous taire et répéter, toujours, pour que celles qui se lèvent la nuit dans les flammes de la rue le voile à la main et les cheveux libres puissent avoir un nom.
Pour que tous ces grains de sable qui s’indignent puissent faire pression sur les régimes et les pouvoirs.
Pour que les morts ne soient pas vaines.
Parler, ne jamais banaliser.
La parole libère les opprimés, les faibles et les bâillonnés.
Si ce n’est de la peur, de la détresse et des ténèbres aujourd’hui, que ce soit en leur nom, pour que la peur, la détresse et les ténèbres reculent demain.

Mahsa Amini avait 22 ans et 3 enfants, morte après 3 jours de coma le 16 septembre

Hadis Najafi


Hadis Najafi, 20 ans et les cheveux libérés, est morte sous les 6 balles tirées à bout portant dans la rue par les forces de sécurité
Gazaleh Chelavi, 32 ans
Hananeh Kian, 23 ans
Mahsa Mogoei, 16 ans
Des hommes aussi, à leurs cotés :
Danesh Rahnama, 25 ans
Farjad Darvishi, 23 ans
Reza Shahparnia, 20 ans
Quelques noms parmi les plus de 100 personnes assassinées en quelques jours, visages de la révolution pour que les femmes puissent vivre libres.

“Unsustainable“ (Muse)… Insoutenable.

Pour les régimes totalitaires, inhumains et tortionnaires, il est insoutenable de parler, il est insoutenable de reconnaitre à une femme la vie et la liberté, il est insoutenable de défendre un enfant de l’autre camp.
Pour nous, il est insoutenable de torturer, de violer, d’assassiner, de bâillonner les peuples, de nier la vie.

Parce que c’est insoutenable, nous devons avoir cette indignation et cette parole.
En tout lieu et à toute heure.
Femme 
Vie 
Liberté

Femme Vie Liberté


Le destin de l'homme est d'être libre, être libre, c'est servir par les forces de l'amour

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