Une intégration typiquement à la Macron

Enfin notre gouvernement se lance dans l’intégration avec un sens de l'humour digne de Buster Keaton....

Sophie Cluzel Sophie Cluzel
Jusqu’où ira ce gouvernement dans la régression sociale ? Très loin, je le crains. Rien ni personne ne lui fait peur, donc n’arrête la macronie en marche forcée, ces Huns du XXIe siècle qui piétinent consciencieusement le tissu social sur leur passage, sans beaucoup d’états d’âme au demeurant. Bien au contraire, la bonne conscience en bandoulière, car ils sont fiers d’eux, par-dessus le marché, il suffit de les voir jubiler pour s’en convaincre.

En matière de handicap, qui connaît la dernière ?

Je l’ai découverte dans Yanous.fr.

Madame la secrétaire d’État aux (pauvres) personnes handicapées, Sophie Cluzel, a encore frappé et, cette fois, elle fait très fort dans le ridicule. Pour faire concurrence à notre cher ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb ?

Comme ils se préparent là-haut à s’attaquer aux (trop riches) pauvres de l’Hexagone, dont les (pauvres) personnes handicapées font évidemment partie, non-discrimination ou égalité des droits et des (mal)chances oblige, Madame Cluzel a trouvé une idée de génie pour atténuer les maux à venir : le Duo Day ! Le 26 avril dernier, il s’agissait rien moins que de rencontrer une (pauvre) personne handicapée de son choix afin de découvrir, entre autres, « les richesses de ce pays » (je vous laisse savourer cette vidéo consternante de charité humiliante pour essayer (bien mal) de cacher l’indigence de la politique sociale à l’encontre des (pauvres et apitoyantes) personnes handicapées. Il fallait oser. Elle l’a fait, la (brave) Sophie Cluzel, cette chère ministre sortie tout droit du giron associatif, plus précisément celui du monde du handicap. Un exemple parfait de ce microcosme politico-franchouillard prêt à vendre son âme et sa famille pour un morceau de pouvoir.

Sauf que les (pauvres) personnes handicapées ont du répondant et de l’humour à revendre, et un humour décapant. La réplique ne s’est donc pas faite attendre, grâce à Sophie Lombard et son BA Day. Une vidéo réjouissante qui, en quelques minutes, dénonce et démonte la supercherie qui se veut innovante (elle en semble tellement fière de son idée, la ministre) ; on n’a plus d’argent (sauf pour les trop malheureux riches) alors on leur vend des idées dégoulinantes de bonne conscience au rabais, à ces gogos qui n’attendent qu’un peu de commisération pourrait être un peu heureux. C’est de la politique moderne, ce libéralisme macronien qui malheureusement se gangrène déjà, à force de se répéter et de se croire plus intelligent que le peuple.

Vous avez rendu visite à une personne handicapée, vous, le 26 avril dernier, vous qui êtes en train de me lire ? C’était pourtant un samedi, ensoleillé peut-être même, idéal pour en rencontrer une par conséquent de (pauvre) personne handicapée désœuvrée et à l’abandon dans un coin de la ville ou du village. Quelle excuse avez-vous pour cet oubli ou cette désaffection, ce manque de civisme, d’intérêt et de solidarité à la sauce macronienne ? Vilain ou vilaine, mauvais citoyens que vous êtes, vous les (soi-disant) valides. Pas grave, à l’avenir, vous les trouverez facilement puisque, grâce à Macron et sa fidèle Cluzel, ils vont être enfin moins dispersés, c’est vrai quoi, 10 % de logements neufs accessibles c’est bien suffisant pour elles, faut pas exagérer quand même dans l’intégration, déjà qu’on va les rendre riches (les pauvres) en leur donnant 900 € d’ici à l’année prochaine (après leur avoir baissé les APL, entre autres), mais attention pas à toutes, ils sont pas fous chez Macron. Comme dirait nos amis italiens très droitiers désormais Mano ma non troppo.

Franchement, comment ne pas être révolté et écœuré par une telle politique ? Que dis-je, politique, une telle mascarade est autant une insulte à la politique qu’à l’intégrité et à la dignité des personnes handicapées ! On nous prend allègrement et impunément pour des cons. Mais pourquoi se gêner puisque personne, ou presque, ne bouge. Les Français sont majoritairement des résignés, aujourd’hui, se contentant d’attendre le prochain coup bas afin de plier encore un peu plus l’échine. Ou alors ils sont majoritairement du côté de Macron, à en croire les analystes (neutres ?) patentés… Dans ce cas, je ne peux que les plaindre, ils ouvriront tôt ou tard les yeux.

En Hongrie, Autriche et Italie, l’extrême droite est arrivée au pouvoir. À qui le tour maintenant ? La France. Est-elle prête à tomber plus bas que terre ? À vendre son âme au diable pour qu’il la dépèce complètement ?

Quel gâchis ! Les Napoléon se suivent et se ressemblent, Waterloo n’est pas loin ou Sainte-Hélène, c’est au choix. Au fait, à quand l’immigration dans l’autre sens, parce que certains seront peut-être un jour heureux de trouver une terre d’asile ailleurs ? À bien y réfléchir, tout compte fait, c’est moins Napoléon qu’Attila, cet homme qui nous préside.

Bonnes vacances quand même, car elles approchent à grands pas (si vous avez les moyens d’y aller, bien sûr, sinon il suffit de se faire parrainer par un riche ou de s’inviter huit jours à l’Élysée, tous frais payés). Je plaisante, évidemment…

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