Lettre ouverte à Emmanuel Macron de la part d’un citoyen lambda (ou presque)

Plus on se croit supérieur à autrui, plus on tombe de haut. Emmanuel Macron va-t-il avoir l'intelligence et de changer de politique sociale, économique et écologique ?

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Monsieur le Président, à confondre autorité et rigidité, regardez le résultat sur le terrain. À oublier la justice sociale et la justice fiscale, regardez le résultat sur le terrain. À prendre le petit Peuple pour des cons moutonnants, regardez le résultat sur le terrain. Vous vous croyiez supérieur à vos prédécesseurs, surtout entouré de votre panel de coqs tout aussi hautains et néolibéraux psychorigides qui vous sert de caisse de résonance, regardez le résultat sur le terrain. Vous êtes fier ? Fier d’avoir provoqué ce chaos, sur lequel surfent des extrémistes assoiffés de violence et de fascisme ? Fier de vous être cru plus intelligent et plus fort que cette plèbe jamais contente et beaucoup trop assistée pour le fils de petits bourgeois sorti des hautes finances que vous êtes ?

Toutes vos certitudes sont en train de partir à vau-l’eau, emportées par le flot d’un petit Peuple qui n’a eu droit qu’à votre arrogance, votre morgue, notre mépris, vos airs de supériorité et votre surdité face à la pauvreté, à la misère sociale et donc la souffrance que cela engendre. Mais comment avoir la moindre idée de ce que subi ce petit Peuple jour après jour, quand on a vécu toute sa vie dans le confort, se nourrissant d’a priori et de préjugés à propos des pauvres. Ces « fainéants » qui enfin vous montrent qui ils sont, c’est-à-dire des personnes intelligentes qui refusent que l’on continue de les manipuler, de les humilier et de négliger leur dignité et leurs droits de citoyen à part entière.

Cela vous démontre, d’une part, qu’il ne faut pas avoir des certitudes mais des convictions, car les convictions sont souples alors que les certitudes sont rigides, elles aveuglent, elles robotisent. Êtes-vous un robot au service de la haute finance et des nantis ou un humaniste au service du Peuple, vous qui prétendez être le président de tous les Français ? D’autre part, que qui sème le vent récolte tôt ou tard la tempête. Ça fait quoi, à 40 ans, d’avoir la plus grosse fessée de sa vie, en plus administrée par les petites gens ?

 

Si vous avez l’étoffe d’un président de la République, c’est le moment de nous le prouver. Oser changer de braquet, oser changer de politique sociale, fiscale et économique.

Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis, qui sont incapables de prendre conscience. Or, je ne pense pas que vous soyez un imbécile, Monsieur le Président.

Mais, visiblement, pour le moment vous n’avez rien compris, mon pauvre. On s’en fout de la taxe carbone, tous les Français sont conscients de l’urgence de mener une politique écologique courageuse et volontariste, celle que vous n’avez pas entreprise (cf. Nicolas Hulot). C’est fastoche de mettre en place des taxes supportées par le Peuple, bien moins d’accélérer la fermeture des centrales nucléaires et d’investir massivement dans des programmes d’énergie durable et de rénovation des vieux habitats. Nous sommes tous conscients qu’il faut changer nos modes de vie, entre autres en éradiquant essence, gasoil et le kérosène, mais à condition que ce soit vrai pour tout le monde, c’est-à-dire aussi pour les compagnies aériennes et maritimes – les explications bidon de François de Rugy sur Mediapart n’ont satisfait que les profiteurs de la République. Il faut augmenter substantiellement le SMIC, les minima sociaux en attendant de les réformer, ou proposer une aide mensuelle de 200 à 300 € aux personnes ayant moins de 1100 € par mois pour vivre et réformer la fiscalité urgemment, ensuite s’attaquer frontalement à la catastrophe écologique. Mais êtes-vous en capacité de changer votre logiciel ?

En fait, votre comportement de ces dernières semaines montre clairement un manque de courage évident et une incapacité ou un refus de vous remettre en question. Ce qui est grave à ce stade de responsabilité nationale et internationale. Un président qui ne sait pas se remettre en question et qui n’a pas le courage de changer de politique ne mérite pas d’être à l’Élysée. Mais peut-être êtes-vous tellement formaté que vous êtes incapable d’envisager une autre politique que celle de caresser les nantis dans le sens du poil ?

Êtes-vous soumis à la Finance ou êtes-vous au service des Français ?

 

Vous avez une chance énorme de vous grandir, de sortir par le haut de ce séisme social et de finir votre quinquennat dans la lumière. Ou de finir dans un discrédit total. À vous de choisir. Mais choisissez très vite.

 

Avec tout mon respect et mes salutations,

 

Un citoyen lambda qui sait ce que c’est que d’être pauvre

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