Les leçons du confinement

Que sera l'après-confinement ? Quelles leçons seront tirées de cette parenthèse marquante par chacun d'entre nous ? Jusqu'où sommes-nous prêts, nous Peuple Français, à aller pour impulser un changement culturel, écologique et social en profondeur ?

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Cette période de confinement forcé est propice, pour nombre de personnes, à des prises de conscience et des remises en question individuelles amenant certaines à prendre des résolutions qui seront, peu ou prou, appliquées après le confinement – on se laisse si aisément rattraper par les mauvaises habitudes et la facilité. Pourquoi autant, il en restera une nouvelle sensibilité, ne serait-ce qu’à son environnement, humain et écologique. Du moins, il faut le souhaiter pour l’avenir de l’humanité.

Toutefois, d’évidence, me semble-t-il, le plus interpellant, c’est que l’on prend conscience de notre addiction exponentielle à tant de superflu et de superficialité, dont on n’aurait pas la nécessité. Nous nous agitons dans une société consumériste qui a réussi à nous faire passer pour essentiel ce qui n’est tout compte fait que futile ou accessoire. De fait, nous survivons dans un système économique qui sait créer et entretenir des besoins, donc de la consommation à outrance.

Ce truisme, on le connaît par la force des choses quand on est en situation de handicap, en grande dépendance plus particulièrement. En effet, la vie nous l’inculque naturellement, en raison des contingences imposées par le handicap. Mais, si nous le connaissons, ça ne signifie que nous ne tombons pas dans le piège de la compensation qu’est la fièvre acheteuse – dans les (souvent faibles) moyens du possible ; même « handicapé », on se remplit comme on peut pour apaiser ou éteindre la pression du manque. Sauf que l’on ne peut jamais compenser certains manques, pas plus que le vide existentiel qui nous angoisse. C’est utopique, une utopie qui nourrit une fuite en avant sisyphéenne. Le propre du consumérisme néolibéral en somme, celui qui élève et traie des citoyens vaches-à-lait inconscientes et dociles. Car acheter, ça fait plaisir, et le plaisir endort la capacité de discernement, de recul et de critique, du lambda. Certains sont payés, très bien payés même, afin d’appâter ces gogos, les consommateurs compulsifs que nous sommes devenus, à partir des Trente Glorieuses, et davantage encore durant ce XXIe siècle, avec l’apogée des réseaux sociaux et de la vente en ligne, générés par les progrès incessants en informatique.

Quel est le pourcentage d’achats utiles, voire vitaux dans une vie ? À partir de quel moment tombons-nous dans le piège de la surconsommation ? Que faut-il absolument pour vivre dans un minimum de confort et de sécurité ? Pour chacun la réponse sera différente mais bien supérieure à ses besoins réels, dès lors que les gens dépassent un seuil de revenus minimums.

Pourtant, ce confinement, en nous montrant inexorablement la voie, met en lumière l’urgence d’agir pour sauver, non seulement, notre planète mais, aussi, l’humanité. Et, ainsi, recouvrer du sens et de la saveur à la vie, le chemin de l’essence-ciel, du mieux-vivre et du mieux-être.

Mais cette mutation ne pourra s’envisager et se faire que collectivement, consensuellement et avec une politique économique et sociale radicalement différente.

Le Peuple est-il prêt, véritablement prêt, à mener cette révolution sociétale anti-macroniste jusqu’au bout, après avoir laissé les Gilets Jaunes bien esseulés et isolés au milieu du gué face à l’Exécutif ?

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