La rentrée des fainéants

Les présidents de la république se suivent et se ressemblent plus ou moins depuis 2007 réduisant, chacun avec ses méthodes et sa duplicité d'une arrogance plus ou moins ostentatoire, le peuple a des tiroirs-caisses et de la main-d'œuvre à bas prix qu'il faut absolument pressurer, à chaque quinquennat un peu plus

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Après les « illettré(e)s », maintenant les « fainéants » qui n’ont qu’à « aller travailler » pour « se payer un costard », sans doute.

Au final, le langage d’Emmanuel Macron est très parlant, sans ambiguïté, juste des accros réguliers dans sa communication. Il faut simplement prendre le temps de le décoder. Mais les positions du président de la République ne peuvent surprendre que ceux qui n’avaient pas compris dès le départ où conduirait forcément son intronisation à ce poste suprême.

C’était si évident quand on voulait bien regarder la vérité en face, la réalité sans voile ni fausse illusion. Il ne fallait pas être grand clerc pour se douter où ce président nous mènerait une fois les clés du pouvoir en main. Il n’allait pas les lâcher, ses clés, ni le partager de sitôt, son pouvoir tout beau, tout propre et resplendissant, et tellement inattendu… Quoique.

Du reste, avez-vous remarqué que le Premier ministre, Édouard Philippe, est quasiment le double parfait de François Fillon, aux côtés d’Emmanuel Macron ? Avec Nicolas Sarkozy, ces deux-là forment les deux facettes d’un même Napoléon Bonaparte. Rappelez-vous comme le premier a fièrement campé sur son « pont d’Arcole » avant de finir lamentablement à « Waterloo » puis à « Sainte-Hélène », après avoir fait un détour pitoyable par son « île-d’Elbe ». Le second est sur le pont… pour le moment, mais pour combien de temps encore ? Tous les deux sont arrogants et méprisants, le second est juste plus intelligent que le premier – en tout cas, c’est l’impression qu’il me donne. Cependant, il ne suffit pas d’être intelligent, encore faut-il savoir se servir à bon escient de son intelligence. Tout le monde n’est pas Charles De Gaulle ou François Mitterrand, si c’était le cas ça se saurait depuis longtemps, tout le monde n’est pas un fin politique même si c’est un bon stratège.

Or, à l’instar de ses deux prédécesseurs, Emmanuel Macron commence par rouler le bas peuple dans la farine après lui avoir fait miroiter, de façon suffisamment vague pour ne pas être trop coincé, certaines promesses qu’il n’est pas prêt de tenir. Vous voyez une augmentation du pouvoir d’achat se profiler à l’horizon ? Ça ne fait rêver personne le soi-disant cadeau fiscal qu’il propose au bas peuple, en essayant de faire passer des vessies pour des lanternes, comme d’autres avant lui ? Au contraire, réduction de l’APL – censée être indolore –, taxation de 30 % sur le PEL – personne n’ignore que Bolloré ou Bouygues ont besoin d’un PEL… – augmentation du gasoil – mais on ne ferme pas de centrales nucléaires qui coûtent une fortune au contribuable sont des dangers pour l’humanité –, etc. Il faut bien financer les cadeaux fiscaux somptueux pour les nantis sous forme de réductions d’impôt diverses, suite du saccage de la Loi Travail pour continuer ce que Sarkozy et surtout Hollande avaient bien commencé, avant de l’achever totalement en 2018 et/ou 2019, car faut quand même pas décevoir le MEDEF en si bon chemin. C’est si indécent ce type de libéralisme que ça en devient caricatural jusqu’au grotesque.

On voit bien que le tissu social va être laminé, que les Français moyens et, plus encore, les couches les plus défavorisées vont payer l’addition pour engrosser encore et toujours plus les nantis, les milliardaires et les multimillionnaires, parce que le fric appelle le fric et le fric c’est le pouvoir absolu. Chacun pour tous et moi pour moi. C’était tellement prévisible pour ceux qui voulaient voir. Mais tant de gens ont voté par défaut, car c’était Macron ou Le Pen. Tant de gens auraient aimé « essayer » Mélenchon. Le sort, le destin dirait d’autres, en a décidé autrement.

C’est Macron pour le meilleur ou pour le pire, au moins pendant cinq ans.

Donc autant commencer allègrement par le pire. On ne peut ensuite qu’espérer le mieux, n’est-il pas ? Chacun a le droit de rêver. Moi, ça fait longtemps qu’il y a des rêves que je ne fais plus, quand il s’agit de politique. Et, apparemment, il y en a entre 223 000 et 400 000 qui ne rêvent plus non plus puisque ce peuple a participé aux manifestations de ce 12 septembre. Ce qui est plutôt rassurant, non ? Un bon début peut-être pour arriver à remettre la machine à rêves et à idées humanistes, empathiques, intégratrices et innovantes en route vers l’avenir.

Ça fait tellement longtemps que je rêve d’un « mai-68 » pour renverser toutes ces arrogances avides et égoïstes jusqu’à la bêtise, à force de se croire au-dessus et meilleur et plus habilité que le peuple, pour mieux le pressurer, le spolier de la richesse d’une nation qui lui appartient tout autant, et de sa légitimité. Nous sommes gouvernés par la dictature de l’argent. 223 000, c’est bien mais se rappelle-t-on combien il y avait de citoyens dans les rues de Paris après la tuerie dans les locaux de Charlie hebdo ? Ne sommes-nous pas attentés depuis des décennies par nos gouvernements successifs ? Cela ne vaut-il pas un mouvement d’indignation, un soulèvement comparable à cette journée mémorable ? Il faut se réveiller, vraiment !

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