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Billet de blog 19 juillet 2012

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Du risque à dire ce que l'on pense…

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Mazette, si je m'étais attendu à une telle réaction pour un simple billet d'humeur intitulée : C'est l'été… pas pour tout le monde.

S'il était besoin de s'inquiéter pour notre société, notre démocratie, le sens du dialogue et les capacités pour certains à vous cataloguer (en l'occurrence nazi, rien que ça) après avoir à peine survolé vos prises de position, à moins d'avoir compris ce qu'ils veulent bien comprendre, c'est fait.

Mais d'abord, afin que vous puissiez saisir le fond de ma réflexion, voici le message envoyé sur mon blog, à l'origine d'un droit de réponse (que je m'accorde bien volontiers) en direction de l'atrabilaire qui en est l'auteur : 

Message

je trouve très déplacés vos propos envers le parti socialiste et plus principalement les critiques à outrance sur la gauche en générale. Ce que vous dites ressemble à de la propagande nazi , et me donne envi de vomir. TTout pour votre gueule, rien pour les autres.. ( à ça, beaucoup de propositions en faveur de l'insertion du handicap mais rien pour les pauvres, sans emplois etc). J'ai l'impression que si vous ne seriez pas atteint de handicap, vous vous moquerez de l'humanité, de la solidarité etc... C 'est sur c'est plus facile lorsque l'on est dedans..Je sens la nostalgie des années 39-45 en vous lisant et cela me fait tres peur...
Un eleve infirmier parmis tant d'autres, qui se demande pourquoi ses profs lui ont conseillé un auteur autant dédéniable.

Quoi qu'il en soit, je suis donc désormais un nazi nostalgique de 39-45 pour oser dire ma déception et mes inquiétudes à propos de la politique économique et sociale qu'est en train de nous offrir le nouveau gouvernement. Plus exactement, je fais de la propagande nazie. Ce monsieur anonyme, élève infirmier de surcroît, y va carrément avec une pince Kocher pour me dire ses quatre vérités avec des fautes qui tombent goutte à goutte... d'une perfusion haineuse.

En fait de vérité, ce serait plutôt un chapelet d'insultes et de diffamations. Ce qu'on peut comprendre lorsque l'on est en train de vomir. On ne se contrôle plus quand on va mal, ou du moins plus difficilement.

Ce ramassis de diffamations vindicatives et plein de contrevérités montre combien il est difficile d'avoir une opinion qui ne suit pas un courant lénifiant et servile et aveugle, et tout ce que vous voulez…

Je penche à gauche depuis que je suis majeur. C'est pas pour autant que je vais être un béni-oui-oui. Oui, je suis déçu par le début de la gouvernance socialiste. Oui, je suis inquiet pour les cinq années à venir en matière économique et sociale. Oui, je crains que François Hollande ne serve qu'une social-démocratie orthodoxe et frileuse, à la botte du tyran néolibéral et de la finance. Et alors ?

Et alors, il y a des vindicatifs, des sanguins, des « à la courte vue », des « qui interprète facilement », des « qui lisent en diagonale » ou lisent très mal et se cachent en plus derrière un anonymat. Facile dans ces conditions de cracher son venin stérile. J'assume mes positions, aussi radicales soient-elles pour certains.

Comment voulez-vous que la société, que les Français d'en bas, les « pauvres » et les « sans emplois » dont parle le type ci-dessus, puissent être entendu, défendus, pris au sérieux avec de tels roquets sans discernement ? Les chiens aboient et la caravane politique passe…

Je ne suis plus qu'un vieux con nostalgique de mai 68. Aujourd'hui, à part aboyer, que font la majorité des Français exploités, écrasés, broyés et méprisés par la machine politico-financière ? La liberté, l'autonomie et l'égalisation des droits et des chances, se gagnent à la sueur du front, en osant, par des épreuves de force, des manifestations monstres. Par de la détermination et de la conviction. Mais où sont-elles ?

Je ne fais pas partie des aboyeurs plaintifs, je milite, je prends des risques, je m'engage à visage découvert. Rt, à ce titre, je me permets de dire ce que je pense et comme je le pense, car ce que je dénonce, je le vois et je le vis, et je l'expérimente, depuis des années.

Je m'insurge contre les plages artificielles alors que les pauvres sont de plus en plus pauvres et que l'aide sociale a de moins en moins d'argent.

Je m'insurge contre l'indécence démentielle et criminelle des salaires versés à des joueurs de football, mais aussi dans le tennis, la formule 1, etc., de certains grands patrons…

Notre société est au bord de l'implosion. Cette indécence ne peut qu'exploser à ce rythme-là. Je veux plus de justice sociale, une meilleure intégration, davantage de respect pour les différences, toutes les différences, et une meilleure écoute du prochain. Mais tout cela ne tombera pas du ciel, et rien ne laisse espérer que ce quinquennat amène des changements innovants et stimulants. En tout cas pour le moment.

Nous sommes dans la crise. D'accord. Il faut faire des efforts. D'accord. Il faut se serrer la ceinture. D'accord. Mais commençons déjà par faire la part des choses. J'applaudis l'initiative de François Hollande baissant le salaire des ministres et le sien, pourtant que représentent 2 ou 3000 € de moins par mois lorsque l'on en touche toujours aux alentours de 10 000 minimums ? Moi, un de mes employeurs m'annonce qu'il baisse mes honoraires de 10 %, c'est-à-dire 41 € au lieu de 45,50 € bruts ; au final, le résultat ne sera pas le même à la fin du mois. Vous me direz que 41 €, c'est beaucoup plus que le SMIC horaire brut. Et vous aurez raison. C'est bien pour cela que je ne me plains pas mais que cela ne m'empêche pas de constater. Il est important de reconnaître les avancées (en l'occurrence l'effort salarial du gouvernement) mais cela n'empêche pas de faire certains constats (il y a toujours deux poids et deux mesures). D'autant qu'avec les réformes fiscales petit bras que l'on nous propose, le fossé des inégalités n'est pas prêt d'être comblé, même pas réduit.

Une dernière précision : je viens de faire les soldes et, ce faisant, je me suis fait la réflexion que 25 € pour une chemise (normalement à 45 €), ça ne semble pas cher. Cependant, en les reconvertissant en francs, cela fait dans les 160 FR, idem pour des T-shirts vendus en solde à 8 €, c'est-à-dire à plus de 50 FR ! Le passage à l'euro n'a pas fait que des malheureux, c'est même une vraie arnaque pour les plus pauvres… Dont Ibrahimovic, entre autres, ne fait pas partie, loin s'en faut.

À bon entendeur, salut.

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