APPAS : Pour une exception à la loi

A l'occasion du quatrième anniversaire de sa création et de cette rentrée politique, l'APPAS refait entendre sa voix en faveur d'une reconnaissance de l'accompagnement sexuel en France.

Campagne APPAS © No Feelings Campagne APPAS © No Feelings

À l’occasion du quatrième anniversaire de sa création, l’APPAS et l’agence No Feelings lancent une campagne de presse et d’information. À cette occasion, elle diffuse également sa seconde étude statistique consacrée à la mise en relation des personnes en situation de handicap avec des accompagnant(e)s sexuel(le)s, dans le cadre de l’association, afin de montrer l’évolution de la situation entre 2015 (année de la première étude statistique de ce genre faite en France) et 2016.

À ce jour, l’APPAS est toujours en infraction avec la loi sur le proxénétisme, son président est par conséquent toujours susceptible d’être condamné à 150 000 € d’amende et sept ans de prison pour proxénétisme bénévole. Depuis 2013, le ridicule continue à ne pas tuer en France. Une dizaine d’états européens, et presque tout autant ailleurs dans le monde, reconnaissent l’accompagnement sexuel plus ou moins ouvertement, ses bienfaits, donc son utilité, son importance même au vu des résultats. Sauf la France, le pays des droits de l’Homme et du Citoyen, paraît-il.

François Hollande et son gouvernement, essentiellement Christiane Taubira – laissons à César ce qui est à César ou, plus exactement, à Cléopâtre ce qui est à Cléopâtre – ont obtenu la légalisation du Mariage pour Tous, contre vents et marées, que dis-je, cyclones et tremblements de terre moraux. Emmanuel Macron et son gouvernement seront-ils ceux par qui une exception à la loi sur le proxénétisme verra le jour, afin de légitimer enfin l’accompagnement à la vie affective, intime et sexuelle des personnes en situation de handicap arrivera ? Ce gouvernement libéral, d’après ses dires, va-t-il oser affronter le moralisme franchouillard qui règne dans notre pays, s’opposant à cor et à cri et avec des cris d’orfraie au respect des libertés individuelles, au mépris même du droit le plus élémentaire parfois ? Nous avons quatre ans pour le savoir.

En espérant que je ne vais pas encore devoir me battre pendant quatre ans pour obtenir un peu plus d’humanité dans notre pays, la reconnaissance du droit à accéder à sa sexualité, à pouvoir l’explorer, de découvrir, la vivre au moins une fois dans sa vie en situation de handicap.

Quant au subventionnement des petites associations à l’instar de l’APPAS, je suppose que même durant ce quinquennat, c’est illusoire de l’espérer au vu des objectifs économiques qui se profilent. Mais il est permis de rêver, d’être utopiste… Pourtant, elles produisent un travail essentiel est souvent très mésestimé, voire totalement ignoré par le grand public, les politiques et les médias. Ici aussi, comme dans bien d’autres domaines, il y a une disproportion et une inégalité de traitement indécentes entre les « grandes » et les « petites » associations.

Bonne lecture, avec mes salutations militantes et convaincues.

 

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