Monsieur le président, il faudra rendre des comptes au Peuple meurtri

Après sa « guerre » sanitaire, Emmanuel Macron et son gouvernement devront rendre des comptes aux Françaises et aux Français sur leur gestion de cette crise, ainsi que d'autres pas plus reluisants

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Il y a ce qui est hélas inévitable en période d’épidémie et il y a l’insupportable, l’inacceptable.

Tous les signaux étaient rouges dès décembre, invitant à se préparer au pire et donc en conséquence, au nom de l’adage qui dit qu’il vaut mieux prévoir que guérir, pourquoi le gouvernement n’a-t-il pas anticipé les prévisibles conséquences sanitaires ? Si ce n’est au motif que prévoir aurait impliqué de gripper le sacro-saint rouage néolibéral. Pourquoi s’être obstiné à maintenir le premier tour des élections municipales face à un tel risque, quand on voit aujourd’hui le nombre d’assesseurs touchés par le virus, donc aussi d’électeurs ?

 

Résultat : la France peut craindre d’aller vers une hécatombe, des morts évitables si le gouvernement n’avait pas été aveuglé par son idéologie capitaliste à tout prix, y compris celui de décès provoqués par l’imprévoyance, l’amateurisme et d’incessantes tergiversations.

Aujourd’hui, nous subissons de plein fouet les répercussions de cette politique de temporisation et d’attentisme, pour finir en sauve-qui-peut, typique des technocrates confinés à longueur d'année dans leur dogmatisme insensé qui les rend sourds à toute autre vérité que la leur.

 

Ce gouvernement n’est pas la hauteur de ce que les Français, le Peuple, sont en droit d’attendre de lui. Que ça plaise ou non, Emmanuel Macron n’a pas l’envergure de son ambition, pas plus que son gouvernement aux petits pieds, juste bon à imposer ou à réprimer. Y a-t-il un pilote à Matignon et à l’Élysée ? Y a-t-il un ministre qui sort du lot, à la hauteur de ses responsabilités et de sa fonction ? Sauf preuve du contraire, non !

Le Covid-19 est en train de détruire l’édifice factice et depuis longtemps branlant de ce gouvernement et, plus encore, de la Ve République qui ressemble de moins en moins à une démocratie digne de ce nom.

 

En attendant, le compteur des morts coronavirus s’affole, en France, en Europe, dans le monde. Et on voit combien les pays occidentaux arrogants n’ont pas eu la réactivité, la lucidité, la rigueur et le sens de la prévoyance nécessaires pour juguler la pandémie, à l’instar de la Corée-du-Sud, de Taiwan ou de la Chine.

En conséquence, le personnel soignant, en première ligne, commence à payer un lourd tribut du fait de l’impéritie d’un gouvernement obnubilé par la priorité de sauver au maximum les meubles économiques. Qui plus est, au détriment de la vie des ouvriers du BTP et autres secteurs industriels non primordiaux dans cette période dramatique. Le néolibéralisme est prêt à tuer par procuration pour sauver les dogmes. Du reste, malgré le constat criant de l’incurie de cette politique cynique et dangereuse, elle conserve des adeptes acquis à son mantra.

Difficile de ne pas se demander comment ils s’arrangent avec les cadavres qui s’accumulent à travers le monde, à cause de leur doctrine déconnectée de la réalité sociale et médicale ? Peut-on dormir sur ses deux oreilles en envoyant des gens au casse-pipe pour sauvegarder ce qui peut l’être de leur politique économique ? Comment s’arrange-t-on avec sa conscience ? Ressent-on de la culpabilité ?

 

Pendant ce temps, sur le terrain, des gens exposent leur vie quotidiennement et d’autres, de plus en plus nombreux, la paye de la leur. Pourquoi ? Parce que l’on a détruit les services publics et notamment celui de la santé. Réduisant les effectifs et le nombre des lits dans les hôpitaux, depuis 2008, en dépit du bon sens.

Pourtant, la santé ne devrait pas avoir de prix. Que l’on s’attaque aux gabegies, réelles dans les hôpitaux, c’est une chose mais que l’on réduise la capacité d’accueil et le personnel soignant, c’était un non-sens irresponsable de technocrates hors sol. Que l’on est en train de payer très cher. Trop cher. Décidant de faire des économies sur le dos de la santé. Cela va coûter beaucoup plus cher à l’État maintenant, bien plus que s’il avait écouté les professionnels de santé, exception faite des vendus, à l’instar de Buzyn et Véran qui ont préféré vendre leur âme à la sirène du Pouvoir. Par parenthèse, ça part bien sûr d’une attention très louable que d’applaudir tous les soirs les soignants, mais ça leur fait une belle jambe. Qui les a soutenus ces derniers mois lorsqu’ils ont fait grève et sonné l’alarme ? Bref.

 

Tant de morts iniques déjà, et tant d’autres à venir, sacrifiés sur l’autel du capitalisme technocratique. Et, bien que connaissant les risques, d’innombrables professionnels continuent par sens du devoir et des responsabilités, par humanité, solidarité, avec un courage incroyable, quel qu’en soit le prix pour elles et eux, ainsi que leurs proches qui risquent d’être des victimes collatérales.

Soignants, éboueurs, postiers, auxiliaires de vie, employés de la grande distribution, etc., etc., elles et ils prennent des risques inimaginables pour sauver des vies, les préserver, maintenir le pays à flot Tout ça pourquoi ? Pour qui ? Je ne pense pas que ce soit pour les beaux yeux de ce gouvernement, ni des précédents. S’il avait la moindre gratitude, il annoncerait une hausse des salaires ces personnes, après la pandémie. Mais combien on parie qu’ils auront d’autres priorités ? À moins d’avoir eu une révélation cathartique durant cette crise, on peut rêver.

En tout cas, Messieurs-dames, si les soignants étaient en nombre suffisant, si le nombre de lits, et les stocks de masques, de gants, de matériels de protection de première nécessité n’avaient pas été dilapidés, nous n’en serions pas arrivés à de telles extrémités. On ne le répétera jamais assez.

 

Pendant ce temps, les personnes handicapées à domicile sont livrées à elles-mêmes, sans protection à ce jour (lesquelles sont annoncées pour la semaine prochaine, si tout va bien et uniquement pour les aidants, les personnes handicapées n’y ont pas droit !).

D’ici la semaine prochaine, le virus peut continuer à infliger des dégâts irréparables, des malheurs et des souffrances.

De surcroît, la pénurie de tests de dépistage accroît considérablement les risques vitaux que l’on fait encourir aux personnes en situation de handicap, au même titre que les personnes âgées, toutes ces personnes prétendument à hauts risques. Mais faute de mieux, il faut faire avec et patienter, comme on nous y exhorte, et être indulgents avec nos dirigeants-à-vue. Tout va bien, Macron à la situation sous contrôle et se fait dépister autant qu’il veut. Et les personnalités en vue, les gens friqués, médiatisés à tour de bras, bénéficient sans vergogne de passe-droits afin d’être testés. Quand je vous dis que la France du bas vaut triplette, comme ses semblables dans les autres « démocraties » occidentales.

 

Ce qui est aussi dur à digérer, à mon sens, c’est la façon dont le gouvernement gère la crise sanitaire depuis le début, entre incohérences, approximations, dissimulations et mensonges, donnant le sentiment d’une navigation approximative, sans vision, bien que des nations ont montré le chemin à suivre.

L’erreur est humaine, même en politique, mais que l’on ait au moins la décence de nous dire la vérité, toute la vérité, de reconnaître ses erreurs, de faire humblement mea culpa. Non, c’est trop demandé à ce Pouvoir méprisant et infatué qui demande tout et son contraire au peuple depuis le début de la crise sanitaire.

En revanche, il réclame la confiance du Peuple. Il lui demande d’aller au casse-pipe pour sauver l’économie la fleur au fusil, tout en mettant…

 

En fait, le Pouvoir rend con la grande majorité de ceux qui en sont contaminés. Hélas, il n’existe toujours pas de test de dépistage efficace pour les déceler avant de voter pour elles et eux, car ce sont des bonimenteurs de première.

Mais, de grâce, que ces gens cessent de nous prendre pour des cons ! Donald Trump vient d’annoncer un plan d’action de 2000 milliards de dollars pour soutenir le système de santé (lequel), les entreprises et les industries. Deux mille milliards ! Alors que ça fait des années qu’il laisse la majorité des Américains dans la merde, comme Emmanuel Macron et tous les gouvernements néolibéraux. Preuve que du fric il y en a à profusion quand c’est nécessaire, sauf que la populace n’a aucune valeur autre qu’économique aux yeux de ces gens. D’ailleurs, l’avertissement d’Édouard Philippe, ce matin, « C’est un effort long auquel nous allons tous ensemble faire face », ne laisse rien présager de bon pour l’avenir de la France du bas, surtout si on compte sur un monde meilleur et socialement plus juste, il ne faut pas oublier que, dans la bouche d’un néolibéraliste, ça signifie exiger du Peuple de se serrer la ceinture d’un cran de plus pour sauver l’économie des riches.

Si rien ne change en profondeur après la crise sanitaire et que les Français retournent à leur inertie fataliste, ce sera à désespérer d’une certaine humanité.

 

Pendant ce temps, sur les réseaux sociaux, des électeurs annoncent leur décision de déchirer la carte électorale ? Ce qui montre le degré de défiance qui a été atteint à l’égard de ce gouvernement. Pour ma part, il est évident que, si Marine Le Pen et Emmanuel Macron se retrouvent de nouveau au second tour des présidentielles, en 2022, je vote blanc.

 

P.-S. : Martin Hirsch, ce haut fonctionnaire arriviste qui bouffe à tous les râteliers, directeur général de l’AP-HP, vient de lancer sur France Info, des trémolos dans la voix, un appel au secours, réclamant entre autres une réquisition des soignants si nécessaire et des respirateurs, alors qu’il a détruit les hôpitaux de Paris depuis qu’il est à leur direction et qu’il a méprisé les exhortations du personnel soignant, il y a encore peu, sourd à l’urgence de leur situation et aux manifestations depuis des mois. Encore un que le ridicule cynique n’étouffe pas. À vomir !

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