Appel au futur président de la République

À la veille du deuxième tour des élections présidentielles, l'APPAS interpelle Emmanuel Macron au sujet de l'accompagnement à la vie affective et sexuelle des personnes en situation de handicap ou de perte d'autonomie. Que va-t-il répondre ? Rien ? Positivement ?

emmanuel-macron-square500x500
 

Au nom de l’Association Pour la Promotion de l’Accompagnement Sexuel (APPAS) que je préside, je m’adresse solennellement à vous que l’on annonce d’ores et déjà comme vainqueur probable de l’élection présidentielle, le 7 mai 2017.

Depuis quatre ans, notre association essaie en vain de faire entendre la voix des personnes que nous défendons, pour lesquelles nous militons sans relâche et nous risquons 170 000 € d’amende et sept ans de prison pour proxénétisme bénévole !

De fait, non seulement, nous formons, en toute légalité, des accompagnant(e)s sexuel(le)s, à l’instar de voisins européens, mais, de surcroît, nous mettons en relation ces accompagnant(e)s sexuel(le)s avec des personnes en situation de handicap ou de perte d’autonomie qui nous sollicitent à cet effet, et ce en toute transparence, bien sûr. Puisque nous n’hésitons pas à médiatiser notre engagement en faveur de cette cause profondément humaniste, humanisante, inclusive, libertaire et tolérante, n’en déplaise aux détracteurs intolérants, discriminants, dogmatiques et exclusifs qui s’opposent aveuglément à toute forme de reconnaissance officielle de cette pratique exercée dans plus en plus de pays démocratiques, donc de légalisation de l’accompagnement à la vie affective, intime, sensuelle et/ou sexuelle en France, piétinant ainsi sans vergogne ni états d’âme le fondement premier de notre république démocratique : les droits de l’Homme et du Citoyen, qui plus est avec des arguments fallacieux voire mensongers.

Or, afin de travailler en toute sérénité, d’apaiser les personnes en situation de handicap et leurs parents, et de rassurer les professionnels du médico-social, l’accompagnement à la vie affective, intime, sensuelle et/ou sexuelle a besoin d’un cadre juridique et législatif pour clarifier une pratique qui se développe désormais sur notre territoire.

Pour mémoire, à ce jour, nous avons reçu près de 600 demandes, permis près de 150 accompagnements sexuels et formé 43 hommes et femmes, volontaires et autonomes, à l’accompagnement sexuel.

Par conséquent, au vu de cette situation éminemment hypocrite avec laquelle nous sommes contraints de nous accommoder, vous qui prônez une politique progressiste et libérale, seriez-vous prêt à étudier et mettre en discussion à l’Assemblée nationale un projet de loi proposant une exception à la loi sur le proxénétisme ? Parce que celui-ci, déjà rédigé par le service juridique de l’APPAS, n’attend que d’être présenté aux députés et sénateurs.

Dans l’espoir d’un engagement positif de votre part, recevez, Monsieur Macron, l’expression de mes respectueuses salutations.

 

Marcel Nuss, président de l’APPAS

 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.