Etudiant-e-s sans-papiers : le 17 mars, on marche !

Appel du Collectif des étudiant-e-s sans-papiers Ile de France : «Nous, étudiant.e.s sans-papiers nous nous plaçons dans une perspective de convergence avec les travailleur.euse.s sans-papiers autant que les exilé.e.s qui occupent les universités et les migrant.e.s mobilisé.e.s contre cet acharnement politique et les violences policières».

Pour la solidarité avec les étudiants sans papiers, le 17 mars,

On marche !

Nous sommes, pour la majorité d’entre nous, des étudiant.e.s sans-papiers ayant entamé nos études avec des titres de séjour. La préfecture a refusé de nous renouveler ce titre suite à un redoublement ou à une réorientation, nous refusant ainsi les mêmes droits qu’aux étudiant.e.s français.e.s. D’autres se sont vus refuser leur titre de séjour pour des raisons administratives propres à leurs consulats respectifs ou ont été débouté.e.s du droit d’asile, tout en poursuivant leurs études. Notre revendication est simple : une carte d’étudiant = un titre de séjour.

 

Si jusque là, des régularisations individuelles à titre exceptionnel étaient possibles, ce n’est plus le cas depuis août 2017. Ces négociations obtenues après plusieurs années de mobilisation ont connu un arrêt brutal à l’échelle de l'Ile-de-France mais également dans d’autres villes notamment à Lyon, Nantes, Grenoble, Le Mans. Ce durcissement n’est que la première étape d’une politique encore plus hostile à l’encontre des personnes mises en situation irrégulière et accentué par le projet de loi Asile et Immigration. En effet, cette loi vise à renforcer cet état de fait par un contrôle plus serré, un allongement de la durée de rétention et une systématisation des Interdictions de Retour sur le Territoire Français, etc.

Face à ces offensives, les étudiant.e.s sans papiers d’Île de France  (P1/P4/P7/P8/P10/P12/P13/INALCO) se mobilisent depuis novembre 2017 en réclamant leur régularisation immédiate au moyen de manifestations répétées en apportant également un soutien aux exilé-e-s de P8 et aux travailleurSEs sans papiers dont les 5 revendications sont : des papiers, un logement, un accès inconditionnel à la santé et aux études, une reconnaissance du statut des mineurs. Ces luttes sont partagées par un mouvement d’envergure nationale notamment à Nantes, Lyon, Toulouse et à Grenoble, où des universités ont été occupés par des exilé.e.s et des étudiant.e.s sans papiers en lutte.

Dans les discours politiques et médiatiques comme dans le traitement que leur réserve la préfecture, les étranger-e-s sont mis en concurrence. Tout est fait pour diviser les migrant-e-s entre les « bons » et les « mauvais-e-s », celles et ceux qui mériteraient un titre et les autres qu’il faudrait expulser.

Nous, étudiant.e.s sans-papiers, refusons de nous laisser enfermer par ces divisions. Au contraire, nos luttes doivent s’unir pour obtenir la régularisation de toutes et tous sans distinction de statut ni d’origine.  Engagé.e.s depuis novembre, nous nous plaçons donc dans une perspective de convergence avec les travailleur.euse.s sans-papiers autant que les exilé.e.s qui occupent les universités et les migrant.e.s mobilisé.e.s contre cet acharnement politique et les violences policières.

- Liberté de circulation !

Face à ces violences policières, à la chasse aux migrant.e.s et aux sans-papiers, nous appelons donc à converger nos luttes lors de la Marche des solidarités du Samedi 17 mars à 14h et à un départ commun depuis Opéra jusqu’à Stalingrad.

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