Rassemblement pour Ismaïl Deh : le témoignage de Awa Gueye

Nous publions les vidéos des interventions au rassemblement du vendredi 11 mai pour exiger vérité et justice pour Ismaïl Deh. Awa, soeur de Babacar Gueye : "Ils ne sont jamais punis les policiers".

ismail11mai

(Désolé pour la pub en début de vidéo)

180510-Awa Gueye © Michael Hoare

"Bonjour tout le monde, je m’appelle Awa Gueye et je suis venue uniquement par rapport à cette mobilisation, parce que je suis touchée parce que ça m’est arrivé. Les policiers qui sont là c’est eux qui ont tué mon frère, 5 balles à Rennes le 3 décembre 2015, c’est pour ça aujourd’hui que je suis touchée par cette douleur là. Parce que ça arrête pas et ça continue, ça arrivé à plusieurs personnes, encore les autres les autres encore les autres et jusque ça m’est arrivé et aujourd’hui ça arrivait à cette famille. Et je suis uniquement là pour ça.

Si je suis là aussi, c’est aussi pour rendre hommage à ce monsieur qui est parti comme ça. Parce que mon frère, il n’a rien fait de mal à personne on habitait ensemble avec mon fils qui a 11 ans. Il a fait une crise d’angoisse chez ses amis. Ce jour là on a passé la journée ensemble. Il est parti chez ses amis qui sont sénégalais, comme moi. Il a fait une crise d’angoisse à 4 heures du matin, il a pris un couteau de table, il s’est mis des coups dans le ventre. Son ami a appelé les pompiers, les pompiers ont appelé la police. La police est arrivé à 4 de la BAC, et 4 de la police municipale. Ça fait 8 policiers. Ils ont tiré 5 balles sur mon frère sans le maitriser. Est-ce que ça c’est normal ? Une personne qui n’a pas fait de mal à personne. Il se faisait du mal à lui-même. Il méritait qu’on le maîtrise, qu’on l’emmène à l’hôpital pour savoir ce qu’il se passe.

Mais ce qu’il s’est passé, c’est que les policiers ne sont jamais punis. Jamais ils n’ont payé ce qu’ils ont fait. Ce sont des criminels, ils sont là, on doit estimer ce qu’ils ont fait, ça ne s’arrête pas : dès qu’ils font ça, la justice est là pour les couvrir, on te mute où tu habites, tu peux travailler ailleurs, ou tu continues dans la même commune et personne ne sait que c’est ce policier qui a tué une personne, c’est trop facile. C’est trop facile.

On est là pour travailler, on n’est pas là pour voler, on est là pour mener notre vie. Chez nous on est heureuses, on mais si on est venu pour changer un peu notre vie, pour mener notre vie, pour travailler un peu et pour notre famille aussi. C’est la France aujourd’hui la France, c’est grâce à nos grands-parents. Mais aujourd’hui ils ne sont pas d’accord avec ça. Mais eux ils savent que la France est la France aujourd’hui grâce à l’Afrique. Et on nous respecte pas, on nous tue comme des mouches. Même les mouches quand tu les tues tu as de la pitié, mais eux ils n’ont pas de cœur. Ils n’ont de pitié pour personne. C’est un sale travail qu’ils sont en train de faire. »

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