Ce samedi 17 mars nous marchons pour Karim, Nour et Yassine

Ce samedi nous marcherons pour Karim, réfugié soudanais mort jeudi 8 mars Porte de La Chapelle, pour Nour, mineur isolé, jeune Pakistanais retrouvé mort, noyé dans la Seine, et pour Yassine blessé par balles par la police à Argenteuil. L'actualité de ces derniers jours illustre tragiquement l’urgence du combat porté par la Marche de ce samedi. Ci-dessous 3 articles sur Karim, Yassine et Nour.

Ci-dessous trois articles pour Karim, Nour et Yassine :

Pour Karim :

(Un départ collectif pour aller à la marche est organisé ce samedi du 18è : à 13H du Métro Marx Dormoy - un rdv a lieu de Porte de La Chapelle à 12H pour rejoindre Marx Dormoy)

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C’était un survivant. Il avait survécu à la Libye. Il avait survécu à la Méditerranée. Il avait survécu au passage de la frontière. Il s’appelait Karim. Il était Soudanais. Il est mort ce jeudi 8 mars, dans la rue, à Paris, porte de la Chapelle, à deux pas du centre dit « centre humanitaire d’accueil pour migrants ». À deux pas aussi d’immeubles vides appartenant à la mairie, à la région ou à l’État. Ahmed explique que ses amis sont allés voir les policiers pour prévenir qu’il allait mal. Mais ceux-ci ont attendu 3 heures pour intervenir. Karim était mort.

Macron avait dit qu’en décembre il n’y aurait plus personne à la rue. Nous sommes en mars et Karim est mort. Rien de fatal là-dedans, rien de « naturel ». Seulement le produit de choix politiques qui tuent. En Méditerranée, dans l’archipel des Comores, à Vintimille, à Calais comme à Paris.

 

Pour Yassine :

(Un départ collectif est organisé à Argenteuil pour aller à la marche ce samedi : à 13H à la gare d'Argenteuil avec le collectif Vérité et Justice pour Ali Ziri)

article à lire en entier : https://paris-luttes.info/argenteuil-les-flics-tirent-a-9718

La présomption de légitime défense n’a pas fini de faire des ravages. Yassine, un jeune d’Argenteuil a été blessé par balle suite à une course poursuite avec la police. Les flics parlent de « légitime défense », version contestée par les jeunes présents. Le Parisien lui, couvre la police. Comme d’habitude.

Si Yassine a été blessé à l’épaule, son état de santé s’est stabilisé. 
Mais cela n’a pas empêché les flics de porter plainte contre lui. Il est donc mis en examen sous la qualification criminelle de tentative d’homicide sur personne dépositaire de l’autorité publique. 
Il risque 10 ans de prison.

Mais la réponse va se faire sentir assez vite. 
Dans une ville déjà affectée il y a 9 ans, par la mort d’Ali Ziri, dans les mains de la police, un travail politique a déjà été mené sur la question de violences policières.

Le lien a été immédiat entre les acteurs associatifs et la famille. Un avocat a déjà été recruté et la famille semble mobilisée pour faire éclater la vérité sur cette énième violence policière.

Pour Nour :

Communiqué : Un mineur isolé pris en charge par l’ASE de Paris meurt faute d’un suivi adapté

Il se prénommait Malik Nurulain mais préférait qu’on l’appelle Nour. Nour est mort le 14 février 2018, retrouvé noyé dans la Seine à Paris. Il avait 17 ans. Victime de tortures, il avait fui le Pakistan à l’âge de 15 ans.

 En France depuis un an, sous la responsabilité de l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE) de Paris, il bénéficiait depuis peu de la protection subsidiaire accordée par l’OFPRA (Office français de protection des réfugiés et apatrides). Depuis cinq mois, il était pourtant logé seul à l’hôtel sans encadrement adéquat et en grande détresse psychique. Il avait déjà été pris en charge à deux reprises en hôpital psychiatrique avant que l’ASE ne décide de le mettre à l’hôtel faute de place adaptée en foyer.

Quelques mois après son placement à l’hôtel, il est sauvé d’une première tentative de suicide dans la Seine et pris en charge pour la troisième fois en hôpital psychiatrique. À sa sortie, il est à nouveau relogé à l’hôtel, seul face à ses traumatismes. Son corps inerte est repêché sept jours après sa sortie de l’hôpital.

Seule responsable légale de ce mineur non accompagné, l’ASE l’a maintenu à l’hôtel, dans un environnement manifestement inadapté pour assurer sa protection et ce malgré les risques avérés de suicide et les signalements répétés de l’entourage (amis, associations, administrateur ad hoc). En conséquence, nous dénonçons l’inaction de l’ASE de Paris qui, selon nous, relève d’une situation manifeste de non assistance à personne en danger.

Interrogée par l’entourage de Nour cinq jours après sa sortie de l’hôpital, l’ASE affirmait n’avoir aucune nouvelle de lui. Le signalement de la disparition à la Brigade des mineurs ne sera fait que douze jours après sa sortie de l’hôpital. Au moment du signalement de sa disparition par l’ASE, il était déjà mort depuis cinq jours. 

Sans la mobilisation d’associations et d’individus qui ont croisé le chemin de ce garçon, la mort de Nour serait probablement passée sous silence.

Le système actuel de la prise en charge de ces jeunes est totalement inadapté. Il est inadmissible qu’un mineur, qui relève de la protection de l’enfance, reste seul dans un hôtel sans l’accompagnement régulier de professionnels, alors qu’on connaît, de surcroît, sa vulnérabilité puisqu’il sort d’un séjour en hôpital psychiatrique. L’ASE a failli à son obligation de protection.

Comme de nombreux autres exilés, Nour avait risqué sa vie pour venir chercher la protection de la France. Ce n’est pas l’exil qui l’a tué, mais la défaillance du système de prise en charge des mineurs non accompagnés à Paris.

Le 15 mars 2018

APPEL AU RASSEMBLEMENT

Le mercredi 21  mars, à 18 heures

Place de l’Hôtel de Ville

 

À LA MÉMOIRE DE NOUR ET POUR DÉNONCER LES DÉFAILLANCES DE LA PRISE EN CHARGE DES MINEURS NON ACCOMPAGNÉS À PARIS

Organisations signataires :

- Adjie (Accompagnement et défense des jeunes isolés étrangers)

- Admie (Association pour la Défense des Mineurs Isolés Étrangers)

- Asmie (Association de Solidarité avec les Mineurs Isolés Étrangers)

- Collectif de vigilance du 12ème pour les droits des étrangers

- Fasti (Fédération des Associations de Solidarité avec Tou⋅te⋅s les Immigré⋅e⋅s)

- Fédération de Paris de la Ligue des Droits de l’Homme

- Gisti (Groupement d’information et de soutien des immigré⋅e⋅s)

- Hors la Rue

- La Voix de l’enfant

- Melting passes

- Mrap (Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples)

- Parcours d’Exil

- Resf (Réseau Éducation Sans Frontières)

- SUD Conseil départemental de Seine-Saint-Denis

- Utopia 56

 

Contacts :

Dalila Abbar 06 62 83 93 79

Dr Pierre Duterte 06 76 18 41 06

 

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