Marche des Solidarités
Nous, familles des victimes, MigrantEs, ImmigréEs, contre les violences policières, contre la chasse aux migrantEs et aux sans-papiers, contre le racisme d'Etat et le ciblage de la jeunesse et des quartiers populaires, pour la vérité, la justice, la dignité, l'égalité, la liberté, on appelle toutes et tous à marcher le 18 décembre, partout en France !
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Billet de blog 18 sept. 2020

Marche des Sans-Papiers: lettre à Emmanuel Macron

«Des quatre coins du pays, pour l’égalité, nous marchons»: la Marche démarre ce samedi 19 septembre de Marseille et Montpellier. D'autres marches s'ajouteront dans les semaines qui viennent de Grenoble, Lille, Rouen, Rennes, Strasbourg. Toutes convergeront pour une manifestation nationale à Paris le samedi 17 octobre vers l'Elysée. Ci-dessous une lettre ouverte de la Marche à Emmanuel Macron.

Marche des Solidarités
Nous, familles des victimes, MigrantEs, ImmigréEs, contre les violences policières, contre la chasse aux migrantEs et aux sans-papiers, contre le racisme d'Etat et le ciblage de la jeunesse et des quartiers populaires, pour la vérité, la justice, la dignité, l'égalité, la liberté, on appelle toutes et tous à marcher le 18 décembre, partout en France !
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Pour suivre les étapes de la Marche, s'y joindre, suivez et relayez le site https://marche-des-sans-papiers.org et la page Facebook 

Pour aider au financement : https://www.lepotcommun.fr/pot/ssqm0lal

Lettre ouverte à Emmanuel Macron, président de la République,


Monsieur,

Monsieur le président, nous marchons.

Des quatre coins du pays, pour l’égalité, nous marchons.

Plusieurs centaines d’entre nous, sans-papiers en tête, vont traverser ce pays où nous vivons, venus du sud, du nord, de l’est et de l’ouest appuyés par la solidarité des habitantes et habitants sur les ronds-points, les routes, les places de nos villages, les quartiers de nos villes.

Et nous serons des dizaines de milliers à Paris, à leur arrivée, le samedi 17 octobre pour aller vers le palais de l’Elysée.

De toutes les villes du pays et des quartiers où nous vivons, ensemble, des écoles où nous envoyons nos enfants, des lieux où nous travaillons, nous allons marcher.

Nous marcherons en hommage à nos anciens et anciennes, ces hommes et femmes venus d’Algérie tués par centaines par la police un 17 octobre 1961 alors qu’ils et elles marchaient pour la liberté.

Nous marcherons en hommage à nos milliers de frères et sœurs qui meurent chaque année sur les routes de la migration alors qu’ils et elles marchent avec l’espoir d’une vie meilleure et plus juste.

Sans-papiers en tête, nous marcherons avec nos centaines de collectifs de solidarité et de lutte, nos associations et nos syndicats, nos familles, nos amis et amies, nos voisins et voisines, nos collègues pour la régularisation de tous les sans-papiers.

Monsieur le président, nous ne marchons pas pour demander un cadeau ou implorer votre générosité. Nous savions depuis longtemps, avant même les milliards que vous distribuez actuellement, que la question des moyens n’était pas le problème. Nous marchons pour gagner l’égalité.

Nous vivons ici, ensemble, avec ou sans papiers. Et vous savez que l’absence de droits pour les sans-papiers et la précarité pour les demandeurs d’asile gangrènent toute la société, favorisent le racisme, légitiment les contrôles au faciès et toutes les inégalités et attaques sociales. Nous marchons pour l’avenir.

En ces temps de crise sanitaire où vous faites appel à la responsabilité de chacune et chacun, nous prenons les nôtres en marchant dans le respect des règles sanitaires. Votre responsabilité est de fermer les centres de rétention, donner accès à des logements décents pour toutes et tous les sans-abris et les mal-logéEs et garantir les droits qui permettent d’assurer la protection de toutes et tous, au travail comme dans la vie quotidienne, et l’accès égal à la santé. Nous marchons pour une société plus sûre pour toutes et tous.

Permettez-nous de vous rappeler que, pendant la crise sanitaire, de nombreux et nombreuses sans-papiers font partie des premières lignes, corvéables à merci et sur-exploités, sans droits et/ou perdant leur emploi sans chômage partiel.

Et nous marchons avec et pour cette jeunesse, ce futur que vous laissez à la rue, en proie à tous les trafics ou ces jeunes pour lesquels "reconnaissance de minorité" veut trop souvent dire solitude dans des chambres d'hôtels insalubres, sans accès à l'école, attendant leur majorité pour être remis à la rue et aller grossir les rangs des Sans-papiers.

Alors, monsieur le président, nous serons à votre porte le 17 octobre. Nous espérons qu'elle sera ouverte.

Monsieur le président, nous voulons l’égalité. Simplement l’égalité. Et vous ?

En l’attente de votre réponse, veuillez recevoir, Monsieur le président, l’expression de toute notre détermination à lutter pour une société plus sûre, plus juste et égale.

Les participantes et participants de l’Acte 3 des Sans-Papiers

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