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Billet de blog 22 mars 2021

Italie: grève globale des travailleurs Amazon, une première au monde

Environs 40.000 travailleurs Amazon se croisent les bras en Italie. La mobilisation, une première au monde pour le géant de Seattle, a été annoncée il y a dix jours car les négociations avec les syndicats « ont été brusquement interrompues ».

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Environs quarante mille travailleurs Amazon se croisent le bras en Italie. C'est le premier cas au monde où l'ensemble de la chaîne d'approvisionnement, des entrepôts aux coursiers, se joint à la mobilisation. La mobilisation a été annoncée il y a dix jours parce que, expliquent les syndicats, les négociations entre Filt Cgl, Fit Cisl, Uiltrasporti et Assoespressi, sur la plateforme de négociation de second niveau de la chaîne d'approvisionnement d'Amazon, "ont été brusquement interrompues en raison du manque de volonté de l'association patronale d'aborder positivement les questions posées par le syndicat".

Des milliers de personnes se sont retrouvées devant les grilles du quartier général italien du géant du commerce électronique, demandant la solidarité des consommateurs en les invitant à ne pas acheter pendant toute la journée. "Respectez-la, n'achetez pas pendant 24 heures". "L'adhésion à la grève est variable, mais nous sommes autour de 70-75%" a quant à lui expliqué le secrétaire général de Filt Cgil, Stefano Malorgio. Les sujets de négociations sont nombreux : charges de travail, correcte classification professionnelle du personnel, réduction du temps de travail des chauffeurs, chèques-repas, stabilisation des travailleurs temporaires, continuité de l'emploi et arrêt du turnover exaspéré.

"Douleur physique et malaise psychologique"

Francesca Gemma, 30 ans, originaire de Collevecchio, travaille au centre Amazon de Passo Corese depuis octobre 2017. Elle a un contrat à durée indéterminée, travaille cinq jours sur sept, 40 heures par semaine en équipes de nuit et de jour, pour un salaire de 1 300 euros par mois. "Si cela ne tenait qu'à moi, je changerais tout de suite deux choses qui sont vraiment insupportables : les horaires des postes et la répétitivité du travail", dit-elle juste avant d'entrer dans l'usine pour un poste qui se terminera à 22h30. De nombreux travailleurs parlent de douleurs physiques mais aussi de détresse psychologique. "Quand on est chargé de collecter  on doit faire le même mouvement pendant huit heures, à l'intérieur d'une sorte de cage. Il n'y a pas d'alternatives. En quelques jours, vous avez des douleurs dans les bras, le dos, les genoux", explique Francesca Gemma.

"20 kilomètres parcourus par jour"

Un autre employé Giampaolo, comme relate La Repubblica, explique que son travail se divise en "pick" et "pack". "Avec le picking, vous devez aller chercher les colis d'un côté à l'autre et cela signifie que vous parcourez en moyenne 20 kilomètres par poste. Avec le pack, par contre, vous puisez dans le dos, les épaules, les bras, les poignets. J'ai moi-même une attelle à la cheville". Ensuite, il y a la question des managers, qui seraient les chefs de service placés pour contrôler le travail des magasiniers. "Les phases de travail sont préétablies", explique Giampaolo.  "Le système est piloté par un algorithme, qui demande des chiffres. Ceux qui sont au sommet ne se soucient pas de savoir si ces chiffres sont obtenus par de bons ou de mauvais moyens. Le pouvoir est entre les mains de ces managers, des jeunes de 25-30 ans tout juste diplômés, qui décident parfois d'en faire un usage intransigeant et dangereux".

"Après trois jours, les jambes me font mal, après un mois, les tendons des poignets"

Les travailleurs de l'entrepôt, les rouages de cette opération logistique de premier plan, affirment que même le moment de la douleur est désormais normalisé. "Au troisième jour de travail, un ramasseur ne peut pas marcher à cause de la douleur dans ses jambes. Au bout d'un mois, cependant, les tendons des poignets commencent à faire mal. De temps en temps, quelqu'un s'évanouit. Ici, disons que l'infirmerie est très occupée. Le secret pour durer ici est de comprendre ses limites et d'agir en fonction d'elles."

De son côté, la multinationale détenue par Jeff Bezos rétorque point par point : "Nous mettons les employés au premier plan, nous leur offrons un environnement de travail sûr, moderne et inclusif, avec des salaires compétitifs, des avantages sociaux et d'excellentes opportunités de croissance professionnelle".

"Le Parti démocrate est prêt à rencontrer les travailleurs Amazon pour écouter leurs raisons et défendre les droits des travailleurs à l'ère de l'algorithme". C'est ce qu'a déclaré le secrétaire adjoint du Parti démocratique Peppe Provenzano sur Facebook.

@marco_cesario

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