Coronavirus: grève générale en Italie contre le chantage des industriels

La Confindustria, la puissante fédération des industriels italien, fait pression sur le gouvernement pour ne pas fermer toute l'activité industrielle. En réponse, les principaux syndicats italiens CGIL, CISL et UIL appellent à une grève générale. "La santé des travailleurs est plus importante que le profit économique". Les syndicats lombards annoncent une grève pour mercredi 25 mars.

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Apparemment, des milliers de morts ne suffisent pas. Confindustria, la puissante confédération des industriels italiens, continue à faire pression sur le gouvernement pour ne pas fermer des dizaines d'activités même si celles-ci ne sont pas nécessaire à la survie du pays. Ainsi, la liste des activités nécessaires pour maintenir la viabilité économique du pays est allongée comme par magie. En réponse, les principaux syndicats italiens, Cgil, Cisl et Uil, sont prêts à proclamer dans toutes les catégories d'entreprises qui n'exercent pas d'activités essentielles l'état de mobilisation et la demande conséquente de recours au fonds de licenciement, jusqu'à la grève générale.

 Les syndicats lombards en grève demain 25 mars

Les syndicats lombards annoncent la grève déjà pour demain 25 Mars. La décision, explique le secrétaire de la Fim-Cisl, Marco Bentivogli, "a été prise pour que la Lombardie puisse être considérée comme une région où des mesures plus restrictives sont nécessaires sur les activités à laisser ouvertes". Alors que le nombre de victimes du coronavirus augmente, les travailleurs d'autres entreprises lombardes se mobilisent aussi: les travailleurs des entreprises chimiques, textiles, caoutchouc-plastique et caoutchouc-plastique font savoir qu'ils sont prêts à faire grève. La Fiom (Fédération des employés de la métallurgie) avertit qu'elle est prête à faire grève si les dispositions ministérielles ne sont pas immédiatement vérifiées d'ici aujourd'hui et si les conditions de sécurité définies dans le protocole commun du 14 mars 2020 ne sont pas remplies. L'inclusion d'une série d'activités de divers types dans les activités de l'entreprise à considérer comme essentielles, qui n'ont rien d'essentiel", disent les syndicats dans une note, "affaiblit le décret et crée l'effet de réduire au minimum le nombre de travailleurs qui pourront rester à la maison.


Les travailleurs en grève également dans la région de Turin

Fiom de Turin a annoncé que les travailleurs des usines "Avio Aero" de Rivalta et Borgaretto sont également en grève. Les employés de "Alessio Tubi" et "Officine Vica" s'agitent pour protester contre la décision de laisser ouverte la production non essentielle. Edi Lazzi, secrétaire général de la Fiom Cgil à Turin : "Les grèves s'inscrivent dans le cadre de la mobilisation nationale unitaire pour obtenir des modifications du décret et de la liste des codes Ateco figurant à l'annexe 1 du décret du 22 mars 2020″. Le secrétaire d'État Lazzi pointe du doigt le gouvernement, coupable d'avoir succombé à la "pression de la Confindustria" et d'avoir "élargi les secteurs et les productions "essentiels" bien au-delà du périmètre acceptable, en continuant inutilement à exposer ces travailleurs au risque de contagion".

Grève des métallurgistes, "des mesures sont nécessaires pour protéger la santé des travailleurs".

"La liste des activités indispensables dans cette situation d'urgence pour l'infection par le Coronavirus a été plus que doublée par rapport à celle convenue avec le syndicat", a déclaré ce matin la secrétaire Francesca Re David (Fiom- CGIL), animatrice d'Omnibus. "La mobilisation des métallurgistes se poursuivra jusqu'à ce que le gouvernement prenne les mesures nécessaires pour protéger la santé et la sécurité des travailleurs de l'industrie", a-t-elle poursuivi. Toutes les activités de production ont été suspendues pour empêcher la propagation du coronavirus.

Ces derniers jours, la Cgil, le Cisl et l'Uil ont demandé une réunion urgente avec le président du Conseil pour vérifier les effets de l'application du protocole commun pour la réglementation des mesures visant à combattre et à contenir la propagation du virus Covid-19 sur le lieu de travail" et pour demander des mesures plus strictes de suspension des activités non essentielles compte tenu de la progression substantielle de la contagion.

@marco_cesario

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