Coronavirus : les musées dans la nuit ... la CGT cherche la lumière

VENDREDI 20 MARS 2020 - Au cours de la réunion exceptionnelle provoquée par l’exercice de leur droit d’alerte, les représentants du personnel CGT au CHSCT de Paris Musées furent bien étonnés en entendant, vendredi 13 mars 2020 à 15 heures, la directrice générale Delphine Lévy annoncer la fermeture des musées de la Ville le soir même.

Eût-elle été touchée par une lueur de sagesse et de compassion envers ses agents ? Trop beau pour être vrai !

Deux heures plus tard en cette avant-veille d’élections, la Maire de Paris faisait annoncer l’ouverture des portes encore entrebâillées… Une marche arrière autocratique allant à l’encontre des préconisations sanitaires, quitte à exposer au risque de contamination le personnel autant que le public des musées.

Le soir même, et au moment où la CGT envoyait un communiqué scandalisé (on se croirait au théâtre de Guignol), les musées étaient de nouveau annoncés clos, dans la foulée des musées nationaux.

Dès lors, une longue nuit tombait sur les musées de la Ville…

Trois jours plus tard, point de résurrection bien au contraire, le CHSCT apprenait la veille à 18 h 30 que la réunion « de crise » qui devait se réunir le mardi 17 mars 2020 à 15 heures  était suspendue aux lèvres crispées d’Emmanuel Macron dont l’oracle serait prononcé le lundi soir…

« On est en guerre (…) On est en guerre (…) On est en guerre (…) On est en guerre… », ânonnait mécaniquement le Président. Au pays des musées, c’est plutôt la drôle de guerre : à ce jour, les organisations syndicales, arpentant les Ardennes de la capitale déserte, sont sans nouvelles de la direction de Paris Musées.

Nul point avec le CHSCT – ni par courriel ni par téléphone, comme dans d’autres établissements – sur les mesures prises pour mettre les mille agents à l’abri du virus, et encore moins par conséquent de celles que l’on a oubliées pour celles et ceux qui continuent de travailler… Transports en communs assurés, travail à l’étroit dans des lieux minuscules confinant à la promiscuité non masquée, non gantée, poubelles non vidées, toutes les conditions sont réunies pour que nos collègues deviennent des statistiques.

La CGT invite l’ensemble des organisations syndicales siégeant au CHSCT à exiger de la direction de Paris Musées qu’elle réponde aux interrogations des agents :

•  Quelles sont les garanties données pour assurer le paiement à 100 % des revenus de tous les personnels, quel que soit leur statut ?

•  Comment se formalisent les garanties pour les vacataires prévus sur les expositions en suspens ?

•  Combien d’agents se rendent encore sur leur lieu de travail ?

•  Quelle est la justification de ces déplacements, alors que la majeure partie de la population doit rester chez elle pour lutter contre la pandémie ? 

•  Quels sont les conditions et les moyens de protection employés ?

•  Pourquoi laisse-t-on entendre aux agents confinés qui ne peuvent pas faire du télétravail qu’ils doivent rester mobilisables ?

•  Quels sont les projets, s’il y en a ?

•  Qu’en est-il des congés annuels ou RTT posés par certains avant le confinement ?

•  Comment la Direction s’assure-t-elle des bonnes conditions du télétravail ? Moyens matériels (quand tous les membres de la famille sont en télétravail y compris les enfants), ergonomie des postes, rythmes…

•  Quelle est la situation sanitaire au sein du personnel de Paris Musées ? (des agents contaminés ?)

Un bombardement de questions sans réponse alors que le bureau de la prévention des risques professionnels, censé s’activer en télétravail, voit sa charge de travail diminuée des signalements du quotidien, du suivi des plans de prévention, etc. Nous allégerons encore sa tâche en rappelant notre opposition ferme à la poursuite des travaux envisagés, fussent-ils des démontages ou montages d’exposition, ils ne revêtent pas le caractère d’activité essentielle à la nation et mettent cependant en péril la salubrité publique.

Osons mendier quelques nouvelles du front !

Osons libérer les prisonniers avant qu’ils ne soient des victimes !

Osons nous préoccuper, à la place d’une direction aux abonnées absentes, de nos collègues isolés !

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