Les électeurs n'attendent pas ... échos des jardins de la Ville de Paris

Après 2 mois et demi de fermeture des parcs et jardins, la nature a d'abord repris ses droits. Les rats des villes sont redevenus rats de champs. Mais plus la réouverture appelée de ses vœux par Anne Hidalgo approche, plus les corps des ouvrières et ouvriers municipaux ploient sous le poids de l'échéance électorale.

Les cadences, le dos, l'ouverture des jardins : le retour à la normale ?

Aujourd'hui y a apéro. Un collègue part dans un autre atelier. Ça se fête. Demain c'est le pot avec les chefs, aujourd'hui c'est l'apéro entre nous.

Aujourd'hui, c'est aussi l'annonce qu'on rouvre les parcs et jardins parisiens samedi. Allez, peut-être mardi au plus tard, mais vraiment, sûrement samedi. C'est toujours la campagne des municipales, me fait remarquer un collègue à l’apéro. Perspicace.

Un autre collègue présent se plaint de son genou, qui s'est réveillé depuis le 11 mai. Un troisième parle de sa hanche, et puis du kiné qui ne pratique pas en ce moment. Moi c'est le dos, le bas du dos, qui me tiraille de nouveau.

On travaille trop en ce moment, beaucoup plus que d'habitude !

On se plaint de ces blessures si caractéristiques de notre métier, on a entre 28 et 38 ans. L'apéro prend un tour étrange. On avait plus mal pendant le confinement. Tiens donc. Ce serait donc le boulot qui ... ?

Et puis un collègue, encore un autre : "on travaille trop en ce moment, beaucoup plus que d'habitude !"

Les pelouses à tondre sont tellement hautes. Faut débroussailler les allées, arroser tout ce qui n'a pas crevé pendant le confinement, refaire les bordures, planter les massifs d'été, et puis repeindre les bancs et les clôtures. Repeindre ?! Mais oui, car on rouvre, on rouvre très bientôt, alors vite vite vite au boulot !

Le collègue continue : "la double dose de boulot qu'on a là, tu vas voir qu'ils vont s'y habituer là-haut ! Ça va devenir le rythme normal du boulot."

Alors finies les pauses supplémentaires parce qu'on est fatigué-es. Finies les clopes, les cafés, les petites discussions. Maintenant c'est bêche, pioche et balais, et que ça saute ! Les électeurs n'attendent pas, ils mettent la coutume ouvrière au trépas.

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