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Billet de blog 16 janv. 2022

Entre le vaccin ou le monde nouveau que nous voulons: Appel à désobéissance civile.

Le pouvoir se sert du vaccin pour éviter d'engager des politiques de changement radical. Refuser le vaccin est alors une objection politique. Laquelle s'oppose à l'irresponsabilité du pouvoir qui emmerde les non vaccinés, créant, au passage, de nouveaux boucs émissaires, sommet de l'inconscience politique. Ces dérives invitent à rejoindre cet Appel pour une désobéissance civile bien justifiée

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 Choisir entre le vaccin ou le monde nouveau que nous voulons: Appel à une désobéissance civile bien justifiée.

 La stratégie du vaccin cache l’irresponsabilité du politique et renvoie à jamais le monde que nous voulons.

Il faut comprendre que le vaccin est devenu la réponse à tout sans répondre à aucun des enjeux lourds qui affectent la population biologique des humains. Si le vaccin répond à quelques besoins de se protéger de la maladie sur un très court terme (celui qui sépare les déferlantes de variants d’une part et bientôt, inévitablement, l’arrivée d’autres virus), cela paraît bien maigre en termes d’équilibre «risques/bénéfices». Si le néolibéralisme qui nous saoule croit voir des bénéfices plus importants que les risques, c’est qu’il ne voit, à son habitude, que le bénéfice court terme en niant tous les risques long terme, autre manière de renvoyer encore aux générations futures le tribut de nos abandons. Il applique, par-là, et toujours à son habitude, la stratégie permanente de la privatisation des bénéfices (tout de suite) et de la collectivisation des charges que les risques font peser à long terme. Le jeu vicieux des cupides est, perpétuellement, de préférer toujours les profits immédiats en refusant de voir ce qui se passera demain.

Le vaccin est sans cesse utilisé, par le discours politique perfide qui l’a mis en place, comme la solution qui permet de ne plus se poser de questions : il devient inutile de rechercher des solutions de fond aux problèmes de fond que notre « civilisation » rencontre puisque le vaccin est là. Les citoyens peuvent dormir tranquilles.

Quelques exemples :

  • Les risques de mourir dus au covid sont décuplés par les comorbidités (obésité, diabète…) dont les plus manifestes sont directement liées à la malbouffe et aux perturbateurs endocriniens. Mais il est devenu inutile de s'attaquer aux comorbidités, on peut continuer la malbouffe, les épandages de pesticides, les produits chimiques à outrance, la pollution de l’air…, on a le vaccin pour limiter les dégâts des comorbidités. Ou plus exactement, le pouvoir a, dans le vaccin, l’opportunité de construire ses « termes de langage », pour justifier de ne pas s’occuper des comorbidités à la hauteur des enjeux.
  • L'hôpital aurait besoin de lits supplémentaires et d'une réforme lourde. Mais non, la réforme est inutile, le vaccin apporte la solution. Et il a même permis de réduire encore de 5000 le nombre de lits hospitaliers en 1 an En pleine pandémie, c’est éloquent non ?
  • Inutile d’arrêter la déforestation massive et les modèles d’élevage intensifs qui démultiplient les zoonoses. Le sésame vaccinatoire nous permettra toujours de nous en sortir !
  • Nous aurions besoin d'une politique de santé et d'une politique alimentaire permettant d'améliorer l'immunité naturelle de la population (de 20%, de 30%, de 40 % ce qui permettrait de mieux résister à la Covid mais aussi à tous les virus à venir). Inutile ! on a le vaccin qui fait qu'on peut continuer à avoir une immunité très mauvaise - et on verra pour le reste, un jour, peut-être après les élections.
  • Le stress est un facteur qui fait baisser la capacité immunitaire de manière très importante (les ondes qui stressent nos cellules aussi). Mais on ne va quand même pas réduire le stress au boulot, ni à la TV.... Continuons plutôt de maintenir les risques psycho sociaux à un niveau maximum (c'est bien que les travailleurs stressent fortement : ils font moins chier quand ils ont peur. Et c’est pareil pour les citoyens…). Nous avons le vaccin qui permettra de ne pas faire baisser le stress. Et la 5 G, problématique ? Peu importe l’exposition aux ondes, pas grave, on peut continuer, on a le vaccin qui compense la perte d'immunité liée aux effets des ondes sur nos cellules.
  • Limiter le trafic aérien ? Mais pourquoi donc, avec le vaccin, on peut continuer de remplir les cabines, en serrant bien, et relancer les brassages mondialisés dans tous les sens, sans se poser de question sur l’utilité des voyages ! D’ailleurs le trafic aérien a bien repris, avec quelques milliards de soutien que n’ont pas eus le vélo, la culture bio, le photovoltaïque et autres activités nécessaires au nouveau monde que nous voulons . C’est éloquent, non ?
  • S’attaquer au problème du mal-logement et à la promiscuité urbaine ? Mais pourquoi donc ? Le gouvernement est censé ne plus confiner car nous avons le vaccin. Alors révolution urbanistique et solutions radicales pour adapter/modifier les conditions de logement des plus mal logés, tout cela attendra à plus tard.
  • Etc… Etc… Etc

Le truc un peu bêta c’est que le vaccin ne vaccine, visiblement pas, contre la bêtise ! Mais il endort les consciences.

En réalité, le néolibéralisme moderne a toujours intérêt à ce que la population soit plus malade qu’en bonne santé. Un citoyen en bonne santé, dans son corps et dans sa tête, génère beaucoup moins de PIB qu’un citoyen malade ou dépressif poussé vers la consommation compulsive de compensation et/ou la consommation curative de médicaments et autre antidépresseur. Donc la logique, c’est de ne pas guérir tout le monde. On va même profiter de cette belle aubaine d’une maladie planétaire pour faire tourner, plus encore, le néolibéralisme des produits de synthèse et des officines de profit…

Au regard de ce cynisme, comment alors interpréter les vœux de bonne santé que le Président a encore souhaité à tous, récemment, la main sur le cœur ? En réalité, il ne s’agit pas de compassion, il ne s’agit que d’une désinformation communicationnelle : dire le politiquement correct pour cacher la réalité objective.

Aujourd’hui, pour le pouvoir, le vaccin constitue une manière de « tirer la chasse » pour évacuer les problèmes par un effet d’optique. Tirer la chasse, oui, nous sommes dans le registre de celui qui veut « emmerder les non vaccinés » (j’y reviens ci-après).

Et pour s’assurer que personne ne moufte, le pouvoir surenchérit d’autoritarisme sous la forme d’un pass vaccinal dont la seule fonction est la sidération, une forme d’effet kiss cool dont la force supprime ou stérilise les tentatives de réaction : exagérer pour souffler la réaction, tout comme pour éteindre un puit de pétrole en feu, il faut une surpuissance d’explosifs pour couper l’incendie.  Pass vaccinal considéré par plusieurs scientifiques éclairés comme un outil de campagne électoral contre-productif pour la gestion de la pandémie… et qui sera probablement considéré, pour l’inégalité notoire entre les citoyens qu’il créée, comme anticonstitutionnel le jour où un groupe politique ou un groupe de citoyens sollicitera le Conseil Constitutionnel. Déjà, un tribunal administratif a remis en cause la pertinence du port du masque en extérieur jugé excessif. L’excessivité est la stratégie du pouvoir pour « faire passer la pilule ». Cette stratégie n’est pas digne du pouvoir qui signe, par elle, en réalité, toute son impuissance au fond.

Mais il y a pire : le vaccin est là pour nous dire qu’il est inutile de se poser la (pourtant vraie) question de notre finitude. Inutile de "penser" notre finitude et de parler, pour de vrai, de notre mort (qui viendra pourtant). Le vaccin continue de nous offrir le cadeau (empoisonné) d’une illusion : celle de notre invincibilité. Cadeau apporté sur un plateau d’argent (télévisé), chaque jour, par un prédisant, un premier sinistre, un ministre de la santé du CAC40 ou encore par des médias ayant perdu toute déontologie de l’information critique. Face à la mort, on ne recule devant rien, elle justifierait tout. On peut donc appuyer sur le bouton ou la seringue pour faire passer un méga mensonge, une méga contradiction. Arrêtons immédiatement de penser à cette question fondamentale de notre finitude : cela nous économisera des réactions écologistes et philosophiques sur l’extinction de l’espèce homo sapiens. Autrement dit, après nous le déluge !

En réalité, le délai entre les doses de rappel successives est de plus en plus court et ce raccourcissement ne semble pas près de s'arrêter. C’est l’urgence du politique qui a défini ce délai en tordant le bras de scientifiques qui ont fini par dire tout et son contraire pour lui plaire : 1 an -comme la grippe - puis 7 mois, 5 mois, 4 mois, 3 mois…. A quand la perfusion permanente ? On y arrive avec le vaccin en patch composé d’un cocktail de produits de synthèse en cours d’expérimentation, on n’arrête pas le progrès… mais où est la vie ?

En fait, le vaccin nous renvoie à ce court-termisme que, par cupidité outrancière, les néolibéraux et les politiques en mal de réélection nous imposent depuis longtemps. Le vaccin ne nous dit-il pas « Ah , vous vous gorgez de court-termisme ; vous êtes devenus LA civilisation du court-termisme qui en veut toujours plus et plus vite. Vous pensiez vous affranchir des vraies questions pour mieux profiter encore de ce toujours plus, encore plus vite ? Et ben non ! vous voilà dépendants de la seringue : reprenez donc une tasse de cet élixir satanique et vénéneux ! » Jusqu’à la lie. Vaccin à prendre et à reprendre, sans limite et de plus en plus vite (malgré les contre-indications émises par des scientifiques éclairés), en faisant bientôt des signes de croix sur vos comptes en banque vénérés. Ce vaccin est en train de nous renvoyer à la figure une vérité que nous ne voulions pas voir: le court-termisme est juste une impasse et rien d'autre. Mais le virus sera-t-il assez fort pour que cette évidence soit reconnue ? Pas sûr malheureusement tant les têtes sont dures.

C’est la culture économiciste qu’il faudrait transformer. Tiens, bizarre, pourquoi le pouvoir ligote justement, la culture, mettant des bâtons dans les roues à cette fabrique des nouveaux imaginaires ? c’est éloquent, non ?

2022 Objection de conscience vaccinale pour faire venir plus vite le monde que nous voulons

Ce qui précède nous impose de ne plus évoquer le Covid comme une simple pandémie. Se joue entre nous, entre lui et nous, un enjeu bien plus important : Nécessité de se poser, de réfléchir. Nécessité d’accepter les conséquences de ce que nous avons fabriqué, détruit. S’engager à reconstruire. Peser plus fort que les journaux télévisés et le personnel politique qui ont perdu le nord.

Rester modeste, mais peser avec ce que je suis (si peu). Me faire vacciner docilement, sans réfléchir ou pas ? Après réflexion, ma position est claire : je me vaccinerai (pour l’intérêt général) le jour où les gouvernements définiront un ensemble de politiques cohérentes visant à rétablir la capacité immunitaire optimale et naturelle des humains sur toute la planète, et en visant honnêtement l’intérêt général. Et je ne me vaccinerai pas avant.

J’ai acquis en quelque soixante ans la conviction qu’il vaut mieux « faire avec » que se battre contre la Nature. Disant cela, je ne défends pas la Nature, je suis la Nature qui se défend.

Il s’agit d’un acte de responsabilité citoyenne : je veux, par cette objection, demander clairement à ce que toutes les politiques publiques soient réorientées vers l’amélioration significative de l’immunité collective et individuelle, cette résilience personnelle et commune qui passe par une transformation radicale de notre culture socio-économique et le respect de nos écosystèmes naturels, tant à l’échelle territoriale que nationale et internationale.

Je demande que ce droit à l’objection au vaccin, pour ne pas renvoyer le monde que nous voulons à plus tard, soit reconnu, comme le fut l’objection de conscience à la militarisation de la société au profit de quelques-uns, préférant, déjà, la non-violence.

La même forme d’objection peut être activée, par d’autres, en refusant la 3ème dose (ou la 4ème ou… qui arriveront). Pour ceux qui sont contraints par des interdictions professionnelles, l’objection peut prendre la forme de postures d’information, de bienveillance, de rigueur dans l’accueil des citoyens, déjà si nombreuses dans le corps médical. Ce mouvement existe déjà, il faut le rendre visible.

Ici, refuser le vaccin n’est pas une posture anti-vaccin sur le plan médical, c’est une objection politique, un acte de responsabilité citoyenne.

Il n’y a pas lieu, non plus, de s’opposer systématiquement au caractère obligatoire de certains vaccins. Certains vaccins peuvent être utiles, quand cela est justifié et sans usage des dogmes pseudo-scientifiques ou politiques débiles. Nous devons réfuter, avec force, tous ceux qui, par déficience intellectuelle, font un lien systématique entre vaccin et obligation. Imposer 11 vaccins dans la même seringue aux nourrissons est une bêtise évidente, scientifiques et politiques l’ont faite. N’est-ce pas une autre bêtise d’imposer un vaccin à qui on demandait, il y a 24 mois, tambour télévisuel à l’appui, de dépasser 90% d’efficacité quand les mêmes reconnaissent aujourd’hui que le vaccin et le rappel n’ont plus qu’une efficacité réduite face aux variants (en dessous de 70% voire de 50%) ?….

Mais « vaccinez-vous, vaccinez-vous… » qu’ils disaient. Parce qu’ils n’avaient rien d’autre à dire.

Et certains, non contents de n’avoir rien d’autre à dire ont jugé bon d’en rajouter.

Le vaccin, les chiottes et le président : la logique scatologique de l’anti-discours du pouvoir

« Emmerder les citoyens », le terme est choisi par Macron lui-même et ne pouvait pas mieux tomber.

En premier lieu, il aura du mal désormais à critiquer les termes fleuris et anaux qui fleuriront immanquablement à son sujet et que je n’ose ici évoquer. Être scatologique est un jeu d’enfant qu’il faut assumer.

En deuxième lieu, plus grave, Emmanuel Macron dit enfin explicitement ce qu’il camoufle dans sa com depuis le début. Au fond des choses, depuis la nuit des temps, nos excréments (la merde avec laquelle, étymologiquement, on emmerde…) est le seul déchet qu’on ne peut pas réduire, ni retenir. Dans notre société du jetable permanent, où tout est transformé en déchet de plus en plus vite, nous l’oublions. La gestion des eaux grises est un emmerdement généralisé des continents et des océans. Et c’est un angle mort des politiques dont les conséquences sont incommensurables pour la planète. La réduction des déchets de notre civilisation, du plastique au nucléaire, la non-production de déchets sont un impensé permanent. Nous voilà vraiment emmerdés par l’irresponsabilité de nos générations de décideurs, malgré les alertes des Illich, Gorz, Dumont, Rabhi, Voynet, Duflot et tant d’autres écologistes pertinents.  Alors pour ne pas être englués, le réflexe immédiat est de « tirer la chasse », solution de facilité. C’est ce que nous faisons, chacun, tous les jours dans les toilettes. Tirez la chasse et tout s’en va, on a « éliminé » le problème. C’est vieux comme le monde des premières grandes villes installées sur les fleuves pour éliminer les déchets sans se poser de questions : on a toujours préféré souiller la ressource dont nous sommes constitués à plus de 60%, cette ressource qui est la vie, l’eau. C’est vrai encore des journées de pollution de l’air qui n’est améliorée que par les flux de vent qui portent nos déchets aériens ailleurs : on attend le vent qui chasse les odeurs et les toxiques plutôt que de se retrousser les manches.

Poser son excrément, son déchet, sa merde quelque part et refuser de la voir, donc tirer la chasse et remonter son pantalon, voilà juste la posture du Président. Posture du politique moderne par excellence.

Pointer des boucs émissaires, sommet de l’inconscience politique, a toujours mené à la catastrophe

En emmerdant les Français non vaccinés, Macron tire la chasse. En même temps, il nomme des boucs émissaires d’une crise bien plus que sanitaire et il le sait : civilisationnelle, économique, sociale, écologique, celle du productivisme qu’il représente et qu’il défend. Il nomme des boucs émissaires car il sait pertinemment que les responsables de cette crise sont lui et ses amis : cette partie du capitalisme débridé qu’il représente, défend, incarne, promeut sans aucune retenue. Il emmerde les non vaccinés pour tirer la chasse et orienter le regard sur d’autres : « ce sont eux les responsables, ce n’est pas nous! haro sur le baudet ». Cette stratégie est celle par laquelle les pouvoirs ont généré des catastrophes humanitaires. Avec différents degrés de gravité civilisationnelle. Sans exclusive : on a pointé les communistes comme bouc émissaires dans certains pays ; on a pointé les vaudois, en leur temps, comme des hérétiques ; on a pointé (et on pointe encore allégro) les migrants comme boucs émissaires responsables du chômage et de l’insécurité ; on a pointé les tutsis ; le national-socialisme a pointé les Juifs, prétendus responsables de la crise de 29…. Etc.

Les boucs émissaires sont pointés du doigt du fait de leurs idées, de leur religion, de leur pratique ou sans fondement sauf les représentations populaires dominantes. Mais le mécanisme est toujours le même et atteint toujours, selon un mécanisme anthropologique, la destruction massive[1]. Le point de départ, la posture, l’ignominie accusatrice, le mensonge sont exactement de même nature (« diviser, monter les individus les uns contre les autres ») et sont à l’opposé du sens de la politique (« relier, faire ensemble, rendre plus humain »).  E. Macron se place donc en pyromane de la désunion nationale.

Les conséquences de la posture de E. Macron seront différentes de celle du national-socialisme à la seule condition que nous empêchions la dérive de se poursuivre. Le troupeau des prétendants néolibéraux à l’élection présidentielle est très inquiétant à ce propos. La posture de certains hommes politiques qui proposent, (déjà !) de supprimer les allocations chômage aux non vaccinés est délirante. Les dérives d’une (petite) partie du corps médical qui refuse (déjà !) de soigner les non-vaccinés ou les personnes positives sont expressives : elles rappellent trop l’époque où certains médecins, poussés par les hautes autorités vichystes et professionnelles nauséabondes, refusaient de soigner les Juifs….

Enfin, l’ostracisme contre les non-vaccinés s’appuie sur une définition totalement floue du « non-vacciné ». Au sens populaire, c’est celui qui n’a pas entamé sa vaccination par la 1ère dose. Au sens du pass vaccinal, le non vacciné est celui qui n’a pas le « schéma vaccinal complet ». C’est-à-dire que ceux qui n’ont que 2 doses, sans dose de rappel, sont des « non-vaccinés ». Et au sens du Ministère de la Santé qui brouille tout, il faut considérer 53 millions de français « ayant reçu une dose », 52 millions « étant complétement vaccinés » et 30 millions « ayant reçu la dose de rappel » (donc 37 millions de non vaccinés)…. Gloubi-boulga ou enfumage : 55% de la population pourrait être mise au banc et ostracisée pour ne pas avoir ses 3 doses ?? La débilité des propos favorise la perte du discernement…

En réalité, le fond de la pensée macroniste, au-delà de la pommade avec laquelle elle enrobe son discours, est résolument démagogue, fasciste, raciste. Sa manière de traiter les personnes migrantes (« on va les faire chier jusqu’à ce qu’ils repartent chez eux » dixit son ministre de l’Intérieur, toujours avec le même vocabulaire anal) est la même que celle avec laquelle il commence de traiter les non-vaccinés. Il y va par étape, malin, vicieux. Fourbe. D’autant plus grave qu’il relit ses interviews et qu’il est conseillé par on ne sait combien de « conseils » en communication : c’est tout sauf une boulette.

Il s’en est pris aux migrants, avant de s’en prendre aux non-vaccinés. Il s’en est déjà pris aux syndicalistes et continuera progressivement. Il s’en est déjà pris aux plus pauvres et il continuera. Il s’en prendra ensuite aux moins pauvres, puis aux classes moyennes…. Il faut bien nommer des responsables pour se dédouaner des propres responsabilités de ceux qui incarnent le système de cupidité que Macron consolide de jour en jour avec ses amis du CAC 40. Tout l’enjeu est de reporter la faute sur un autre, pour continuer de faire croire qu’il est un sauveur quand il est, en réalité, un fossoyeur, le fossoyeur du monde nouveau que nous voulons.

Cette posture qui pointe chaque jour de nouveaux boucs émissaires est à l’opposé du sens politique lui même : la seule manière de lutter contre, c’est de refuser que quiconque soit catalogué par le pouvoir ou l’opinion comme bouc émissaire. Voilà en quoi, le vaccin vient aussi nous obliger à remettre de l’ordre dans le sens du politique, urgemment. Le Conseil Consultatif National d’Ethique a tenté d’en alerter le pouvoir dans sa résolution 13.03.2020 , prévoyant l’ampleur de la crise[2]. Le pouvoir n’en a rien fait ou très peu.

Le vaccin c’est d’abord « tire la chasse et tais toi ! »

Quelle est la pertinence médicale du vaccin contre le Covid ? Difficile à dire. Par manque de transparence. Par dictature de l’audimat. Par primauté de la pensée unique. Sûrement y en a-t-il une, mais laquelle précisément : à court terme et/ou à long terme ? Les événements qui se succèdent, dans cette crise sanitaire, laissent songeur avec une « protection » du vaccin qui semble vaporeuse. Les apprentis sorciers de la médecine strictement curative et exagérément hygiéniste et ceux qui veulent passer pour les grands sauveurs du monde feraient mieux d’être modestes et d’ouvrir le débat[3]. La vraie science est d’abord là, dans le débat, la confrontation des chiffres et des analyses. Pas dans l’oukase, pas dans les fausses certitudes qui ont condamné des Galilée et tant d’autres vrais scientifiques éclairés trop vite jugés comme hérétiques. La publicité du gouvernement à propos du covid sur toutes les chaines « On peut débattre de tout mais pas des chiffres » est une hérésie honteuse, indigne du pays des « lumières ». Après les scandales de la dépakine, du médiator, de l’amiante,  on peut être convaincu qu’il existe de vrais scientifiques (souvent lanceurs d’alerte), mais qu’ il existe aussi de vrais irresponsables, sans rigueur intellectuelle autant que des politiques qui ne travaillent pas pour l’intérêt général. Le fait que les Autorisations de Mise en Marché des vaccins ne soient toujours pas définitives mais temporaires, n’est-il pas une démonstration que les études d’impact ne sont pas complètes et n’ont pas tout dit, double langage des personnels politiques et scientifiques au pouvoir, manque de courage qui valide sans valider. Irresponsabilité…

Au lieu des coups de menton et des baïonnettes dans le dos, un gouvernement démocratique et responsable devrait plutôt garantir la transparence, l’objectivité et la publication objective des données sur les taux d’occupation des urgences par les non-vaccinés et les vaccinés, sur la baisse du nombre de lits de réanimation, sur les stratégies d’affaiblissement de l’hôpital… Emmanuel Macron ne s’en donne pas la peine. Après la peur qu’il a largement contribué à installer avec ses discours anxiogènes et après le « vaccin sauveur », il tire la chasse de la merde qu’il/ils a/ont produite pour imposer des mensonges, cacher des abandons, biaiser les discours et la faire à l’envers aux citoyens. Facile mais abject. Irresponsable

Selon Emmanuel Macron, « un irresponsable n’est plus un citoyen » (04.01.2022). L’irresponsabilité est d’abord celle des politiques et des cupides qu’il représente qui ont dévasté la planète, l’esprit scientifique, les valeurs humanistes. Avec son propre raisonnement, serait-il donc encore citoyen lui-même ?

A l’inverse, un Appel pour une désobéissance civile bien justifiée, visant à éviter que le vaccin ne soit le moyen de renvoyer à jamais le monde nouveau que nous voulons, cet Appel-là relève d’une responsabilité citoyenne humble autant qu’incontestable.

Marc PASCAL 16 janvier 2022 ......Avec l’appui généreux de lecteurs attentifs et contributifs que je remercie / Atteint par le covid le 14 janvier, ce qui m’a donné le temps, au chaud, de terminer la rédaction de cet appel  / Qui vous offre avec humilité cette maxime glanée je ne sais plus où, mais peu importe : « vous mourrez, non pas parce que vous êtes malade. Vous mourrez parce que vous êtes en vie ».

[1] Voir l’excellente tribune des anthropologues Danièle Dehouve et Christophe Lemardelé du 01.12.2021 dans le Figaro «Le non-vacciné correspond à ce que l'anthropologie désigne comme un bouc émissaire» (lefigaro.fr)

[2]Avis du CCNE du 13.03.2020 reponse_ccne_-_covid-19_def.pdf (ccne-ethique.fr)

[3] Lire à ce propos l’excellente décision du Conseil Fédéral d’EELV du 27-28 mars 2021. Principes généraux pour une autre gestion de crise sanitaire - Europe Écologie les Verts (eelv.fr)

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