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Billet de blog 9 août 2022

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Le capitalisme, colonisation mentale et violence symbolique

On peut mesurer la force du capitalisme par sa capacité à faire intérioriser dans les inconscients collectifs la légitimité de sa domination. Dans cet article, j'exposerai quelques instruments mobilisés par la bourgeoisie pour coloniser mentalement les groupes dominés, mais aussi comment certains milieux de gauche sont gangrenés par la pensée dominante.

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Introduction

La finalité de cet article n’est pas de produire une échelle de légitimité entre les différentes formes de domination, ni d’en relativiser certaines, donc de prétendre qu’il existe une hiérarchisation des luttes ou des souffrances. Je voudrais seulement poser l’hypothèse que le capitalisme est un rapport social à part qui peut se comprendre comme la forme de domination la plus aboutie, car la plus incorporée dans l’inconscient collectif des corps sociaux. On peut mesurer sa force par le nombre titanesque de victimes qu’il produit à travers le monde. Si dans le rapport raciste ou patriarcal, les groupes dominants sont en nombre important, dans le rapport capitaliste, la classe dominante - la bourgeoisie -, est extrêmement minoritaire. Ainsi, on peut émettre l’hypothèse que si la force d’incorporation capitaliste est tellement grande, c’est parce qu’elle doit s’imposer comme un système légitime à un plus grand nombre de personnes à travers le monde. Ses instruments d’aliénation sont donc omniprésents dans toutes les sphères de la vie sociale, de l’enfance jusqu'au monde des adultes. C'est pourquoi, le concept de violence symbolique parcourt cet article. Le sociologue Pierre Bourdieu la définit comme l’intériorisation, par les dominés, des structures de domination qui les dominent. A travers les processus de socialisation, le dominé intériorise en lui les catégories mentales imposées par les dominants et se voit à travers elles, justifiant ainsi sa stigmatisation et son infériorisation.

Dans un premier temps, je discuterai de la novlangue, de la violence symbolique à l’école et au travail. Dans un deuxième temps, j’exposerai que l'intériorisation des logiques capitalistes est également présente dans certains milieux militants, d’abord en montrant l’opposition entre néolibéralisme et capitalisme, entre le partage du travail et son abolition, les pièges capitalistes de la parité et de la diversité, et l’impossibilité de certains écologistes de concevoir la sortie du capitalisme.

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1. La domination sociale à travers le langage

Ce qu’on nomme la novlangue est une production lexicale de la bourgeoisie pour modifier notre perception du monde social. Elle traverse l’ensemble des institutions, privées ou publiques, associatives ou lucratives, parfois même syndicales. Si Georges Orwell nous apprend que les pouvoirs politiques suppriment les mots critiques, inversent le sens des définitions (« La guerre c'est la paix, la liberté c'est l'esclavage, l'ignorance c'est la force »), ou pratiquent l’oblitération de sens (la flexisécurité, la tolérance zéro etc.) pour enrayer les processus de pensée critique, le philosophe Herbert Marcuse nous permet de penser la modification du langage dans le capitalisme néolibéral.

Au milieu des années 60, il constate l’émergence d’un nouveau discours à travers une double logique, un appauvrissement du champ lexical critique et le développement d’une pensée positive, c’est-à-dire d’une « positivation » du vocabulaire global. Ces deux logiques sont constitutives au développement du capitalisme néolibéral. L’idée est assez simple : si l’ensemble du vocabulaire qui nous permet d'analyser le monde social devient positif, alors on ne peut plus émettre de contradiction, ni relever la contradiction. En ce sens, Marcuse a construit le concept de « discours clos » et de « pensée unidimensionnelle » (Marcuse, 1964). Il explique que la mise en œuvre de la rationalité néolibérale engendre une pratique de l’enfermement qui exclut de sa structure tous les éléments qui sont non-conformes à sa pensée unidimensionnelle. Autrement dit, toutes les idées en opposition au pragmatisme et à l'opérationnalité du capitalisme néolibéral perdent leur légitimité. Seules les notions qui organisent la vie sociale de son point de vue sont admises et s’imposent comme la seule réalité raisonnable.

Ainsi, à l’heure de la pensée unidimensionnelle, ne dites plus insécurité de l'emploi mais employabilité ; conflit de classe mais dialogue social ; cotisations mais charges sociales ; précarité de l’emploi mais flexibilité ; domination mais partenariat ; soumission mais adaptation ; licenciement collectif mais plan de sauvegarde de l'emploi ; hiérarchie mais collaboration et collaborateurs ; gestion des licenciements mais sécurisation des relations professionnelles ; capitalisme mais développement durable, voire soutenable - car il faut bien respecter l’impératif du réchauffement climatique - etc.

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2. La domination sociale intériorisée dès l’école

L’incorporation du rapport capitaliste dans les inconscients collectifs débute dès la petite enfance. Par l’école, la bourgeoisie fait intérioriser aux enfants de la classe ouvrière les logiques et les valeurs du capitalisme avec la compétition scolaire, mais surtout la normalité des inégalités sociales qui structurent la société. En effet, la méritocratie scolaire est un système d’oppression dont l’objectif est de justifier la domination de la bourgeoisie grâce à la détention des titres scolaires et académiques, leur permettant de s’octroyer légitimement les postes de pouvoir politiques, économiques, financiers et de gestion. Ainsi, les inégalités scolaires produites par les inégalités sociales sont naturalisées à travers un racisme de l’intelligence (Bourdieu, 2004), qui transforme les différences de classe en différences d’ « intelligence » et de « don ».

L'apprentissage de la domination sociale commence dès l’école maternelle par l'intériorisation de verdicts scolaires produits par l’institution scolaire (Millet & Croizet, 2016). Les enfants de la classe ouvrière peuvent être disqualifiés parce qu’ils n’ont pas acquis des « pré-savoirs » issus de l’environnement familial, comme le vocabulaire ou la prise de parole. Ainsi, les enseignants repèrent les "bons" élèves et les "moins bons", engendrant chez les deuxièmes un attachement moindre à l’apprentissage, le sentiment d’être « moins » que les autres et que ce « moins » provient de leur personnalité et non de leur condition sociale.

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3. La domination passionnelle au travail

Comment le capitalisme, ou plutôt la bourgeoisie, fait-elle pour faire accepter l’exploitation si nécessaire à sa survie ? Le philosophe spino-marxiste Frédéric Lordon - il excusera cet affreux néologisme - propose une explication : il substitue la servitude passionnelle à la servitude volontaire de la Boétie (Lordon, 2013). Le capitalisme mettrait en mouvement les travailleurs en les faisant adhérer à son projet d’accumulation en jouant sur leurs désirs et leurs affects.

Les premiers débuts de l’industrialisation jouent sur les affects tristes. Le prolétaire, soumis à la dictature patronale, sans droits et sans aucune sécurité sociale, mu par la faim et la survie, est sommé de vendre sa force de travail sur un marché, devenant lui-même marchandise pour le patron qui achète ses services. Voilà l’essence même du rapport salarial : la servitude patronale ou la mort. Le deuxième âge du capitalisme est le régime fordien (1945-1975). Si les affects tristes sont toujours présents, les affects joyeux prennent le dessus par l'accès à la consommation, l'euphorie économique et l’espoir de l’ascension sociale etc. La troisième forme d’accumulation est le régime néolibéral (depuis 1980). Contrairement aux autres, il propose une explication nouvelle de toute la réalité sociale, de l’entreprise, du travail, de l’individu et des relations humaines.

Pour le cas de l’entreprise, si les affects joyeux du capitalisme fordien proviennent de l’extérieur (consommation), les affects joyeux du capitalisme néolibéral sont intrinsèques à son fonctionnement. Nous sommes rentrés dans l’univers du travail-heureux, du travail-bienveillant et de l’entreprise libérée. Peu importe les spécificités de ces trois propositions, le travailleur est amené à se réaliser dans son travail, à partir à la conquête de son identité grâce à un emploi plein de sens, autonome, responsable, qui favorise sa créativité, son initiative, la co-construction des règles collectives etc. Le monde de l’entreprise devient positif, l’exploitation devient coopération et émancipation. Ainsi, il s’instaure une domination totalitaire puisqu’elle vise à posséder de l’intérieur la totalité de l’individu pour orienter ses désirs vers ceux de la bourgeoisie.

Contrairement aux autres formes d’accumulation du capital, le régime néolibéral tente de transformer la nature même de l’individu à travers la construction d’une nouvelle figure : l’entrepreneur. Depuis les années 80, chaque individu est sommé de devenir l’entrepreneur de sa propre existence dans une société ultra-concurrentielle. L’action individuelle, la responsabilité et l’autonomie caractérisent ce modèle. L’individu doit savoir se gouverner soi-même et s’adapter à une réalité sociale désormais constituée par le changement permanent et la compétition. Le sociologue Alain Ehrenberg (1991) montre qu’il faut revenir sur l’imaginaire du sport pour comprendre cette nouvelle représentation culturelle.

La compétition sportive permet d’expliquer les inégalités justes puisque les sportifs s’affrontent selon des règles égalitaires. Ainsi, cet affrontement des égaux et le classement qui en résulte normalisent les inégalités. C'est pourquoi, le capitalisme néolibéral mobilise l'idéologie sportive pour expliquer ses lois économiques et justifier les inégalités structurelles qui en découlent. Ainsi, les travailleurs sont mis en compétition dans l'entreprise à travers des objectifs personnalisés, les chômeurs dans l’accès à l'emploi comme les jeunes dans les dispositifs d'insertion. Autrement dit, tous les individus sont mis en concurrence selon des règles égalitaires, chargés de se prendre en charge individuellement et de porter la responsabilité de leur situation. Cette figure de l’entrepreneur, alliant responsabilité et autonomie au profit de l’action individuelle dans une société ultra concurrentielle, est la nouvelle passion pseudo-égalitaire du capitalisme néolibéral permettant de justifier les inégalités de notre société. (Alain Ehrenberg, 1991)

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4. Le capitalisme incorporé dans nos milieux militants

 Capitalisme ou néolibéralisme ?

Si l’incorporation de la domination capitaliste, sous toutes ses formes, est une réalité pour une grande partie des masses ouvrières et des classes moyennes, elle l’est également, à différents niveaux, dans certains milieux militants. Par exemple, j’observe que chez de nombreux militants qui se revendiquent de la gauche, la critique du néolibéralisme a supplanté celle du capitalisme. Cependant, ces deux notions ne sont pas synonymes. Proposer le dépassement du régime néolibéral n’est pas la promotion automatique d’une alternative au capitalisme, d’autant plus que les modalités de la critique sont différentes.

Si les racines du néolibéralisme reposent sur la domination toujours grandissante de la Bourse, des marchés financiers et du champ actionnarial sur l’ensemble de la société, mais aussi sur la concurrence exacerbée et sur l’interdépendance économique des nations, les racines du capitalisme sont toujours l'accumulation du capital, l'exploitation économique, la propriété lucrative, le marché du travail, le rapport salarial, le crédit bancaire, la convention capitaliste du travail etc., des fondements similaires à toutes les formes d'accumulation du capital.

Autrement dit, la volonté de sortir de la concurrence exacerbée du néolibéralisme ne relève pas de la même importance que sortir du mode de production capitaliste. En réalité, chez ces militants de gauche qui considèrent la sortie du néolibéralisme comme une fin en soi, de nombreux affects capitalistes sont toujours présents : l'indispensabilité du marché du travail, de la propriété lucrative et du rapport salarial. Ainsi, on discute d’une meilleure taxation des riches, d’un meilleur contrôle des conseils d'administrations ou d’une meilleure redistribution des richesses. Autrement dit, un capitalisme réformé, régulé, avec un rapport de force capital-travail équilibré, mais toujours du capitalisme, de la bourgeoisie et donc un prolétariat, trois mots qu'on n’arrive même plus à prononcer.

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Partager ou abolir le travail ?

Le partage du travail est également souvent cité dans les milieux de gauche. Si je ne suis pas contre la diminution du temps de travail, elle devient problématique lorsqu’elle vient à conforter le travail. Rares sont ceux et celles qui questionnent encore la légitimité d’une telle activité pourtant l'élément central de l'organisation capitaliste. Au-delà de luttes conjoncturelles indispensables pour diminuer le temps de travail, améliorer ses conditions d’exercice et les protections professionnelles et sociales qui lui sont attachées, c’est bien l'abolition du travail qu’il faut viser. Le travail des femmes au foyer permet d’expliquer le bien-fondé de cette proposition.

Dans le mode de production contemporain, le travail désigne toute activité qui s’inscrit dans un rapport salarial. Ainsi, les femmes au foyer ne travaillent pas car elles ne produisent pas de valeur économique, même si leur contribution à l’économie familiale et capitaliste est essentielle. En effet, le féminisme matérialiste montre que toute l’activité au foyer (ménage, entretien du linge, éducation et soins des enfants, des animaux domestiques, budget du ménage, connaissance du territoire, des commerces, des prix pour maîtriser les coûts etc.) constitue un mode de production domestique, qui serait l’infrastructure du mode de production capitaliste. En effet, si ce dernier produit l’environnement matériel de nos sociétés, c’est bien le travail domestique qui produit la force de travail fournie au processus de production capitaliste. En d’autres termes, le capitalisme reposerait en premier lieu sur l’exploitation gratuite et invisible des femmes au sein du mode de production domestique.

Par ailleurs, si le capitalisme considère que les femmes au foyer ne travaillent pas puisqu'elles ne produisent pas de valeur économique, elles en produisent lorsque ces mêmes activités domestiques (ménage, éducation etc.) sont réalisées dans une entreprise/service public. On voit ici le totalitarisme de la convention capitaliste du travail. Ce qui importe n’est pas l’activité en question, mais la reconnaissance, par le capitalisme, de la contribution sociale et économique de l’individu à la société. Il faut donc sortir de cette vision réductrice du travail en abolissant cette convention bourgeoise qui détermine la frontière entre travail et inactivité. Ainsi, il ne faut pas partager le travail, mais bien l’abolir ! Dans sa dimension émancipatrice, le travail serait reconnu comme toute activité sociale produite par un individu qui agit en dehors de ses fonctions biologiques, lui octroyant un droit à un revenu inconditionnel (Friot & Lordon, 2021).

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Le parité : le pouvoir pour quelques-unes ou l’égalité pour toutes ?

Je ne prétends pas que ce procédé ne doit pas être favorisé dans certains champs de la société (médias, politique, travail etc.), mais qu’il est problématique quand il oriente les principales modalités d’action et de pensée (pratiques militantes et grille de lecture). Par exemple, certaines militantes féministes militent pour qu’il y ait plus de femmes patronnes, actionnaires et dans les conseils d’administrations des grandes entreprises. Or, s’il n’est pas contestable que les femmes – et les minorités de genre - doivent avoir les mêmes possibilités que les hommes dans leur trajectoire professionnelle, l'objectif de la parité de genre dans le patronat est un aveu d’absence d’analyse de classe. S’il est vrai que ce sont les hommes qui sont les détenteurs des moyens de production, ils dominent l’ensemble de leurs travailleurs et travailleuses en tant que patron, et non en tant qu’homme. Cette perspective matérialiste engendre quatre éléments.

Premièrement, un patronat paritaire restera toujours une organisation terroriste qui prend en otage toute la société entière par le totalitarisme de la propriété lucrative et le droit d’exploitation qui en découle. Deuxièmement, si ce sont les hommes qui détiennent majoritairement les entreprises, c’est bien une classe sociale, la bourgeoisie, qu’il faut appréhender pour rendre compte de la domination capitaliste. Cette domination repose, outre la dimension économique, sur des processus sociaux, culturels et symboliques dans lesquels les femmes détiennent les fonctions indispensables pour maintenir, justifier et développer l’oppression bourgeoise. Troisièmement, la parité patronale justifie le système d’oppression méritocratique puisqu’elle crée une élite au sein des groupes dominés (ici les femmes) par l’émancipation de quelques unes, mais qui auront pour fonction de dominer toutes les autres puisque personne n'échappe au processus d’exploitation. Quatrièmement, la question de la parité dénie la question même du pouvoir, de sa légitimité ou plutôt de son illégitimité, alors que la domination sociale sur laquelle il repose produit une organisation inégalitaire et répressive.

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Diversité capitaliste ou égalité ?

En ce qui concerne les minorités ethno-raciales, c’est la notion de diversité qui prédomine. Comme pour la parité, je ne conteste pas toutes les logiques de diversité. Il est indispensable que les images et les places proposées par la société reflètent la variété culturelle d’un pays. La représentativité permet à chacun de pouvoir s'identifier, se construire, se sentir légitime d’exister dans son propre pays. Cependant, je réfute radicalement la diversité lorsqu’elle devient une « politique dépolitisée » qui poursuit des objectifs implicites.

Contrairement aux idées reçues, la diversité n’est pas le produit du champ militant mais du capitalisme américain (Benn Michaels, 2009 ; Mazouz, 2014). Au début des années 80, le management néolibéral mobilise cette politique pour affaiblir la contrainte du droit antidiscriminatoire. En effet, si la promotion de la diversité met en lumière des populations, la politique antidiscriminatoire rend visible des mécanismes de domination et des pratiques illégales. Autrement dit, la diversité s'accommode des discriminations et des inégalités ethno-raciales, d’autant plus qu’elle favorise les processus de catégorisation et d'ethnicisation des populations. Ce n’est pas sans raison que les entreprises s’engagent aujourd’hui dans une lutte de communication sur leurs politiques de diversité. En définitif, la ferveur politique et entrepreneuriale sur la diversité doit nous interroger puisque celle-ci, outre le fait qu’elle soit l’enfant du capitalisme, ne vise pas l’égalité réelle, mais tend à être mobilisée par la bourgeoisie comme une politique d’affaiblissement de la lutte contre les discriminations.

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Anthropocène ou capitalocène ?

Pour finir, je voudrais discuter de l’imaginaire de certains écologistes qui militent contre l’écocide, mais sans prétendre à la destruction du capitalisme. Le concept de décroissance et d’anthropocène sont représentatifs de cette pensée molle. S'ils sont nombreux à s’opposer légitimement à la destruction des écosystèmes, ils sont aussi nombreux à ne jamais remettre en cause l’existence de la propriété lucrative, du marché du travail, de la domination bourgeoise, comme si les logiques du capital pourraient se redéfinir dans une dimension plus humaine et écologique en diminuant la croissance, et par une prise de conscience - heureuse - de la bourgeoisie. Le concept d'anthropocène engendre une autre forme de dépolitisation. Il fait porter à l'homme la responsabilité de l’écocide et non à un mode de production particulier, le capitalisme, détenu par une classe sociale particulière, la bourgeoisie. En réalité, le monde n’est pas anthropocène mais capitalocène, puisque c’est bien l’activité du capitalisme industriel et tertiaire qui menace l’ensemble du monde vivant d'extinction dans un avenir proche.

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