L'insertion contre la lutte des classes ?

Depuis les années 80, l'insertion est devenue le support central des politiques publiques à destination des jeunes. L'imaginaire de l'insertion est une conséquence du néolibéralisme qui déstabilise notre modèle salarial, organise la lutte des places, individualise les parcours contre la puissance du collectif, et transforme les habitus dans une forme entrepreneuriale.
  • Introduction

L'histoire nous montre que la jeunesse fait écho au personnel politique lorsqu'elle échappe à son contrôle. En règle générale, elle est l'objet d'attention quand, par ses désordres, elle rend visible les déficits des institutions de socialisation et menace ainsi la cohésion sociale.[1] L’État se pose ainsi la question de son encadrement voire de sa contention à travers des politiques publiques, que les institutions sociales, éducatives et judiciaires devront appliquer. Dans ce billet, je vais essayer de montrer comment le néolibéralisme utilise l'insertion pour répondre à cette « contention » d'une partie de la jeunesse, les renvoyant au rôle des inutiles du monde.

 

1. L'insertion, construction historique du capitalisme financiarisé

La question de l'insertion émerge dans le milieu des années 70. La désarticulation du compromis fordiste-keynésien des 30 glorieuses, c'est-à-dire un certain consensus entre l’État « social » et le capitalisme industriel prend fin, et avec lui, une relative relation entre la croissance économique et le développement social. Un nouveau monde émerge avec une forme inédite d'accumulation du capital : le capitalisme néolibéral. Il est le produit de l'insurrection actionnariale des années 1970-1980 qui donne naissance à un nouveau projet politico-financier : la transformation du régime internationale de la finance dans un sens qui soit favorable aux seuls intérêts de la classe dominante.[2] Par ailleurs, le néolibéralisme n'est pas qu'un régime économique, il promeut également un homme nouveau : un être autonome, indépendant, mobile, responsable, libre de ses choix et entrepreneur de sa propre existence. Cette dimension anthropologique du néolibéralisme, Michel Foucault fut l'un des premiers à s'en rendre compte. Pour le philosophe, il est avant tout un nouveau mode de gouvernementalité des individus et une production de sujets. Ce nouveau modèle disciplinaire régule la population non par l'autoritarisme, mais par l’intérêt individuel librement poursuivi dans le cadre d'une société d'échanges. L'Etat va inciter les individus à participer joyeusement au jeu de la concurrence, afin de partir à la conquête de leur réussite sociale et de leur réalisation personnelle.[3]

Si nous considérons qu'il existe un État social, il va progressivement au milieu des années 80 se désocialiser en s'accommodant entièrement aux valeurs du capitalisme néolibéral. Contrairement aux critiques antilibérales qui fustigent le repli et l'inertie de l'Etat, ce dernier est très actif. Il va organiser à l'échelle nationale le nouveau mode économique du capitalisme financiarisé. Il se transforme en partenaire du marché par la « réhabilitation de l’entreprise et du profit, de conversion du personnel politique au libéralisme économique, le chômage est alors imputé à « l’inemployabilité » des agents. » Les valeurs d'autonomie, d'adaptabilité et de responsabilité vont devenir les maîtres-mots de la socialisation pour vivre dans un monde social et économique en mutation dont l'instabilité est devenue la norme. Les politiques publiques vont suivre ce mouvement idéologique en faisant intérioriser « l'esprit d'entreprise » aux ''ininsérables''. A partir de là, les désaffiliés deviennent les seuls responsables de leur inemployabilité, et le marché, tout comme le patronat, sont lavés de toute culpabilité.

 

2. La fonction psychologisante de l'insertion

C'est à partir des années 90 que l'insertion professionnelle va se psychologiser avec l'utilisation de l'insertion sociale comme interface. C'est la loi d'orientation du 29 juillet 1992 sur le RMI qui va impulser cette idée. Dorénavant, « toutes les activités à même de mobiliser l’individu et de contribuer à sa resocialisation, qu’elles soient de loisirs, culturelles ou sportives, qu’elles favorisent l’accès au logement ou l’amélioration de l’habitat ou qu’elles contribuent à la sauvegarde et à l’amélioration de l’état de santé ». Ainsi, le champ des compétences de l'ininsérable s'élargit grandement pour favoriser son insertion sociale et professionnelle avec l'utilisation de supports divers et variés : « insertion par le sport », « par les loisirs », « par le théâtre », « l’économique », « le travail » « le logement » etc.

Le sociologue Gérard Mauger montre que cette redéfinition psychologique du champ de l'insertion va déplacer le regard que l'on a sur l'inséré. Alors qu'autrefois il était vu comme une personne n'ayant pas d'emploi, c’est-à-dire un chômeur, l'inséré devient la représentation de l'inemployable, de l' « anormalité d'entreprise », n'étant pas inactif mais inadapté à la vie sociale. Les difficultés liées à l'insertion professionnelle ne sont plus vues comme une incapacité du marché à intégrer les savoirs et les compétences du chômeur, ni comme un déséquilibre entre la formation et le besoin du marché, mais comme « des incapacités, des inaptitudes, dont l’accès ou le retour à l’emploi nécessitent un travail plus ou moins long de « réadaptation » sociale et professionnelle. » L'inséré devient le coupable de sa situation, ne subissant que la domination de son inemployabilité dont il est le seul responsable. Cet imaginaire a été rapidement dénoncé par le sociologue Robert Castel, spécialiste des questions relatives à l'exclusion. Il critique les politiques publiques de responsabilisation qui se sont développées jusqu'à aujourd'hui, permettant de « blâmer la victime en intégrant la cause de l'exclusion dans la personnalité de la victime s'appuyant sur la contractualisation, la mobilisation pour activer leurs propres ressources pour rendre responsable et coupable les personnes de leurs situations »[4]

 

a. L'insertion, pour quelle identité ?

Le sociologue Bernard Eme a vu juste lorsqu'il disait que « les dispositifs d'insertion lient les gens tout en les déliants ». Ils construisent un régime d'identité et d'appartenance communs à part,  au sein de sphères à part, à la marge de la société. Les insérés se retrouvent dans une sorte de marché de travail bis. Ils sont dans les missions locales, traversent de nombreux dispositifs d'insertion et de formation, mais ce n’est pas la société d'intégration. C’est une société bis, où on lie les insérés en les mettant à part.

Pour l'imaginaire néolibéral, si les individus sont à part et ne peuvent pas s'intégrer, c'est parce qu'ils sont en manque de quelque chose. Les dispositifs d'insertion vont s’intéresser davantage au manque à combler qui s'inscrit plus dans un travail personnel, qu'aux potentialités à développer qui se travaillent plus facilement en collectif. On tombe ainsi sous le joug de l'employabilité. L'inséré doit démontrer sans cesse sa performance, son utilité et sa ''capabilité'' à créer du lien social alors qu'il est justement en manque de lien ! Ces contradictions produisent des impacts psychologiquement. Des études de psychologie ont montré qu'en période d'inactivité, l'estime de soi diminue (dévalorisation et culpabilisation de soi). Moins on s'estime et moins on a d'énergie pour retrouver un emploi. L'expérience du chômage peut laisser des cicatrices invisibles aux yeux des autres, puisque cette violence s'exerce dans l'intériorité de la personne[5].

Les dispositifs d'insertion contribuent, malgré toute la bonne volonté de leurs agents, à la stigmatisation de public à « problèmes », et à une catégorisation binaire d' « ininsérable » à l'opposé des insérables. Gérard Mauger montre bien que cette vision réductrice de la vie sociale en inclus et exclus, contribue « à dé-faire la vision du monde divisé en classes sociales antagonistes (en particulier, à « dé-faire » la classe ouvrière) ».[6]

 

b. L'insertion comme individualisation des parcours

L'individualisation des parcours est l'un des objets passionnels les plus influents du néolibéralisme. Objet passionnel puisque l'individu va projeter dessus ses affects joyeux : sa liberté, son autonomie, sa réussite, sa performance, ses prouesses, bref l'accomplissement de sa personne. Les dispositifs d'insertion se sont impliqués dans cette dynamique d'individualisation afin de s'adapter au mieux au fonctionnement du marché et de l'idéologie managériale. Ainsi, l'inséré est inscrit dans des projets contractualisés et personnalisés avec peu ou pas de dynamique collective, et donc sans appartenance à un collectif. Il doit prouver seul leur capacité à mobiliser des ressources et à s’activer. Ce règne de l'activation émerge dans les années 90 pour devenir selon Robert Castel le nouveau paradigme des politiques publiques dans les années 2000[7]. La lutte des classes laisse place à la lutte des places, qui, d'une part renforce l'isolement des insérés, et d'autre part les met en concurrence. L'insertion est la représentation réelle du jeu des chaises musicales. Il n'y a pas assez de places pour tout le monde dans le jeu de la concurrence. Lorsque l'on s'assoit sur une chaise, on éjecte un autre joueur. C'est le même procédé pour l'insertion. Lorsqu'on s'insère, on désinsère quelqu'un d'autre. L'individualisation des parcours par la lutte des places se substitue à la résistance collective et à l'appartenance de classe.

L'accès à l'emploi apparaît ainsi « comme un privilège au sein même de ''l'armée industrielle de réserve'' ». Si l'imaginaire de l'insertion promeut l'individualisation des parcours afin de s'adapter à la singularité de chaque personne, cette individualisation apparaît plutôt « comme un instrument de division et de démoralisation du monde ouvrier. ».

 

c. Un dressage d'adaptabilité

Le dressage physique de l'entreprise fordienne n'a rien à envier au nouveau dressage de l'entreprise managériale, qui s'exerce sur la dimension mentale des travailleurs et des travailleuses. Le néolibéralisme promeut l'adaptation sociale pour répondre à l'instabilité du marché du travail. L'inséré est condamné (tout comme le salarié) à démontrer sa capacité à être flexible, adaptable, interchangeable, pour s'intégrer au marché. Ces injonctions transforment l'individu en être « flottant, instable, à la limite insaisissable », alors qu'il a avant tout besoin de « permanence, de consistance, de persistance nécessaire à l'étayage psychique, à la construction du soi comme sujet, à la sécurité intérieure, à la confiance en soi.[8] ». Ici, un nouveau paradoxe émerge. On demande à des jeunes en perte de repères de se socialiser de manière autonome dans une société désinstitutionnalisée, ''éclatée'', ''distanciée'' et ultra-concurrentielle. Devant ce paradoxe, les jeunes les plus dominés et marginalisés peuvent choisir un mauvais chemin, celui de la déviance délinquante comme source de socialisation et de re-valorisation, puisque le « comportement délinquant est un apprentissage comme un autre suite à un décalage culturel par rapport aux normes »[9].

Les dispositifs d'insertion vont donc travailler à la « réadaptation des habitus des insérés » afin de les rendre dociles à la société d'employabilité néolibérale. Le néolibéralisme incite les gens à devenir les entrepreneurs de leur propre existence en les transformant en sujet économique actif.[10] Cette réadaptation des habitus va se développer sous l'injonction du projet et du capital humain que ce soit dans le champ du travail ou de l'insertion professionnelle. Le projet apparaît comme un processus permettant à un jeune de formuler des objectifs sur une courte temporalité pour ensuite évaluer ceux-ci au regard du chemin parcouru. Mais paradoxalement, le projet semble être un outil de disciplinarisation et de contrôle social. En effet, la contractualisation du projet sert de classement censé manifester « le niveau d’adhésion (du jeune) aux impératifs institutionnels, le degré d’autonomie, la motivation, la capacité de mobilisation et, le cas échéant, les  et réticences, les réserves face à l’institution. ». Un jeune sans projet contractualisé avec les institutions étatiques est devenu un jeune sans avenir, qui fait peur, et dont il faut absolument remettre dans le droit chemin de l'insertion professionnelle.

Le projet est devenu le mot clé de l'imaginaire managérial. Sous couvert d'être un support démocratique qui va permettre au jeune de formuler des désirs pour son avenir, il est une injonction qui intime à l'individu d'accepter son inscription dans la société marchande malgré les faibles possibilités. Mais il est préférable d'avoir une myriade d'insérés individualisés au travers de projets personnalisés et contrôlés par des agents, plutôt que de les voir s'organiser collectivement pour comprendre leur place dans la société au risque de développer un sentiment d'appartenance de classe. De ce point de vue, le projet est un outil de dépolitisation.

 

d. Une destabilisation du modèle salarial

Dans le discours des politiques publiques, les dispositifs d'insertion permettent d'une part de garantir l'accès aux droits fondamentaux, et d'autre part de favoriser l'insertion sociale et professionnelle. Or, nous savons que beaucoup d'insérés ne retournent pas sur le marché du travail. Sur le long terme, ils sembleraient que l'insertion est avant tout un dispositif de gestion individuelle du chômage et de contrôle de la population, soit « un nouveau mode d'encadrement du non-emploi, et de la nouvelle pauvreté (...) dont l'inemployabilité constitue une nouvelle forme d’anormalité : « l’anormalité d’entreprise ».[11]»

Nous sommes ici dans une gestion particulière des prolétaires. Les dispositifs mettent en place toutes sortes d'activités d'insertion sociale et professionnelle qui servent plus à construire un illusionnisme social, qu'à développer un parcours contenant et collectif à moyen terme pour permettre une réelle intégration professionnelle et sociale. Les insérés se retrouvent dans des statuts originaux, souvent à la marge du modèle salarial décrit par Robert Castel, d'où cette conclusion paradoxale de Maryse Bresson et Michel Autès : « Les politiques de l’emploi et le traitement social du chômage contribuent à la déstabilisation du modèle salarial ».

 

e. Les dispositifs d’insertion empêchent une plus grande désaffiliation

Il serait absurde de prétendre que les dispositifs d’insertion produisent que des effets négatifs, bien au contraire ! Ils ont permis sur le plan du soutien social et économique d’éviter pour de nombreux jeunes une plus grande désaffiliation, et une rupture définitive avec le monde social. Les professionnels de l’insertion apportent aux jeunes un soutien moral (lien social, soutien psychologique, aide sanitaire), un soutien économique (rémunérations diverses), administrative (aide aux diverses démarches, pôle emploi, sécurité sociale). Tout comme l’écrit le sociologue Robert Castel : « Il serait tout à fait malvenu de critiquer d’une manière unilatérale ces politiques. Elles ont à coup sûr évité bien des explosions et bien des drames, même si cette action n’est pas facilement ‘ évaluable ‘. Elles ont aussi fonctionné comme des laboratoires où s’est expérimenté un redéploiement de l’action publique[12]. » Par ailleurs, sur le plan de l’insertion professionnelle, les dispositifs ont eu des impacts positifs sur les plus diplômés, comme l'expérience des emplois-jeunes entre 1997 et 2002. Par contre, l'impact sur les personnes les plus précaires restent plus que mitigé.

Les agents d’insertion essayent tant bien que mal d'aider les jeunes en précarité dans un monde qui ne veut pas d'eux. Ils sont dans un paradoxe apparent de devoir insérer les jeunes dans une société rigide et ultra concurrentielle dans laquelle il n’y a pas de place pour tout le monde. Pour paraphraser le sociologue Bernard Eme, les seuls postes à long terme que créent les dispositifs d’insertion sont les postes d’inséreurs, parce qu'il n'ont pas vocation à permettre une intégration professionnelle.

De plus, la gouvernance étatique impose aux agents d’insertion des objectifs à rentabiliser. Par exemple dans les missions locales, les agents d’insertion sont de plus en plus contraints de faire du chiffre, tout comme les intervenants du travail social. Les actions sociales et éducatives sont de plus en plus jugées sur leur efficacité et leur rentabilité. Le lien social devient un champ apprécié de la finance qui développe progressivement sa marchandisation. Ainsi, il n’est pas rare que des agents d’insertion soient contraints d’inscrire des jeunes avec des difficultés ''raisonnables'' dans des dispositifs, car ils auront plus de chances d’aller jusqu'au bout. Ceci permettra de faire gonfler la réussite d’un dispositif et ainsi permettre un renouvellement des budgets. Le problème est que cette pratique marginalise les personnes les plus éloignées du marché du travail. La réalité est que si des jeunes se sont éloignés des institutions, les institutions s'éloignent tout autant des jeunes les plus en difficulté.

 

3. Les dispositifs d’insertion, un illusionisme social

 

La psychologisation des dispositifs d'insertion apparaît comme un illusionisme social en direction des classes dominées, en les mettant dans diverses activités de substitution et d'attentes à la marge de la société, les rendant coupables de leur situation par leurs inaptitudes et leurs incapacités. D'autre part, cette psychologisation apparaît comme une fonction régulatrice des dominés afin de les subordonner et de les choisifier au marché flexible, instable, et ultra-concurrentielle. En conclusion, l'insertion est un corollaire du capitalisme financiarisé dont l'objectif profond est d'être « un instrument de réforme des habitus, de transformation des propriétés morales, sociales et professionnelles, d’accoutumance ou de réaccoutumance au travail, d’acquisition des propriétés comportementales et éthiques témoignant d’une congruence avec l’entreprise : dynamisme, faculté d’adaptation, ingéniosité, motivation, ouverture d’esprit, souplesse, flexibilité, sens de l’initiative, adaptabilité, vitesse d’exécution et donc de son idéologie. ».

 

[1] Catherine Tourrilhes, Construction d'une jeunesse en difficulté, l'Harmattan, 2008, 258 pages, p42

[2] Frédéric Lordon, La malfaçon, Les liens qui libèrent, 2014, 304 pages, p25

[3] Christian Laval, Foucault et Bourdieu, La question néolibérale, La Découverte, 2018, 264 pages

[4] Claire Jouffray, Développement du pouvoir d'agir des personnes et des collectifs, L'EHESP, 2018, 240 pages, p63

[5] Christophe André, L'estime de soi, Odile Jacob, 2008, 320 pages, p140

[6] Gérard Mauger, « Les ouvriers: un monde défait », Actes de la recherche en sciences sociales, 115, décembre 1996, p. 38-43.

[7] Claire Jouffray, Développement du pouvoir d'agir des personnes et des collectifs, L'EHESP, 2018, 240 pages, p63

[8] Vincent De Gaulejac, Qui est « je » ?, Paris, Seuil, 2009, p.141

[9] Catherine Tourrilhes, Construction d'une jeunesse en difficulté, l'Harmattan, 2008, 258 pages, p43

[10] Christian Laval, Foucault et Bourdieu, La question néolibérale, La Découverte, 2018, p54

[11] Serge Ebersold, « Ces chômeurs que l’on dit anormaux », Université Marc-Bloch, Strasbourg, janvier 2000

[12] Robert Castel, Les métamorphoses de la question sociale, Folio, 1999, 823 pages, p690

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