Tariq Ramadan est diabolisé en France et nulle part ailleurs

Tariq Ramadan est diabolisé en France et nulle part ailleurs, pour ses positions sur l’islam et les musulmans en France et en Europe mais surtout sur la question palestinienne qui a un impact international et planétaire, où son discours est critiqué sur le conflit israélo-palestinien mais fondamentalement orienté vers la paix

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Devant un dénigrement tel et un acharnement féroce que subit le professeur Tariq Ramadan, il est plus que jamais nécessaire de faire connaître sa pensée et son engagement pour éveiller les consciences endormies et souillées, par le martelage médiatique déversant mensonges et diffamations sur la personne, et de sortir de la vision binaire du monde, qui est absurde et stérile.

Beaucoup connaissent Tariq Ramadan à travers certains médias français qui ne dérogent jamais à la règle, en présentant l’intellectuel musulman d’abord par sa filiation : petit-fils de, ensuite comme intellectuel controversé, au double discours, que personne d’ailleurs, n’a démontré où se situait le double discours ni même la controverse.

C’est l’argument invérifiable et invérifié de ceux qui n’ont pas d’arguments.

Certains le connaissent à travers les écrits de Caroline Fourest, à travers ses compilations de mensonges, des propos tronqués, sortis de leur contexte pour leur faire dire tout le contraire du raisonnement de Tariq Ramadan et couvrir ainsi son discours d’un halo de suspicions.

Caroline Fourest, sa pire ennemie est d’ailleurs impliquée dans cette affaire de viol, derrière Christelle et Henda Ayari, les deux plaignantes, et dire que ces collusions ne suscitent pas plus d’intérêt et de questionnement de la part des magistrats.

Ceux qui critiquent violemment Tariq Ramadan, sont souvent ceux qui n’ont jamais lu un seul de ses livres, ni écouté un seul de ses discours avec une oreille vierge, ne serait-ce que pour vérifier ce qu’ils ont pu entendre ou lire ça et là.

Ils ignorent sa pensée, son travail, son engagement pour l’éducation, pour la justice, pour le droit des opprimés et pour la dignité humaine. Son travail au sein de sa propre communauté, pour éduquer les jeunes afin d’éviter la radicalisation par manque de compréhension des enseignements de l’Islam et sortir de la victimisation pour s’ériger en citoyens européens musulmans, comme acteurs dans la construction de leur patrie.

Tariq Ramadan dérange et il le sait, parce qu’il parle de la visibilité des musulmans et il l’assume par ce que c’est un fait.

Le président Macron a répondu, lors de son dernier entretien à la Cité de l’architecture, au journaliste Jean Jacques Bourdin, évoquant la présence des musulmans en France : «  ils sont là, ils sont 4 ou 5millions... » , cela sous-entend qu’il faut bien faire avec. Alors au lieu de faire avec par dépit, il serait plus intelligent de faire avec nos concitoyens musulmans, par la conjugaison des différences et l’union des intelligences pour construire un avenir commun et un vivre-ensemble serein et fraternel.

C’est tout le travail de Tariq Ramadan. Tariq Ramadan est diabolisé en France et nulle part ailleurs, pour ses positions sur l’islam et les musulmans en France et en Europe mais surtout sur la question palestinienne qui a un impact international et planétaire, où son discours est critiqué sur le conflit israélo-palestinien mais fondamentalement orienté vers la paix.

Cette paix que ses détracteurs ne l’entendent pas de cette oreille là. Ça ne les arrangent pas, alors mieux vaux jeter l’opprobre sur cet intellectuel musulman qui brouillent leurs cartes. Aujourd’hui, il en paie le prix fort.

Tariq Ramadan est prisonnier depuis plus de 100 jours, n’ayant bénéficier ni de la présomption d’innocence qui est pourtant la pièce maîtresse de notre système judiciaire, ni d’un traitement adéquat pour sa sclérose en plaque, pire encore, maintenu en détention malgré les éléments à décharge révélés lors de l’enquête, que les magistrats ne prennent pas en compte, malgré l’évocation par Christelle des pressions exercées par Caroline Fourest et Nicolas Sarkozy et ceci n’a rien changé dans la décision du juge des Libertés et de la détention.

Cette injustice ne semble pas déranger grand monde en France pourtant, il y’a de quoi s’inquiéter de la santé de notre justice et de notre démocratie quand la fin justifie les moyens.

Il y’a a de quoi s’inquiéter devant la frénésie des commentaires appelant à laisser mourir un homme en prison peu importent les preuves à décharge, peu importe son innocence, peu importe son état de santé du moment qu’il ne convienne pas.

La campagne de diabolisation entreprise depuis plus de dix ans par ses ennemis a bien marqué les esprits, c’est d’autant plus facile, s’agissant d’un intellectuel musulman.

Alors on le juge, le condamne, affirme des faits colportés par certains médias tendancieux et peu scrupuleux, sans preuves ni fondements. Pourtant l’éthique veut, que lorsqu’on porte un jugement sur la personne, il faut faire l’effort d’en connaître un peu plus sur elle, afin d’arriver à un jugement juste et honnête.

La déontologie journalistique exige pourtant, une neutralité et une honnêteté intellectuelle, on en est bien loin. Tariq Ramadan est un intellectuel brillant, respectable et respecté par ses pairs, parce qu’il véhicule les mêmes valeurs.

Il a débattu avec un grand nombre d’intellectuels, comme Edgar Morin, Alain Gresh, Stéphane Hessel et tant d’autres, sur des sujets divers, de société, d’éthique. Son engagement pour la solidarité, pour la justice, pour la dignité humaine est universel et transversal, car pour lui les valeurs sont les mêmes, c’est les horizons qui changent. Il est la « mauvaise conscience » des injustes, des oppresseurs et des dictateurs. Il est la « mauvaise conscience », au sens du contre-pouvoir, résistant, éthique et constructif.

C’est ce qu’il voulait être le jour où il est tombé sur le discours de Saint-John Perse, à la réception du prix Nobel à Stockholm, où il déclarait :« Et c’est assez, pour le poète, d’être la mauvaise conscience de son temps ».

 

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