D'un côté la primaire à droite rivalise dans les propositions libérales, passant par la baisse des charges et des dépenses publiques et la baisse de protection sociale pour relancer l'économie par une politique de l'offre en faveur des entreprises. Elle est pro-Europe, pour le renforcement de l’euro. 

Même s'ils ne participent pas à cette primaire dite "de la droite et du centre", les centristes s'affichent plutôt compatibles avec la droite dite républicaine, non seulement pour l’UDI qui était déjà en alliance avec la droite mais aussi pour le MoDem, qui a fait équipe commune aux dernières élections municipales, départementales, régionales et avec le soutien appuyé de François Bayrou à Alain Juppé.

De l'autre la gauche (des frondeurs, d’une partie des écologistes d’EELV et du parti de gauche) qui dénonce cette soumission à un modèle économique et social libéral dans la mondialisation, favorisant toujours les plus riches, fondé sur le profit et les inégalités, incapable de gérer le long terme, notamment l'enjeu climatique, la protection de l'environnement et de la santé. Ce modèle brutal de la compétitivité à outrance et de la loi du plus fort engendrant plus d'insécurité, de délinquance, des crises migratoires... Cette vision appelle à une relance économique via la demande, la hausse du pouvoir d'achat et n’est pas très regardante sur l’équilibre financier, le déficit et la dette publique. Elle est aussi de plus en plus hostile à l’Europe et à l’euro.

Le Parti socialiste de gouvernement est entre deux eaux, pris entre son idéal de gauche et la confrontation à la réalité de la compétition économique des entreprises dans la mondialisation. Après avoir reconnu l’économie de marché comme la forme la plus efficace de création de richesse, il applique une politique économique de droite non annoncée dans la campagne présidentielle (40 milliards de réduction de charges des entreprises sans exigence de compensation en création d’emplois), trahissant son électorat, et il essaie de compenser et de faire bonne figure avec des marqueurs de gauche comme l’égalitarisme dans l’éducation, au collège (suppression de l’enseignement du latin et du grec, des classes européennes, bilangues jugées élitistes) comme à l’université (aversion à la sélection pratiquée par certaines universités), de même que les sujets sociétaux (mariage pour tous). Schizophrénie qui va déconcerter son électorat traditionnel, l’électorat populaire des ouvriers et employés tentés par le vote contestataire et populiste du Front national, ainsi que celui des fonctionnaires, des professeurs.

Enfin le Front national, représentant maintenant presque un tiers des électeurs, force équivalente à celle de la droite libérale conservatrice et à celle de la gauche à présent divisée, qui paradoxalement prône une politique économique de gauche, non libérale, protectionniste, et une politique sociétale dite de droite, conservatrice sur les mœurs, identitaire, autoritaire, sécuritaire et anti-migratoire.

Face à ces offres en l’état, aucune ne me paraît bien répondre aux enjeux du moment, tant pour résoudre les problèmes de long terme, comme le risque climatique et écologique, la paix sociale, l’équilibre du monde, que ceux du court terme, du chômage, de l’éducation, de la lutte contre la pauvreté et la précarité.

D’un côté il faut se rendre à l’évidence qu’en France, les entreprises sont dans un contexte moins favorable que les autres entreprises européennes, tant en termes de poids des charges sociales que de rigidité et de complexité du code du travail et des normes administratives. C’était déjà le cas avant la crise financière de 2008 donc ce n’est pas la cause de la crise, mais la France arrive moins bien que les autres à se relever de cette crise dans un contexte plus contraignant. Avec aujourd’hui 58% du PIB de dépenses publiques, taux le plus élevé d’Europe 2ème derrière le Danemark, comparé à une moyenne européenne de 50%, et un taux de prélèvements obligatoires (charges sociales et impôts) de 44%, un des plus forts de l'UE avec Danemark et Belgique), il faut néanmoins nuancer ces chiffres car il comprennent à la fois le coût de la protection sociale, de l’éducation, de la dette et les dépenses de fonctionnement de l’Etat. Or ce sont les trois premières qui expliquent notre position dans le classement. L’école gratuite, l’université très peu coûteuse, et la part obligatoire de la protection sociale notamment de santé et de retraite, ainsi que le coût élevé de la dette (malgré un niveau de taux au plus bas) grèvent le chiffre, ce qui ne signifie pas que les autres pays dépensent moins en dépenses de protection sociale et d’éducation, mais que la part de dépense privée y est plus importante. Comme le rappelle cet article : « En France, les dépenses de l’Etat ne représentent que 22,3 % du PIB, une part très inférieure à la plupart des autres pays d’Europe. Celles-ci atteignent 45,2 % du PIB au Royaume-Uni et 28,6 % en Italie. Seuls des pays très décentralisés (les dépenses passant par le biais des collectivités locales) comme l’Espagne (20,8 %) et l’Allemagne (13,9 %) sont nettement en-dessous. […]  En 2012, le coût des retraites représentaient en France 13,8 % du PIB, contre de 8 % à 11 % dans la plupart des autres pays européens. »

De l’autre côté des analyses faites par des économistes de gauche méritent d’être mieux considérées y compris par des gens de la droite et du centre, pour comprendre l’état du monde et les causes de l’augmentation de la précarité et des inégalités. Citons le livre de Thomas Piketty « Le capital au XXIème siècle » qui démontre que le capitalisme, s'il n'est pas régulé, génère des inégalités grandissantes. Saluons aussi le tout récent livre de Branko Milanovic, ancien chef économiste de la Banque mondiale, "Global inequality : a new approach for the âge of Globalisation" (lire l’article de Marianne). Ce dernier observe une réduction globale des inégalités de revenus au plan mondial mais avec d'un côté la forte croissance des pays émergents, réduisant l'écart entre les pays, qui a fait sortir de la pauvreté des milliards de personnes, et de l'autre côté l'accroissement des inégalités au sein des pays riches, les plus riches ayant capté toute l'augmentation de richesse à leur profit via les profits financiers, avec stagnation ou régression du pouvoir d'achat pour les autres. On pourrait même ajouter que la hausse du coût du logement est insuffisamment prise en compte dans l'indice de prix INSEE, qui le compte pour 14% des dépenses dont 6% pour le loyer, et cet indice est calculé en global et non par tranche de revenu correspondant à des structures de consommation différentes. Ce serait pire encore en rectifiant l’indice comme je l’expliquais dans cet article.

Dans un tout récent article, l’économiste de gauche Henri Sterdyniak, critique le projet économique d'Alain Juppé, vu comme une régression sociale sans pour autant résoudre le chômage. Certains arguments font en effet réfléchir mais sont insuffisants pour invalider les propositions d’Alain Juppé : 

-          l'allongement de l'âge de la retraite (même s'il est justifié pour l'équilibre financier de la caisse) et les suppressions de postes de fonctionnaires (même justifiées pour réduire le déficit public) induisent mécaniquement une hausse du chômage car c'est autant d'emplois non libérés pour les chômeurs actuels ou les jeunes arrivant à sur le marché de l'emploi. Mais cet argument ne suffit pas à invalider la proposition d’Alain Juppé qui veut favoriser la création d’activité et des emplois. Il faut une équation permettant que l'allègement de charges obtenu en faveur des entreprises créé plus d'emplois que ceux qui disparaissent.

-          concernant l'ISF qu’Alain Juppé propose de supprimer pour ne pas voir l’investissement fuir hors de France, Henri Sterdyniak oppose que le patrimoine entrepreneurial est déjà exonéré d'ISF donc l’ISF s’applique surtout au capital investi dans des placements financiers (qui peuvent notamment bénéficier à des investissements hors France et hors Europe) ou à l'investissement immobilier non exonéré par ailleurs. En fait les plus riches ont déjà trouvé la solution pour échapper à l’ISF, être domiciliés hors de France. Ils peuvent néanmoins investir quand même en France malgré tout. La France reste très attractive pour les investisseurs étrangers, donc cet argument de la droite sur l’ISF me paraît illusoire. Ce n'est pas l'ISF qui empêche d'investir en France. Il a simplement tendance à décourager la domiciliation des riches en France, cette expatriation fiscale induisant un manque à gagner de leur impôt sur le revenu et  de rentrées de TVA sur leurs dépenses locales.

-          Le plafonnement des prestations de solidarité n’a pas pour objectif de plonger encore davantage d’enfants dans la pauvreté mais d’inciter les personnes bénéficiaires à trouver plus avantageux le retour au travail que le maintien dans une situation de bénéficiaire de minima sociaux et des avantages associés.

-          La dégressivité des allocations chômage est proposée plus pour réduire le déficit de la caisse chômage que pour inciter au retour à l’emploi. Henri Sterdyniak a néanmoins raison de dire que ce n’est pas le désir de travailler de chômeurs qui fait défaut, mais bien les emplois offerts… 

-          Une hausse de la demande par augmentation du pouvoir d’achat des classes populaires, préconisée par Henri Sterdyniak, relancerait-elle l’économie et créerait-elle des emplois en France ? Si le pouvoir d’achat supplémentaire est consommé en bien d’importation (carburant, textiles, électronique, électroménager, alimentation importée), il ne bénéficie pas aux entreprises françaises produisant en France et ne contribue pas au financement des déficits, aux charges sociales dans le pays. Donc il faudrait flécher ces nouvelles dépenses. Et si cette augmentation de pouvoir d’achat est financée par un déficit, par un coût du travail plus élevé (salaire ou subventions), c’est au bout du compte fictif car se traduit en inflation donc une fausse hausse du pouvoir d’achat.

-          Financer une nouvelle baisse de charges des entreprises par une augmentation d’un point de TVA ne me paraît pas approprié en termes de justice sociale car cela se traduit encore par un transfert des ménages consommateurs vers les entreprises en touchant plus fortement les plus pauvres.

Je ne suis donc pas d’accord avec toutes les propositions d’Alain Juppé mais dans l’ensemble j’approuve sa vision d’équilibre : il veut relancer l’économie par une politique de l’offre tout en préservant notre modèle social, ce qui passe par un retour à l’équilibre des finances publiques, les déficits sociaux n’étant pas durables ; et au remplacement progressif de certains emplois publics par des emplois privés. Il faut préserver notre modèle en le rendant encore plus efficace, plus responsabilisant. Il est nécessaire de trouver un équilibre pour que ce modèle soit assumé à un coût (charges sociales et impôts) moins important pour ne pas trop obérer la compétitivité de nos productions sinon c'est l'emploi qui trinque et le coût de protection sociale qui augmente encore. Le déficit public endémique, qui est financé par de la dette alors que c'est un déficit de fonctionnement et non d'investissement, n'est pas durable, ajoutant un déficit financier dû au coût de la dette qui ainsi se cumule en effet boule de neige. Il suffit que les taux d'intérêt remontent pour qu'on se trouve dans une crise très grave qui risquerait en retour de casser notre modèle social.

Certaines critiques de gauche à l’égard de ses propositions me paraissent recevables et méritent d’être considérées, sans pour autant remettre en cause la logique d’ensemble.

Par ailleurs, je partage le diagnostic fait par les économistes de gauche sur la hausse des inégalités dans la mondialisation, la critique d’un modèle fondé sur le profit et la financiarisation trop poussée de l’économie, mais nous subissons ce modèle, nous ne pouvons ni l’ignorer, ni nous en affranchir par rétablissement des frontières et des barrières douanières, ni par la sortie de l’Union européenne et de l’euro, qui aurait des conséquences pire encore sur notre économie et nos emplois.

Oui il faut combattre l’évasion fiscale avec une meilleure régulation internationale, tant du côté des entreprises que des fortunes privées, ce qui requiert une gouvernance mondiale sur le sujet : taxation du bénéfice des entreprises au prorata de la localisation de leurs activités et de leurs ventes, égalisation de l’impôt sur les sociétés en Europe, de même que contribution sociale et fiscale des revenus financiers plus uniforme.

Et oui, il faut combattre la pauvreté, l’exclusion, la précarité, en préservant les plus fragiles et en leur redonnant une chance d’en sortir, pas seulement avec une aumône, des minima sociaux, mais par une aide, un réel emploi, une utilité sociale, un logement.

Pour créer de l’activité et des emplois, il ne faut pas oublier que 80% de l’emploi privé est entre les mains des PME et des TPE.

Il faut aussi s’ouvrir à une nouvelle économie qui s’annonce, que certains appelle l’ubérisation de l’économie, faite à la fois d’économie de partage, d’achat d’usage d’un service plutôt que de propriété du bien utilisé (voiture, matériel d’équipement, hébergement…) favorisé par internet et la mise en relation des vendeurs ou producteurs et des consommateurs, induisant un déplacement de l’activité vers l’entreprenariat remplaçant le salariat dans certains domaines mais qui ne doit pas se faire au détriment de la protection sociale.

Les projets qui s’annoncent à l’heure des primaires et de l’approche des présidentielles 2017 manquent de propositions sur ces thèmes.

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Madame,
A partir du moment où vous acceptez les règles de la mondialisation, le principe de dérégulation de la finance, il n'y a pas d'issue positive sauf pour ceux à qui profitent de ces règles. Pour quelques années encore, il existera des possibilités d'investissement permettant une belle rémunération du capital, il reste tant de pays qui n'ont pas encore réalisé leur rattrapage économique.

Et puis après ! Le Monde (la planète) est un monde fermé et fini. La finance a réussi à alimenter la croissance économique sans se préoccuper de l'augmentation de la dette, des déséquilibres économiques.

Après cette phase pénible de désendettement des agents économiques (sauf des Etats qui ont permis de limiter la casse) qui dure depuis 2008, l’endettement va repartir.

Une fois qu’il aura atteint un nouveau niveau insupportable (qu'on arrive toujours à repousser mais de moins en moins plus on avance dans le temps), plus on en revient à l'égalité stricte de JM Keynes : l'épargne doit être totalement investie sinon l'économie se dirigera vers un autre équilibre permettant d'ajuster épargne et investissement, la décroissance lente assurée.

Rappelons que la finance se prête à elle-même. Une partie des crédits ne sert pas à financer l'économie réelle. C'est cette finance là qui est à l'origine des crises répétitives que nous connaissons. Ne pas comprendre cette évidence, c'est omettre l'une des principales causes de nos maux. Toutes les autres mesures deviennent alors vaines.

Quand un investisseur (je n'utilise pas sciemment le mot spéculateur) fait fructifier son capital multiplié par 10 grâce aux emprunts que le système bancaire lui a accordé, il peut obtenir une rémunération de 10% même si les taux d'intérêt sont à 1%. Ces 9% ne viennent pas de rien. C'est tout simplement la part des bénéfices des entreprises qui n'est pas versée aux salariés (ou la plus value sur capital qui deviendra moins value pour le prochain investisseur en cas de crise).

En moyenne, les gains de la finance sont les sommes que les entreprises ne versent pas aux salariés mais aux possesseurs des entreprises. Via nos assurances vie (cela ne concerne que les salariés qui en possèdent), ces salariés en récupèrent une partie. Les salariés de la classe moyenne prennent ainsi une part de ce partage inégal. C'est cette classe de la population que défend M Schauble qui trouve que les taux d'intérêt négatif, ça suffit.

Le salaires sont considérés comme un coût pour l’entreprise ils correspondent à un débours pour l’entreprise. Les dividendes, c’est exactement la même chose et pourtant, ils sont glorifiés. En finance, j’ai appris qu’une entreprise qui ne verse pas de dividendes devrait voir son cours monté plus que si elle en versait, si la rentabilité de l’entreprise est supérieure aux taux d’intérêt. Où est l’embrouille ? Une entreprise qui serait moins profitable que celle de son secteur verrait son cours baissé et serait une proie facile (OPA) ?

Et si le public prenait les choses en main. Et si nous n’investissions notre épargne uniquement dans des fonds qui investissent dans des entreprises responsables, jusqu’à ce qu’ils en prennent le contrôle à 51%. En acceptant de laisser son Président gérer l’entreprise mais en le soumettant au contrôle bienveillant du fonds, bien des problèmes se règlent d’eux mêmes. Ceux qui peuvent survenir sont bien connus : mauvaise ingérence dans la gestion. Demandons au Medef de nous proposer quelques pistes, ils sont les mieux placés pour le faire !

Observons notre balance courante. Elle est en déficit de 20 Md par an environ. Tant que nous n'exporterons pas 20 Md de biens, de services, d'expatriés pour 20 Md, nous devrons emprunter chaque année 20 Md à l'étranger. Pour arriver à ce chiffre de 20 Md, nous avons dû vendre 10 Md d'actifs au Qatar ! C’est donc 30 Md qui manque à l’appel chaque année que nous devons emprunter à l’étranger. Heureusement que l’Etat qui a encore une belle signature arrive à placer ses bons du trésor à l'étranger, mais cela nous fragilise.

A un niveau plus micro-économique, le comportement des dirigeants des grandes entreprises peut avoir un fort impact sur notre économie. Prenons l’exemple d’un dirigeant qui, pour améliorer la rentabilité de son entreprise, prendrait les mesures suivantes :

- gel ou très faible augmentation des salaires à l’ancienneté de la majorité du personnel, forte hausse des rémunérations de quelques happy few (+10%) et prime de résultat de 50% des cadres dirigeants (2% du personnel est  concerné).

 -forte délocalisation à l’étranger des activités de développement, forte délocalisation à l’étranger de la production avec suppression en contrepartie de l’interim pour que la baisse des effectifs France ne se perçoive pas

 Toutes ces mesures permettent d’obtenir une marge opérationnelle de 5% et d’améliorer notablement le bénéfice net (2,5 Md € qui ont déjà subis l’impôt sur les sociétés, soit l’équivalent de 50.000 €  versés à 50.000 personnes) dont un tiers sera redistribué aux actionnaires. C'est l’inverse de ce qu’Henri Ford a fait avec succès.

Le Président d'une société a droit de le faire, c’est une société privée, il a le droit de mal allouer l’argent de la nation en reportant sur l’Etat l’obligation de réparer ces mauvais choix. Une partie du problème est là. Il est fini le temps des capitaines d’industrie qui défendaient, et leur entreprise et la nation. Revenons y et comme par enchantement, l’économie repartira sur un bon bien.

La maximisation local du profit conduit à la minimisation des profits pour la nation, c’est tellement gros que l’arbre du super manager a fini par cacher la forêt. On veut nous faire croire qu’il y a pas assez de super managers. C’est totalement faux, il y en a énormément qui piaffent mais non pas les bonnes relations. Nous payons donc trop chers des dirigeants qui ne doivent leur position qu’à leurs entregents, au verouillage de leur position. Ils ont les mêmes compétences qu’on retrouve chez beaucoup d'autres qui attendent leur tour. Limitons le nombre de mandat d'un Président à deux mandats, place aux jeunes !

Repartons d’une nation qui ne peut plus s’endetter et qui n’arrive pas à investir en son sein, toute son épargne. Pour corriger le tir, il "suffit" de décider de transférer une toute petite partie de cette épargne à l’Etat qui a du mal à boucler son budget. L’ISF contribue à ce petit miracle et on veut le supprimer ! Les plus aisés y échappent déjà à coup d’expatriation, d’œuvres d’art, d’outils de travail. Les classes moyennes riches (des centaines de milliers de personnes) peuvent y laisser chacune quelques milliers d’euros sans que leur pouvoir d’achat soit vraiment affecté.
C'est donc idiot de faire un cadeau à cette population aisée qui de toute façon votera à droite.

- J'attends donc le volet budget de la recherche, budget de soutien à nos exportateurs, des candidats à la présidentielle.

-J’attends un discours appelant les dirigeants du Cac 40 et plus à leurs responsabilités nationales.

- J'attends un budget de soutien aux énergies renouvelables pour faire pression à la baisse sur le prix du pétrole : crédit bonifié, subventions déguisées etc…

-J'attends les mesures de rééquilibrage des comptes de l'Etat, celles qui permettent de faire fonctionner une économie qui ne peut plus s'endetter.

- J’attends d’un Président qu’il promeuve un politique qui sauvegarde l’épargne, ni plus ni point : plus question de gagner de l’argent avec l’argent !

 - J’attends une politique qui réorientera l’épargne des ménages vers des fonds responsables, des banques de dépôts qui s’interdisent d’être en partie une banque d’investissement. Ces banques existent, promouvons les ! Les risques financiers baisseront à la vitesse grand V.

 Finalement, j’attends d’un futur président une parfaite maîtrise du fonctionnement de l’économie nationale et c’est là que le bat blesse.

Le sujet est difficile, 95% des experts économiques ne savent plus de quoi ils parlent, Jean Tirole le premier.  Malheureusement qui fait preuve d’une naïveté à l’échelle de ses connaissances micro-économiques et se fait récupérer par le système.

Pour avoir assisté au Forum du Nouveau Monde 2014, où intervenait Alain Juppé, il a vraiment intérêt à bien s’entourer sinon, ce sera la cata. Son programme est vraiment court.

Pour avoir écouter une intervention de Jean Tirole, c’est un spécialiste de la micro-économie et non de la macro-économie. Sa prise de position sur le temps de travail le montre bien.

Selon moi, A. Juppé fera pire que F. Hollande : augmentation de la paupérisation de la France avec relance de l’endettement des ménages qu’il faudra bien purger par la suite.

La Gauche aura beaucoup de mal à se reconstruire. Marine Le Pen, en 2017, fera 45% des voix contre 55% à A. Juppé. On s'en étonnera.

Devinez qui succédera à A. Juppé ! M. Le Pen qui fera une politique de gauche. Si la Gauche l’avait faite, on aura fait l’économie de la xénophobie et plus encore. La finance se déchaînera contre Marine Le Pen, c'est ce qui prouvera le sérieux "affiché" des mesures économiques proposées par le parti. Ne vous méprenez pas, je n'ai aucune affinité avec le FN, bien au contraire.

Sommes nous bêtes collectivement, alors que nous sommes tous géniaux individuellement !