Une grande cause nationale qui laisse un goût amer...

Le Premier Ministre vient de déclarer l’engagement associatif “Grande Cause Nationale 2014”. La reconnaissance, au plus haut niveau, de l’apport du monde associatif est une bonne chose… mais la monnaie symbolique ne suffit pas pour vivre, pour continuer .

Il lance cette cause le jour de la signature de la charte d’engagements réciproques Etat - Collectivités - Associations dont l’ambition était de donner de la lisibilité et de l’effectivité aux engagements des trois parties. Cette charte était à la fois la reconnaissance de la contribution associative à l’intérêt général, et le “contrat de confiance” nécessaire à sa poursuite...

Les associations sont pourtant depuis de nombreux mois dans une situation difficile : le soutien de l’Etat et des collectivités se fait de plus en plus chiche. Si le ministère de la vie associative maintien ses subventions aux têtes de réseau, tous les autres ministères les réduisent aux dépens des acteurs.  Les budgets serrés des collectivités se traduisent par une baisse du financement des associations. Le tout est aggravé par un manque de lisibilité dans le temps, et un financement où le mode de “l’appel à projet” est de plus en plus prégnant. L’initiative associative est mise à mal.

Le collectif des associations citoyennes alerte sur le gigantesque “plan social”  en cours : les pertes d’emplois effectives et programmées se comptent par dizaines de milliers.


Dans ce contexte où la capacité d’initiative et le lien social conditionnent notre futur démocratique, utiliser le label “Grande Cause Nationale”  dont la logique est de faciliter, pour quelques initiatives, le recours au mécénat  et à des campagnes de générosité publique,  laisse un goût amer.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.