Carnet de bord #1 : Victoire de la gauche et négociations

Réélue Sénatrice du Nord, sous l’étiquette écologiste, dans une liste de gauche rassemblée, je vais tenter d’utiliser ce blog à la façon d’un carnet. Un carnet pour partager, avec qui veut, la vie des pouvoirs publics auxquels mon mandat me fait participer.

Réélue Sénatrice du Nord, sous l’étiquette écologiste, dans une liste de gauche rassemblée, je vais tenter d’utiliser ce blog à la façon d’un carnet. Un carnet pour partager, avec qui veut, la vie des pouvoirs publics auxquels mon mandat me fait participer. Entre arbitrages institutionnels, vie des partis, et perception personnelle, cette modeste chronique sera, je l’espère, régulière.

 

 

25 SEPTEMBRE 2011. VICTOIRE DE LA GAUCHE AU SENAT ET NEGOCIATIONS


Après le bon résultat de notre liste d’union nordiste, je n’avais pas l’intention de descendre à Paris (je ne dis pas « monter » à la capitale. Paris, sur la carte, est pour nous au Sud).
Mais les sms annonçant l’excellente nouvelle de 10 Sénatrices et Sénateurs écologistes, je n’ai pas résisté, et j’ai saisi l’opportunité du premier TGV pour rejoindre la fête au Sénat. A ce stade, je me vois présidente du beau groupe Europe Ecologie Les Verts. Je ne manque pas devant Jean Pierre Bel, comme devant la chaîne Public Sénat, de dire, avec le sourire, notre ferme intention de négocier l’existence d’un groupe autonome pour l’écologie dans la gauche, donc un changement de règlement.


LES ECOLOGISTES SE PREPARENT
Nous ne nous connaissons pas encore tous très bien. La parité, la diversité sont au rendez vous.
De nouveaux verts du senat qui promettent (Médiapart)

 

 


27 SEPTEMBRE

Jean- Vincent Placé me dit sa ferme intention de mener le groupe, repousse ma demande d’arbitrer ce choix par un vote, ce que vient également soutenir Cécile Duflot, notre secrétaire nationale. Ils préfèrent aller au consensus, et proposent un paquet global. Jean-Vincent Placé essaierait de m’obtenir une présidence de commission, et des responsabilités dans le bureau du Sénat pour Jean.
Désagréable semaine de tractations. Désagréable semaine sans doute aussi pour Jean Pierre Bel, futur Président, puis pour François Rebsamen, nouveau président du groupe PS qui fait l’objet de demandes incompatibles car trop nombreuses et contradictoires, de la part de leurs amis, hollandistes et aubristes, communistes et écologistes.
Ce métier, pourtant indispensable à la politique, n’est pas le mien. La réunion de l’OPECST (Office Parlementaire des Choix Scientifiques et Technologiques, dont je suis membre encore pour quelques jours) avec un ordre du jour conséquent, me donne paradoxalement une bouffée d’oxygène. Là, je suis dans mon cœur de cible : face à l’Autorité de sureté nucléaire, aux ministères, aux acteurs du nucléaire… Je demande des comptes sur la face obscure de l’atome : sous-traitance, sous évaluation des effets dans le temps, manque de provision pour démanteler.

(voir : Sous-traitance dans le nucleaire... Tout va bien ou presque)

 


1er OCTOBRE 2011 : UN PRESIDENT DE GAUCHE AU SENAT

C’est le doyen Vergès qui fait un discours courageux évoquant la complexité, les risques climatiques, la démographie mondiale, la crise et ses effets, ailleurs et chez nous. Les copains réunionnais écologistes furent d’ailleurs mécontents que je salue ce beau discours, car sur le terrain, la réalité des choix de cet élu était toute autre. Il n’empêche : pour la première fois à la tribune, un discours solennel énonçait vraiment le contexte local et planétaire dans lequel nous devions responsabiliser nos arbitrages.


Puis Jean-Pierre Bel fut élu, assez brillamment puisqu’une candidature centriste accrut l’écart entre droite et gauche majoritaire. Il y avait une grande émotion dans les couloirs, dans la salle des conférences. Etonnamment, il faisait un soleil radieux et une température inédite de 28 degrés.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.