marie Blandin
Sénatrice écologiste du Nord, ancienne Présidente de la Commission de la Culture, de l'Education et de la Communication au Sénat
Abonné·e de Mediapart

50 Billets

0 Édition

Billet de blog 27 févr. 2012

marie Blandin
Sénatrice écologiste du Nord, ancienne Présidente de la Commission de la Culture, de l'Education et de la Communication au Sénat
Abonné·e de Mediapart

Carnet de bord #20 : De Van Der Meersch à Pompidou.

LUNDI 13 FEVRIEREncore Paris.Les textes que le gouvernement veut écluser sont si nombreux que les jours dits "en province" se passent désormais au parlement aux dépens du travail de terrain.

marie Blandin
Sénatrice écologiste du Nord, ancienne Présidente de la Commission de la Culture, de l'Education et de la Communication au Sénat
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

LUNDI 13 FEVRIER

Encore Paris.
Les textes que le gouvernement veut écluser sont si nombreux que les jours dits "en province" se passent désormais au parlement aux dépens du travail de terrain.
Aujourd'hui c'est la CMP sur la numérisation des oeuvres orphelines qui est soumise pour une ultime validation au Sénat.
Tout est voté dans les formes.
Pour moi un plaisir particulier, celui de l'introduction dans le code de la propriété intellectuelle de la définition de l'oeuvre orpheline. C'est une oeuvre qui n'a plus d'ayant droit, ni auteur, ni descendants de l'auteur.
Mais surtout, en creux, cette définition est un véritable outil pour les avocats de tous ceux qui se font spolier, comme les photographes volés par la mention DR. Cette mention est en effet abusivement utilisée par les groupes de presse pour ne pas payer les photographes.
Ce que les photographes revendiquaient à Arles sous le nom de PPL 441 est désormais voté!!!

MARDI 14 FEVRIER


Lille
11heures interview AEF
Le journaliste vient pour notre programme sur l'éducation. Je suis impressionnée par sa connaissance de nos écrits, et j'ai davantage besoin de lui donner le sens de nos priorités que le détail de nos préconisations. Les suppressions de postes lui sont très bien connues, tout comme le zèle de notre rectrice à appliquer les choix du gouvernement.
14 h Rectorat
Je ne peux répondre à tous les appels au secours des parents ou équipes pédagogiques qui découvrent que le couperet des suppressions va tomber sur leur classe, leur maternelle, leur zone sensible.
Mon emploi du temps me permet d'accompagner à la porte du Rectorat les parents en colère de Gondecourt. Cette petite ville à la périphérie de la métropole se lotit beaucoup et de jeunes parents viennent s'y installer. La Région y a construit un lycée, les collèges sont là, et voici que l'on s'en prend à la maternelle, entamant cette chaîne vertueuse de l'équipement scolaire.
Aux grilles du rectorat nous sommes particulièrement mal reçus. Il faut quand même dire que les parents, porteurs d'une pétition, n'ont pas demandé de rendez vous.
Au bout de 45 mn, le directeur de cabinet finit par nous recevoir. Le dialogue avec les mères débute mal, sur un ton acerbe. Monsieur Gosselin fait remarquer que le primaire ne relève pas de sa compétence, et qu'il prend simplement note, pour voir si l'inspecteur d'académie a les mêmes chiffres que les parents.
Rien n'en sort, sinon son engagement de faire passer le message.
A la sortie, puisqu'il est compétent sur le niveau lycées, je lui dis mon indignation que Maxence Van der Meersch de Roubaix soit menacé: il m'affirme qu'au contraire, on va y faire des filières d'excellence. Ça n'empêche, on va y supprimer les secondes et les redéployer sur d'autres établissements, ce qui ne facilitera sûrement pas les transports.
Excellence!!! Castoriadis avait raison, c'est la montée de l'insignifiance, les mots ne veulent plus rien dire!!!

MERCREDI 15 FEVRIER


PRESIDENT DU CENTRE POMPIDOU, M.SEBAN
C'est un bilan, assez enthousiasmant, que vient présenter le Président de notre musée national d'art moderne, et aussi des alertes,sur le nombre de postes supprimés, au delà du raisonnable, avec un impact très fort de la RGPP (51 postes) aux limites du possible.
Il s'annonce en fin de mandat. Il dit les possibilités et la nécessité de restaurer des parties du centre Pompidou (qui reste, dit-il, un des monument les plus contestés de Paris) ainsi que de revoir les circulations intérieures.
Je l'interroge en sortant sur ces fameuses cartes de libre accès dans plusieurs musées parisiens que nous a offert Paris Première, et que j'ai renvoyées avec la lettre suivante:
Paris, le 17 février 2012

Madame Karine BLOUËT

Présidente de Paris Première

89 avenue Charles de Gaulle

92575 Neuilly-sur-Seine cedex

Madame la Présidente,
Vous m'avez adressé une carte permettant un accès gratuit aux expositions de certains musées parisiens et vous remercie sincèrement de cette généreuse attention.

Cependant, l'éthique que je m'impose ne me permet pas d'accepter cette carte cadeau de la part d'un acteur culturel et économique concerné par des textes législatifs relevant du domaine de compétence de la commission que je préside.

Ma directrice, Michèle Kadi et mon administrateur Fabien Meuris ont également fait ce choix.

Veuillez accepter, Madame la Présidente, mes meilleures salutations.


                                                                Marie-Christine BLANDIN
C'est un échange: les musées donnent ces cartes, et la chaîne de télévision fait la promotion de leurs expositions.
Ainsi donc il faut maintenant payer pour que certains médias fassent leur travail!

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — France
À Saint-Étienne, le maire et le poison de la calomnie
Dans une enquête que Gaël Perdriau a tenté de faire censurer, Mediapart révèle que le maire de Saint-Étienne a lancé une rumeur criminelle, dont il reconnaît aujourd’hui qu’il s’agit d’une pure calomnie, contre le président de région Laurent Wauquiez. À l’hôtel de ville, des anciens collaborateurs décrivent un quotidien empoisonné par la rumeur, utilisée comme un instrument politique.
par Antton Rouget
Journal — France
L’encombrant compagnon de la ministre Pannier-Runacher
Des membres du ministère d’Agnès Pannier-Runacher sont à bout : son compagnon, Nicolas Bays, sans titre ni fonction, ne cesse d’intervenir pour donner des ordres ou mettre la pression. En outre, plusieurs collaborateurs ont confié à Mediapart avoir été victimes de gestes déplacés de sa part il y a plusieurs années à l’Assemblée nationale. Ce que l’intéressé conteste.
par Lénaïg Bredoux, Antton Rouget et Ellen Salvi
Journal — Europe
Ukraine : le soupçon de la collaboration plane sur les villages libérés
Dans la région de Kherson, certains villages ont vécu pendant des mois à huis clos, sous occupation russe. Des voisins ont été tués ou sont portés disparus. La difficulté à mener des enquêtes rapides dans un pays mis sens dessus dessous par la guerre permet à la rumeur de prospérer.
par Mathilde Goanec
Journal
À Bruxelles, la France protège la finance contre le devoir de vigilance
Dans une note confidentielle, la France supprime toute référence au secteur financier dans la définition de la « chaîne d’activités » couverte par le devoir de vigilance dans la directive européenne en préparation. Bercy dément vouloir exonérer les banques. Les États se réunissent jeudi 1er décembre à ce sujet. 
par Jade Lindgaard

La sélection du Club

Billet de blog
Le cochon n'est pas un animal
Pour nos parlementaires, un cochon séquestré sur caillebotis dans un hangar n'est pas un animal digne d'être protégé. C'est pourquoi ils proposent une loi contre la maltraitance animale qui oublie la grande majorité des animaux (sur)vivant sur notre territoire dans des conditions indignes. Ces élus, issus des plus beaux élevages politiciens, auraient-ils peur de tomber dans l'« agribashing » ?
par Yves GUILLERAULT
Billet de blog
Abattage des animaux à la ferme. Nous demandons un réel soutien de l’Etat
Solidarité avec Quand l’Abattoir Vient A la Ferme : Depuis 2019, la loi autorise les éleveurs, à titre expérimental, à abattre leurs animaux à la ferme. Ils n’ont toutefois bénéficié d’aucuns moyens dédiés et doivent tout à la fois assurer les études technique, financière, économique, sanitaire. Respecter les animaux de ferme est une exigence collective. Nous demandons un réel soutien de l’État.
par Gaignard Lise
Billet de blog
Canicule : transformer nos modes d’élevage pour un plus grand respect des animaux
L’association Welfarm a mené cet été la campagne « Chaud Dedans ! » pour alerter sur les risques que font peser les vagues de chaleur sur la santé et le bien-être des animaux d’élevage. Après des enquêtes sur le terrain, des échanges avec les professionnels de l’élevage, des discussions avec le gouvernement, des députés et des eurodéputés, Welfarm tire le bilan de cet été caniculaire.
par Welfarm
Billet de blog
Noémie Calais, éleveuse : ne pas trahir l’animal
Noémie Calais et Clément Osé publient « Plutôt nourrir » qui aborde sans tabou et avec clarté tous les aspects de l’élevage paysan, y compris la bientraitance et la mort de l’animal. Entretien exclusif avec Noémie.
par YVES FAUCOUP