Marie Christine GIUST

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Billet de blog 3 août 2015

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Naissance et Jardin. Mais c’est Mozart qu’on assassine !

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Naissance et Jardin. Mais c’est Mozart qu’on assassine ! 1. Suis-je née prématurément, ou les services sanitaires de Riva Bella-Ouistreham étaient-ils défaillants en ce mois d’août 1951, à une période où le soleil dardait si fort de ses rayons, au cœur de l’été, qu’il était quasiment impossible, comme durant toute mon enfance, de poser les pieds sur ce sable chaud, sous peine d’une brûlure évidente …

Je n’en sais rien !

Je n’ai jamais entendu parler ni de sage-femme, ni de bébé prématuré. Au contraire, ma mère m’a toujours dit, et je la crois volontiers, que je suis née avec trois kilos et plus, en pleine forme, et une grande vitalité !

Sur ma vitalité foncière, je n’ai aucun doute. Par contre, que d’autres placent plutôt leurs espoirs dans des revenus fonciers : chacun son style…

Mais ce qu’il ne faudrait pas, tout de même, c’est que l’un prenant l’avantage sur l’autre rende nécessaire l’élimination du premier !  Regardons cela de plus près.

Par contre que, dans ce petit bout de rue de Riva Bella, coincé entre le commissariat dans la même cour et le blockhaus (bunker), un peu plus en bas vers la mer, les secours face à une femme en train d’accoucher se soient montrés défaillants, c’est bien possible. Vous avez déjà vu un bébé à naître, en train de dire :

« -  Magnez-vous les mecs, je veux sortir, et voir le jour ! »

Bon, déjà à l’époque, l’entourage n’a pas vraiment dû « savoir-y-faire » : ni le voisin, justement commissaire de police, ni les pompiers qui auraient pu emmener d’urgence une femme sur le point d’accoucher, jusqu’à l’Hôpital Général de Caen, ni les médecins du coin, peut-être bien partis en vacances, ou en train de se faire une partie de tennis, à l’ombre des grands arbres, non loin de là, alors que l’hôpital, lui, se trouvait pourtant à l’entrée de la ville, côté sortie côte de Nacre et Pont de Bénouville !

Par contre qu’un voisin ait alors été embarrassé qu’un père absent soit justement à ce moment-là en train de convoler en « juste noce » ( ?) avec la sœur de ma mère, la tante Madeleine, s’il le savait, n’a pas dû arranger l’histoire !

Et comme d’habitude, dans ces cas, c’est la mère et l’enfant qui trinquent !

Et à la génération suivante, d’abord en 1969, avec le même scénario déjoué par moi, puis même avec trente ou quarante ans d’analyse, la belle florence nous rejoue le même scénario, sans la moindre conscience.

C’est dire si certains psys étaient particulièrement vigilants et prévoyants,…

2. Et puis aussi, il faut le dire, parce que c’est vrai « gros comme une maison »

- Tiens, tiens : la question et le signifiant  « maison » pointent leur nez- :

Le premier analyste à Caen de florence Desprairies ne portait d’autre nom que celui de Morel, le même que celui de la femme adultère d’alors (Dieu la bénisse, la pauvre Madeleine, comme disent les cathos bourgeois !). Le mien, premier analyste, en revanche

(Observez tout de même la mise en scène familiale alors inconsciente) s’appelait Girard, un psychiatre connu à Caen, qui plus tard céda son cabinet à un de mes amis d’enfance le plus proche, Michel Prat…

Le nom de Girard, bien évidemment, ça résonne jusqu’à aujourd’hui, et depuis bien longtemps déjà pour nous, les intellectuels,, du nom de ce philosophe catho de toute intégrité, intellectuelle et morale, René Girard, dont les textes autour du Bouc-émissaire et de la victime sacrificielle, ou encore, Des choses cachées depuis l’aube des temps, etc… n’ont jamais pris une ride.

Et il faut bien l’ajouter. Quand à ce patronyme Morel, il a quasiment disparu dans les oubliettes de l’Histoire, faute de s’être vraiment illustré de la belle manière !

 Comme quoi, il n’y a rien eu à faire, « la belle florence » s’est, elle aussi, illustrée de la pire manière ! Car enfin, prendre le mec de la sœur, c’est déjà douteux, mais trouver pulsionnellement normal de tout faire pour éliminer la potentielle rivale, et ceci, définitivement, en la faisant interner «  à vie » si possible en HP :

là, vraiment, ça relève d’un esprit, plus nommément «  crapuleux », comme pour tout enfermement de ce style, : que ce soit en camp de concentration, en goulag, ou en régime dictatorial brésilien, et tutti quanti !

3. Hypothèse quant à cette naissance à la maison (explicitons : sans recours médical, donc, ni hôpital pour y « mettre bas » !).

Prenez une femme abandonnée par mari et famille maternelle, pas très soutenue non plus par belle famille italienne, quand des deux côtés ces gens-là avaient plutôt été conciliants ou ponce-pilate de l’époque nazie, à deux pas des plages du débarquement, et alors qu’il devait y avoir des réseaux de résistance conséquents dans le coin – dont je n’ai jamais entendu parler dans mon enfance ! Et bien, moi, je vous dis :

Elle accouche chez elle et se démerde. Et je dirais même plus. Puis « le corps médical » local, se charge de rapatrier femme et enfants sur Caen, pour nettoyer leur démission et s’assurer des bonnes grâces et du soutien ou de la complicité avec ceux du côté duquel se trouvait alors le fric, donc le pouvoir…

J’ajoute, pour que cette histoire s’éclaircisse totalement. Que le signifiant Desprairies n’est alors pas n’importe lequel, puisqu’il s’agit d’un fils de la famille des médecins locaux, qui déboule de Paris après 1968 ( !), et s’inscrit également à la Fac. de Médecine, et qu’ensemble, une bonne année, nous faisons de l’agitation politique chez les mandarins. Ca ne leur a évidemment pas beaucoup plus. Et à l’époque, comme aujourd’hui, c’est très facile d’empêcher quelqu’un de poursuivre des études universitaires. A moi, à une épreuve d’anatomie, j’ai eu un 6 rédhibitoire, alors que, vérification faite, auprès des services de l’administration de l’Université, la même copie me donnerait 10 en septembre …

« L’entreprise de démolition familiale », comme je l’appelle, est alors systématiquement entrée en œuvre, par la petite de cette sœur crapuleuse, bien vue au Vatican de l’époque, et chez les ursulines locales dont elle s’est faite le «  souffre-douleur » officiel d’une famille à la dérive. La bourgeoisie, et ses vaudevilles, en somme. Rien de nouveau.

Me ce que cela révèle, ce sont tout simplement les turpitudes de ces gens-là, qui finalement apparaissent pour ce qu’ils sont, bien souvent : les alliés objectifs de tous les appareils répressifs, puisqu’ils contournent les institutions publiques à leur seul usage exclusif !

3. Les Jardins. J’en ai parlé hier, de celui dans lequel j’avais appris à « cultiver mon jardin », sans barouf, sans que personne n’en sache rien, dans le silence et la joie ! Sans même imaginer qu’un jour j’écrirais ces lignes délétères, mais nécessaires, pour vider l’abcès d’une histoire qui n’a que trop duré, et me fait comprendre pourquoi, face à une langue française qui me mentait de façon honteuse depuis le premier jour, j’ai toujours dû chercher soutien, protection mais surtout informations et éclaircissements d’abord historiques, dans d’autres langues susceptibles de m’en dire un peu plus sur le monde et ses vérités !!!

Et ces langues ne m’ont jamais déçues. Historiquement, politiquement, poétiquement.

La langue française, cachée derrière les fioritures de Versailles, à l’inverse du baroque italien ou anglais, cachait des turpitudes bien autres que celles que les apparences faisaient briller de tous ses ors ! Et ce, encore aujourd’hui. Il fallait donc prendre la plume. Même de mauvaise qualité…

4. Par contre, dans mon histoire, ce qui est resté patent, c’est qu’il m’a fallu, et encore maintenant à plus de 60 ans, me battre comme un lion ( je l’ai déjà dit) mais aussi « à la vie, à la mort », pour soutenir ma différence, et faire poindre une vérité cachée sous le boisseau,  de toujours recouverte, répétée et finalement « opacisée » à la puissance N, jusqu’à tenter de me faire taire totalement, moi, ainsi que ma mère, pour que jamais cette histoire qui nous concerne au premier chef ne soit dite, révélée, ni même écrite noir sur blanc. Pour moi, c’est une nécessité. Une éthique. Un devoir de mémoire. On s’occupera plus tard de la question littéraire, si vous le permettez.

5. Le pouvoir médical. Faut que je me presse. Car, en dix ans : ma mère  a été tue. De tuer : elle est un légume. Et de taire : vous pouvez y aller, elle n’a plus rien à dire, exactement comme ce que Primo Levi décrit des « musulmans » dans « Si c’est un homme »…

Et en dix ans, les seuls mots que je lui ai entendus, c’est les prénoms tous mélangés de quelques petits enfants, sans jamais articuler une phrase complète ou un quelconque sens, la moindre réflexion capable d’attester de sa santé psychiques ou de ses facultés intellectuelles..

Faire taire, comme à Auschwitz. On peut déjà dire que la médecine a gagné une première bataille…La seconde va se dérouler maintenant pendant encore dix ans : celle d’entretenir, comme dans l’affaire Lambert, un corps inanimé, objet de toutes les manipulations médicales, si celui-ci ou la partie adverse prend le dessus…

Ma mère a eu 90 ans, cette année. Et il paraît que personne n’est venu lui souhaiter son anniversaire. Il faut dire qu’ils se sont peut-être enfin rendus compte de la supercherie et de la mise en scène qu’ils ont concocté depuis tant d’années pour la galerie. Trois roses et j’t’entourloupe !

6. Question poésie, j’y reviendrai. Mais soudain, je m’aperçois que c’est depuis l’année où j’avais écrit, seule et tranquille chez ma mère, tous les plus beaux poèmes de ma vie, même s’ils ne sont pas susceptibles de plaire à tous, que je me suis retrouvée en HP. C’était en 2004.

Vous voyez comme la ténacité de certains n’a pas de borne ni aucune honte !

Je dirais plus. Cette année-là, j’ai vécu avec une seule idée en tête, des mois d’affilée :

Mais c’est Mozart qu’on assassine !!!

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