Guéant en Ali Baba à l'intérieur !
03 OCTOBRE 2015 | PAR L.CUENCA
Nous vivons une époque formidable et Fort Minable pour la République.
L'affaire Guéant est symptomatique de la situation de nos institutions.
Un ex secrétaire Général de l’Élysée en Mai 2007 puis Ministre de l'intérieur en 2011 nous explique qu'il est de pratique courante de partager des enveloppes en liquide avec ses collaborateurs qui ne sont pas moins que quatre Préfets qui eux, réceptionnaient cet argent ne pouvant faire autrement ! sic...
C'est vraiment une histoire Abracadabrantesque qui démontre que nos institutions sont totalement vérolées, hors de contrôle pouvant servir de financement occulte ou enrichissement personnel à tout les niveaux !
Notre 5ème République pourrait porter le nom d'Ali Baba et les 40 Voleurs...
Ali-Guéant est un pauvre bucheron Gratte papiers à l’Élysée pour Nicolas. Un jour, parti au Ministère justifier des ses indemnités, il entendit des voix.
Il se cacha alors dans un bureau, Pce Beauvau où il entendit le chef d'une bande de quarante voleurs prononcer la formule magique qui permet d'ouvrir une porte dans un coffre : Henriette ! Henriette ! Es-tu là ?
Après le départ des bandits, Ali-Guéant prononça la formule, entra dans le Bureau de la Pce Beauvau et y découvrit des trésors accumulés et emporta une partie des biftons ou enveloppes, liquide, fraiche comme vous voulez !
Son frangin, Michel Gaudin, proche collaborateur de Nicolas qui est un riche marchand de Tapis, est surpris par la fortune soudaine d'Ali Guéant qui lui raconte son aventure.
Gaudin va à la caverne du ministère, mais troublé par la vue de tant de richesses, ne retrouve plus la formule qui lui permettraitd'y mettre les mains dans le pot de confiture .
Ali-Guéant, inquiet de l'absence de son frangin, va à la source et le découvre dépité !
En chemin, il rencontre trois de ses anciens frangins, trois mendiants de la Vème République !
Il les questionne sur ce qu’ils aimeraient avoir en cas de richesse et déclare : « J' va vous l'donner par mon intermédiaire et celle d'Henriette. Vous aurez le nécessaire et le superflu ».
Le lendemain, Ali-Guéant acheta la plus belle maison de la ville.
Daniel Canepa, Michel Camux et Gérard Moisselin, trois autresfrangins arrivent au même moment pour puiser aussi des primes en espèce, prélevées sur les frais d’enquête et de surveillance (FES).
La fête se prépare : toute la clique est invitée.
Le chef des brigands et Gaudin aussi. Chacun fait entrer ses hommes et une terrible bagarre s'ensuit.
Ali-Guéant s'en sort. Daniel Canepa, Michel Camux et Gérard Moisselin sont enfermés dans une spirale infernale. « Des pauvres il n’y en aura plus je m’en charge » et Ali-Guéant conduit la horde des pauvres à la source.
Celle-ci s’y engouffre, bousculant son bienfaiteur. Le coffre est vidé à plusieurs reprises.
Gaudin y reste seul, abattu. Mais Ali-Guéant vient l'y chercher pour le ramener à la maison, un amour protecteur naît chez lui !
L’ancien ministre de l’intérieur est notamment soupçonné de s’être fait remettre durant cette période 210 000 euros issus de fonds de la police « à des seules fins d’enrichissement personnel ».
L’ancien préfet dit « avoir cru qu’il pouvait se fier » à Claude Guéant sur la régularité de cette pratique.
L'histoire finit bien pour tous, à l'exception de Gaudin et des quarante voleurs.
(Adaptation: Ali Baba et les quarante voleurs...)