Lettre à toi, Christine
qui m’a émue, certes,
mais dont notre rencontre a tu l’essentiel,
ce qui me paraît le plus important…
Je vais t’expliquer ce qui fait « l’abîme » social entre toi et moi, à l’heure d’aujourd’hui.
A l’heure où tu penses t’acheter une maison à l’Ile de Ré,
Et où, moi, ayant économisé une vie (15 ans), en crevant de faim, je vais devoir me battre le restant de ma vie, pour tenter de récupérer cet appartement de 4 sous, jeté en pâture à la pègre nationale, par nos amis aussi bien de droite que de gauche…
Je vais t’expliquer comment, avec quelques exemples pris au cours de ma vie, assez illustratifs d’ailleurs,
que ce temps de nos vies, au lieu d’avoir annulé ou atténué les différences,
les ont amplifiées, grandement et matériellement, de façon exponentielle,
sauf à avoir cédé comme certains, aux sirènes de l’obscénité contemporaine, pour « arriver » en partant de rien,…
sauf, pour ceux qui ont donc jugé qu’ils pouvaient s’accoquiner pour s’affirmer socialement,…nous prouvant chaque jour l’effondrement des ex-démocraties occidentales, …
ERREUR essentielle, ils sont passés à côté d’un style de vie, humain, respectueux des fragilités, et sont passés dans la vie comme des bulldozers, …
Même si aujourd’hui, ils jouissent d’un bout de terre où se retirer loin du monde, rien n’y fera !
Ils garderont, dans mon esprit, et j’en suis sûre, les dents agacées jusqu’à leur mort et leur descendance aussi, de ce sur quoi ils se sont couchés !
Et la leur, leur vie, n’en est que d’autant plus diminuée, même si elle a prétendu à la transcendance ! Quelle transcendance ? Celle qui tue ? Celle qui s’associe aux flics ?
Dis-moi, toi, où est la ligne de partage entre les humains ???
Qu’ont-ils fait de leurs ascendants ??? Que pensent-ils défendre de l’Humanité ou de la Fraternité, alors qu’ils m' envoyaient les flics des années ???
Oui, reparlons ensemble, un instant, si tu le veux bien, de transcendance, de pragmatisme, de sublimation, de psychanalyse, et, dans le lot, pour les gueux, d’échéances de prêt sur, au finish, un minable appartement dans Toulouse, occupé au plus fort du terrorisme contemporain par des djihadistes français, qui n’ont qu’une hâte, me liquider, par exemple.
Oui, parlons-en si tu veux bien !
Ecoute à l’instant Ricardo Mutti, retransmis sur France Musique, reprenant Le Chant des Esclaves, dans Nabucco, à Rome, il y a quelques années, en soutien et résistance appuyés et déterminés à tous les artistes, mais aussi tous les citoyens bafoués !!!
Peuvent-ils même prétendre s’associer à cette forme incontestable et transcendantale de résistance ? Peuvent-ils y vraiment y prétendre ???
Ecoute silencieusement France Musique, et tu m’entendras, à chaque instant, dans une suite ininterrompue de résistance par l’art dans la musique, celle de Mozart, qu’un jour j’ai pensé perdre, autant dire : perdre la vie !
Et l’émotion de tous, chantant à tue-tête, pour ne pas tomber sous les balles actuelles de tous les obscènes, en premier lieu ceux qui sont devenus, à leur corps défendant, les premiers marchands du temple !
N’y avait-il pas d’autre chemin, pour ne pas en laisser quelques uns sur le bord de la route, ou même plus, les faire taire définitivement ou les enfermer dans les pires cachots des asiles parisiens, là où Sade en son temps, partagea naguère le sort de tous les clochards, les avinés, les trafiquants, etc…
Pense à ce que tu penserais à l’heure de croiser ces gens qui t’ont dégradée, humiliée tant d’années, toi mais aussi tes parents, même par leur silence, mais non sans rester actifs et complices du pire !!!
Oui, j’avais besoin de cent euros, pour peut-être me payer un AR jusqu’en Normandie, et seule, arpenter la plage de mon enfance, une ultime fois, à l’heure de mon anniversaire…
Mais tu as eu raison, vaut mieux ne rien prêter du tout, même cent balles (comme on disait autrefois !) :c’est vrai que tu n’es pas chargé de me soutenir…
De ta part, c’est compréhensible, mais l’est-ce, compréhensible, de la part d’une fratrie qui a préféré naguère m’envoyer à répétition les flics, ou même faire enfermer mon père, à l’heure où celui-ci, ayant gardé toute sa lucidité, et pourtant à la veille de crever de soif dans un hôpital militaire, a vainement tenté de m’aider.
Une seule fois, il a pu le faire. Puis il a été dégagé. Oui, débarqué, tu connais l’expression ? !!! On était en 2005 !
Pense à ceux que tu côtoies ou invites comme "expert" ès-sciences de l’éducation !
Puis-je même imaginer un jour de croiser des gens qui, comme pour d’autres, Pinochet, auront été quinze ans de ma vie, des tortionnaires, au sens le plus établi du mot, avec leurs agents actifs ???
Est-ce un cadeau, ou est-ce la pire des vengeances et des ignominies, de celle qui obligent à se poser la seule question qui vaille :
Qui, des deux acteurs suivants, celui d’un crime passionnel , ou celui d’un plan machiavélique et froidement conçu d’élimination physique d’un autre, qui, dis-moi, garde-t-il, sans aucune contestation possible, toute son humanité ?
Ecoute bien, avec moi, ce que nous disons quand nous nous taisons, mais aussi quand nous prenons la parole, par écrit, mais aussi pour chanter haut et fort une Résistance sans limite !
Lorsque s’unissent l’amour et la force, la faveur des Dieux récompense l’homme…
(entendu ce matin sur France Musique…)
Savais-tu que je passe mon temps à danser avec les mots, à diriger l’orchestre du monde le plus improbable mais aussi le plus transcendantal, celui qu’avec tous mes amis de par le monde, nous jouons continuellement, avec les mots, les sons, et nos instruments les plus précieux : nos corps, nos voix, nos pensées, nos écrits, nos lectures, nos silences, nos joies, nos sublimations quotidiennes, et que, grâce à tout cela, je continue à modeler le monde à mon image, un peu comme Dieu le fait, c’est-à-dire notre inconscient !!!
Tu imagines ? L’imagines-tu ??? Cet improbable, cet incommensurable, cette folie réelle, l’imagines-tu ???
Et pourtant !
Voilà ce que l’on devient quand les autres vous ont à ce point livré à la vindicte populaire tant d’années. On cherche des forces ailleurs, et on les trouve : elles vous sont données de surcroît, sans compter !
Ca pleut ! Et c’est beau …
Viva la Libertà ! Viva la Libertà !!!!
Ca paraît fou, mais plus besoin de t’expliquer…
Et pour cela, écoute bien ce que j’avais à te dire, car dans le fonds si je prends le temps de t’écrire cette lettre, c’est bien que tu ne m’as pas été indifférente…Et pourtant, un abîme existe entre nous..
De celui-là, je voudrais t’en communiquer quelque chose, l’essentiel, pour ta compréhension personnelle, mais aussi pour éclairer d’autres hommes et femmes qui vivent en partie aveuglés, sur la scène sociale, des uns et multiples dégâts que les dénis de tous types font vivre à certains, dans la société française, et en particulier aux plus fragiles et aux plus modestes, économiquement, psychiquement, socialement, …
que tous les puissants actuels font vivre dans la misère, le dénuement, l’abstinence en tout, alors que la première attitude qui conviendrait serait le partage, la fraternité et la modestie dont les Francs Maçons sont encore aujourd’hui nos guides et nos référents, bien au-delà de toutes les turpitudes, parfois intellectuelles, dans lesquelles s’effondrent les bien-pensants de tous types…
Sache aussi avant tout que je défends l’homme, la femme d’intégrité, et à travers eux tous ceux qui ces quinze dernières années ont vu leurs frères et soeurs en humanité s’effondraient, pour aller vite on dira, dans la fange des facilités les plus tenaces…
Tiens avant tout, cet exemple, imperceptible peut-être, mais qui a ponctué notre résistance face à l’’effondrement symbolique de notre monde. Avoir écouter sur France Musique, toutes ces années, comment se donner les formes de résistance sociale, et le dépassement de certains conflits intérieurs qu’on entendait à l’oreille nu. Nous, auditeurs, on était partie prenante du meilleur à vaincre, avec toute la transcendance possible, mais aussi le pragmatisme nécessaire au respect de tous dont de chacun !
On peut dire que, sur France Musique, on a gagné la bataille, au moins une grande bataille : et pourtant c’était loin d’être acquis !!!
Quant à l’obscénité d’une fratrie, je n’en donnerais que deux petits exemples.
Premier long séjour au Brésil, je stocke les livres de ma bibliothèque (entre autre de psychanalyse) dans une malle, que je mets dans la cave de chez florence. A mon retour, où sont les livres ? Impossible de les récupérer. Florence, alors jeune mariée à Guillaume Desprairies, et qui pour se faire, n’avait pas hésité à tâter déjà de me faire passer pour folle et me faire interner, l’avait vidé dans une maison de la belle famille en Bourgogne, pour leur servir de bibliothèque à la campagne. Je n’en ai jamais revu un seul ouvrage !
Une autre année, rentrant encore du Brésil, je me suis battue comme une acharnée pour récupérer une plante laissée chez Annie. Elle avait disparu, la plante. Blaise Ollivier, déjà à l’époque, a voulu m’envoyer d’autres flics, ceux-là, un psychiatre. J’ai appris bien après que ma plante était restée tout le temps de mon séjour au Brésil, dans une cave !
Je te passe tout le plus sordide, avant ou après, d’accord ?
Tu crois vraiment qu’il ne vaut mieux pas, malgré les apparences, se garder de tout contact !
D’ailleurs, ça me fait penser à Madoff , va savoir pourquoi ???
Quant à l’abîme social, seulement te dire que, déjà à l’époque, commencer dans la vie avec un papa richissime, même ça, ça aide à trouver du travail, où que ce soit ! Et qu’au finish, elle est bin toujours là, la différence, même quand on use de « magie » pour retrouver quelqu’un !
Comment te dire ? Marie-Odile, par exemple, que je n’ai revu qu’une fois en plus de 50 ans, et en ta présence. Que je n’ai pas alors trouvée très sympathique, contrairement à toi qui peux compter sur moi, tu as toute ma sympathie.
Mais sais-tu vraiment pourquoi elle t’a évitée ??? Il doit bien y avoir une raison tangible de son côté à elle. Moi, le souvenir que j’en ai d’elle, jeune fille, d’ailleurs toutes deux dans l’appartement de la rue de Rome, c’est que, déjà, elle partait en vacances dans une maison de famille à Cahors. Tu te souviens peut-être le détail croustillant d’un compagnon à elle l’obligeant à baiser ( ?) en notre pr »sence dans la même grande chambre !!! Déjà quelle aliénation ! Et ça n’a peut-être jamais changé, qui sait ??? Moi, ça n’a jamais été ma tasse de thé !
Toi où allais-tu en vacances ? Moi, à l’époque je me souviens seulement que j’étais ouvreuse au Théâtre Renaud Barrault. Et que déjà mes deux sœurs me trouvaient nulle !
Mes plus proches collaborateurs psychanalystes actuels ont bien connu cette époque-là, mais pas du même côté, du côté de mon employeur, leur ami homme de théâtre. Et tout son aéropage. C’est là qu’on montait les textes de Duras, de Beckett.
Mais moi, à l’époque, qu’est-ce que j’en comprenais, non pas des textes (j’étais déjà formée), mais de ce monde là ? Rien !
D’ailleurs, c’est bien pour cela que, au vu de quelques uns de ces détails d’alors, que je viens d’évoquer qu’il ne m’avait absolument pas paru incongru de disparaître pour le Brésil… Avec cent dollars en poche. Tu imagines ????
Mais une chose est sûre. Je ne suis jamais partie, en conflit ni avec ma mère, ni avec mon père qui d’ailleurs est venu me voir un jour à Rio de Janeiro.